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Fiche livre | | |
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 | Eau de feu De François Nourissier Editeur : Editions Gallimard Parution le : 10 Avril 2008
Ce récit retrace la lente plongée dans l'alcoolisme de son épouse, Reine, à partir de 1995, et jusqu'à sa mort accidentelle en 2007. Les courts chapitres offrent une vision directe des sentiments extrêmes qui traversent le couple. Les reproches les plus cruels alternent avec les paroles d'amour les plus poignantes parce qu'elles sont désespérées et que l'ivresse chamboule tout. La fin est proche, la vieillesse n'autorise aucune illusion. |
Commentaires Amazon| 2008-06-15 | Note : 3/5 | Le vieil homme et sa femme Bien évidemment le style de F.NOURISSIER est quasiment parfait et totalement maitrisé à l'image de ces auteurs des années 60 (Sagan, B.Frank, ...). On a pourtant du mal à se passionner pour cette dernière histoire bien personnelle qui touche 2 êtres au crépuscule de leur existence et qui ont touché bien souvent le fond ensemble. Le sujet confine parfois à l'écoeurement, c'est à dire l'effet que procure une très forte consommation d'alcool. on en ressort quelque peu nauséeux.
| | 2008-05-14 | Note : 4/5 | Nous sommes de ces gens qui imaginent toujours pouvoir faire mieux "Dans la force et la gaieté d'un milieu de vie, inspirer un peu de pitié peut se révéler une excellente affaire. Plus tard, quand la faiblesse est vraiment là, on est tenté de jouer, sur la même corde, le même air. A cette maladresse on ne récolte que regards excédés, impatience appuyée; du dédain."
Je ne connais rien de François Nourissier, n'ai jamais lu aucun de ses romans. Je ne sais rien non plus de ce que les gens cultivés, dont c'est le métier, on pensé ou dit de ce recueil de textes. C'est sans doute pourquoi je l'ai reçu en plein visage, dévoré en un couple d'heures, ressenti profondément.
C'est un vieil homme qui raconte sa femme. "Le problème" de sa femme avec l'alcool. Comment ça a commencé, comment il s'en culpabilise, comment il lui en veut et en a peur. En petits textes courts, il cabotine un peu, il cherche, il raconte, il découvre, il morfle, aussi. "On ne lutte pas contre l'alcool. Ce n'est personne, l'alcool, ce n'est pas une volonté, c'est un effet.[...] On ne lutte pas contre l'alcool à moins d'en être soi-même la victime." Et cinq ans après le début de la guerre de Reine, son Burgonde termine par cette phrase : "Quel sens tout cela aurait-il si je ne l'aimais pas ?"...
Tout est dit, dans cette dernière phrase. Il avoue (à sa confusion) avoir débuté ce récit dans une intention moralisatrice, mais comme toujours, le cheminement s'effectue seul en arrière-plan, et c'est avec une immense pudeur mais sans forfanterie aucune que le lecteur est convié aux coulisses. Celles de la création artistique, de l'amour qui s'éloigne, de la vieillesse et son cortège de petits et grands maux; celles d'un couple au long-cours, de son érosion, de ses manquements, des corps qui s'épaississent, se voûtent ou bandent mou. On pourrait penser que c'est facile de se taper un peu dessus au passage, histoire de se dédouaner, mais ce n'est pas ça du tout. La langue est magnifique, le style a du panache, du vrai, de l'élégance, des phrases surgissent au hasard des pages pour se graver chez le lecteur : "Je suis désormais si peu là que j'hésite à en souffrir"...
Ah vraiment, c'est un livre aux émotions profuses, à la qualité indéniable.
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