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Villa Amalia

Prix Jean Giono 2006

Villa Amalia

Auteur :

Editeur : Editions Gallimard

Loin devant les villas sur la digue, elle se tenait accroupie, les genoux au menton, en plein vent, sur le sable humide de la marée. Elle pouvait passer des heures devant les vagues, dans le vacarme, engloutie dans leur rythme comme dans l'étendue grise, de plus en plus bruyante et immense, de la mer.

21,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
304 pages
ISBN : 978-2-0707-6538-6
Les avis

La presse en parle

Il paraît que le roman séduit particulièrement les lectrices, sans doute parce que Quignard donne à son personnage principal, une femme quadragénaire, la liberté de recommencer sa vie. Après 15 ans de mariage, Ann Hidden, musicienne célèbre, aperçoit son mari avec une autre femme. Aucune preuve d'un adultère, mais un baiser aperçu, au loin, cela suffit à vouloir tout changer. Elle vend sa maison, quitte son travail, éjecte patiemment et radicalement son mari hors de sa vie. "Il faut tout jeter se disait elle, quelque angoisse que j'éprouve, il faut tout jeter. Se séparer de tout". Quignard, fasciné à l'évidence par les vies radicales, ces choix extrêmes tellement romanesques, entreprend alors l'écriture d'une renaissance. Et l'on est happé par son style, sec, incisif. Les phrases sont courtes, implacables, une petite musique, appelons là une fugue, se met en place. Chacun des gestes de l'héroïne est précis. On se croirait dans un film noir, elle agit avec précision, telle une meurtrière, le meurtre, c'est la mort de son destin tracé et l'invention d'un autre. Le roman pourrait s'intituler "Place nette". L'héroine fait place nette et s'installe en Italie, sur l'île italienne d'Ischia, près de Naples. Elle loue une villa et sa vie va effectivement prendre un deux trois tournants, au gré des rencontres. Seul point fixe de son existence, la réapparition de Georges, ami d'enfance dévoué, fidèle. Quignard fait de nous les observateurs attentifs de cette vie choisie. Nous sommes aux premières loges, fascinés par ces gestes découpés au scalpel. Ann Hidden vide, brûle, puis jubile une fois seule, avec pour compagnons, le bruit du vent, des vagues, et le son du piano. Le choix de sa vie nouvelle enrichit peu à peu celle que l'on se surprend à aimer ou à détester. Elle change et ce changement apparaît subtilement. "La souffrance, la nage, l'amour, la musique, la faim avaient d'elle une femme intense" écrit Quignard, mais va t-elle jouir impunément de cette liberté? Quignard, longtemps critiqué pour ne plus écrire que des livres obscurs et illisibles agit sans doute en grand romancier pour prouver son savoir faire, il est habile. Mais on le suit . Car, avec ce style magnifique d'épure, il parle de passions et de douleurs, de la mort, du temps qui passe et du désir, notamment du désir de fuir sa vie, celui que l'on éprouve, parfois, sans oser passer à l'acte.

Vincent Josse, France Inter

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