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Fiche livre | |  |
 | Alias CaracallaDe Daniel Cordier
Editeur : Editions Gallimard Parution le : 15 Mai 2009 ISBN : 978-2-0707-4311-7 EAN13 : 9782070743117
Sélection Rue des Livres
Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain puis l'embarquement à Bayonne sur le Léopold II. J'avais 19 ans. Après deux années de formation en Angleterre dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, j'ai été parachuté à Montluçon le 25 juillet 1942. Destiné à être le radio de Georges Bidault, je fus choisi par Jean Moulin pour devenir son secrétaire. J'ai travaillé avec lui jusqu'à son arrestation, le 21 juin 1943. Ces années, je les raconte telles que je les ai vécues, dans l'ignorance du lendemain et la solitude de l'exil. J'ai choisi pour cela la forme d'un " journal ", qui oblige à déplier le temps et à fouiller dans les souvenirs. Les conversations que je relate ont pris spontanément la forme de dialogues. Qu'en penser après tant d'années ? J'ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes : là où finissent les documents, commence le no man's land du passé, aux repères incertains. Mais s'il est dans la nature d'un témoignage d'être limité, il n'en est pas moins incomparable : instantané du passé, il permet de faire revivre les passions disparues. J'ai consacré beaucoup de temps et de soins à traquer la vérité - elle seule donne un sens à une telle entreprise - pour évoquer le parcours du jeune garçon d'extrême droite que j'étais, qui, sous l'étreinte des circonstances, devient un homme de gauche. La vérité est parfois atroce. | Prix Renaudot Essai 2009Acheter ce livreAmazon
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Commentaires Amazon| 2010-02-16 | Note : 5/5 | Incoutournable pour quiconque s' interesse a la Resistance Ce recit est absolument incontournable car il donne la vue de l' interieur des acteurs cles de l' entourage de Moulin. Il n' est pas constitue par un historien a partir de recits, d' ecrits ou autres documents. Il relate la vie d'une personne qui a eu un role cle au sein de la Resistance. La 1ere partie en Angleterre est tres instructive de ce qui se passait dans ce pays apres le 18 juin 1940.
Je felicite l' auteur d'avoir consigne tous ces recits pour les generations futures !
| | 2010-01-29 | Note : 5/5 | Un livre emouvant Pour l'etranger que je suis, Alias Caracalla est un livre a la fois emouvant et passionnant. Emouvant a cause du patriotisme de ces jeunes qui ont tout risque pour lutter pour leur pays contre un ennemi puissant. Emouvant parce qu'on sait tout au long de la lecture que le formidable Rex va mourir trahi. Passionnant a cause de la masse d'informations que possede Daniel Cordier sur la formation des soldats mais surtout sur le maelstrom de politique et d'egoisme que comportait la Resistance. Je voudrais lire la suite des activites de Cordier jusqu'a la fin de la guerre.
| | 2009-10-09 | Note : 5/5 | Sublime Jean Moulin Qui était Rex ? Max ?
Daniel Cordier, 19 ans, entend le maréchal Pétain, en ce 17 juin déclarer à la radio : "C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat". L'homme au passé glorieux de sauveur de Verdun se mute immédiatement en traître chez le royaliste d'Action Française, camelot Daniel Cordier.
Dès lors, il n'existe aucune autre solution que celle de continuer le combat. Rejoignant les FFL, De Gaulle, parmi les premiers, il s'engagea dans le bataillon de chasseurs (alpins) et se forma aux techniques de sabotage. Parachuté à Montluçon, le 25 juillet 1942, ce jeune militaire, assoiffé de combat, a pour mission de seconder à la radio Georges Bidault. Dès le premier jour, il fut enrôlé par Rex et devint son "secrétaire" (officier aide de camp).
Quel exceptionnel témoignage historique nous livre ce grand résistant, Français libre ! Immense est la contribution qu'il apporte à l'Histoire. Cet ouvrage est exceptionnel et servira de base à l'étude, dans les années futures, de la Résistance.
Daniel Cordier, alias Alain, alias Talleyrand va assurer les liaisons courrier, radio, recrutement, de Jean Moulin, alias Rex, alias Max.
Nous assistons, au jour le jour, sous la forme d'un carnet de bord, au travail de géant de Jean Moulin; celui d'unifier l'action de la Résistance et de légitimer celle politique du Général de Gaulle.
Fin 1942 : Stalingrad, "ce Verdun" de la seconde guerre mondiale. Victoire annoncée des Russes. Le difficile équilibre recherché entre l'hégémonie idéologique des bolchéviques et la Libération du nazisme, dans une course poursuite ardemment désirée avec les Alliés anglo-américains qui viennent de débarquer en Afrique du Nord.
Le flambeau du combat passe des Anglais (Churchill), seuls financiers de la Résistance française, aux Américains (Roosevelt). Troubles.
Fin 1942. Invasion de la zone dite "libre". De Gaulle est sur la touche. Les Américains, complaisamment aidés par des Français (Labarthe, Saint John Perse et - non cité - Jean Monnet) se méfient de "l'apprenti dictateur" de Gaulle. Ils lui interdisent sa venue préférant la "légitimité" démocratique d'une administration vichyste, collaborationniste, avec son porte-drapeau le plus funeste, Darlan.
Trahison de la Résistance. Trahison des Français libres, déjà trahis par les partis politiques qui ont tous voté, dans leur majorité, les pleins pouvoirs à Pétain, et collaborent (cf. Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance). De Gaulle a nécessairement besoin de légitimer son pouvoir ; ce qui passe par l'unification de la Résistance, d'une part, et l'admission des partis politiques dans ce combat. Excellent passage de la rencontre avec les dirigeants SFIO, résistants, dont Gaston Defferre (réseau Brutus, cf. Pierre Sudreau : Un homme libre). De Gaulle doit admettre ce fait politique, prescrit par Jean Moulin (homme de gauche).
Vie au quotidien. Disparitions, arrestations, traques. La peur. L'insouciance, les imprudences - 100.000 résitants sur les 300.000, chiffres cités par l'auteur, furent arrêtés, emprisonnés, déportés ou fusillés. Mais pis encore ! Les batailles d'ego. Les volontés des chefs. Les disputes terribles, déchirantes, usantes des communistes, socialistes, libéraux aux royalistes.
Comme le rappelle André Malraux, dans son magistral discours du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, ce dernier, le 27 mai 1943 rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale. »
Il parvint à créer le Conseil National de la Résistance (CNR) quelques jours avant d'être arrêté par la Gestapo à Caluire, près de Lyon, le mardi 22 juin 1943.
Grandissime Jean Moulin ! Le remarquable Dictionnaire historique de la Résistance conclut la notice biographique de ce héros français :
"Oublié de la mémoire et même de l'histoire, il a préparé dans l'ombre le sauvetage de l'Etat, qui épargne à la France la catastrophe d'une guerre civile. Ultime réussite de la mission "Rex" ".
Jean Moulin, fidèle dans ses idéaux, son amitié pour De Gaulle qui avait affirmé :
"Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur."
| | 2009-09-09 | Note : 5/5 | Epopée Une part importante de notre histoire révélée à la façon d'un film d'aventure.
Un récit si humain , poignant.
| | 2009-08-29 | Note : 5/5 | Héroîsme Un livre exceptionnel qui nous invite au coeur du fonctionnement de la résistance d'une manière réaliste et haletante en démystifiant la combativité des français en général et en grandissant (je pense) l'héroîsme des résistants en particulier.
Ce document historique se lit comme un roman. Quelle époque...
Merci pour tout, Monsieur Cordier
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