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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Romans noirs De Jean-Patrick Manchette Editeur : Editions Gallimard Parution le : 26 Mai 2005
" Une fois, dans un contexte douteux, il a vécu une aventure mouvementée et saignante ; et ensuite tout ce qu'il a trouvé à faire, c'est rentrer au bercail. Et maintenant au bercail, il attend. Le fait qu'avec son bercail Georges tourne à 145 km/h autour de Paris indique seulement que Georges est de son temps, et aussi de son espace. " Le Petit Bleu de la côte ouest, 1976. Manchette s'est choisi une forme - le roman noir - et la dynamite de l'intérieur parla critique sociale et politique. Avec une allégresse ravageuse et un humour saccageur, l'inventeur du néopolar, en grand maître de la dérision, pulvérise la frontière entre littérature de genre et littérature tout court. Il fait tout exploser - même le polar. |
Commentaires Amazon| 2007-04-30 | Note : 5/5 | ET IL VINT BEAU COMME LE GENIE Jean-Patrick Manchette a révolutionné le Polar français. Dans une production totalement inintéressante, à l'exception, bien sûr, des livres de Léo Malet, il est brutalement apparu tel une comète, a frappé un coup de tonnerre retentissant et a ensuite quitté la scène bien trop rapidement.
Baudelaire disait d'Edgar Poe "qu'il vint beau comme le Génie". Manchette a été le "bon génie" (il doit se gondoler s'il lit ça) du Polar Français. Ces romans noirs sont du même calibre (38), en terme d'impact que ceux de Mc Bain, Stark, Hammett, Himes, Petievich, Wambaugh et associés.
En ce qui me concerne (affaire de goût toute personnelle), j'ai vraiment un faible pour "Morgue pleine". Quant à Tarpon, c'est une sorte de Marlowe décavé, sans envergure ni orgueil. Ce personnage, très réussi, se déplace dans une violence, une noirceur et des entourloupes particulièrement bien agencées.
Tout est à lire. Tout est réussi. Et, si, un jour, la Pléiade envisageait de faire un ou deux volumes à la gloire des Grands du Polar, genre majeur quand ceux qui s'en occupent sont de vrais "storytellers" (comme l'étaient, en leur temps, Stevenson, Doyle ou Dumas), Manchette y aura sa place.
| | 2006-08-26 | Note : 5/5 | Manchette "pléiadifié" Toute l'oeuvre (à de rares exceptions) du "pape" (inégalé) du polar social, réunie dans un pavé. Ou Manchette dans un ersatz de Pléiade. Quelle ironie ! On préferera les poches, plus aisé à manipuler, à lire dans le métro ou dans son bain (avec une bastos au coin de la lèvre). On les achètera un par un et on se forcera à attendre quelques semaines avant d'en acheter un autre (ce ne sera pas facile)... ou alors, on se jettera sur ce pavé qui, balancé suffisamment puissamment, provoquera le même effet que sa lecture: une "épouvantable puissance d'arrêt", n'est-ce pas ?
| | 2005-08-27 | Note : 5/5 | Magnifique travail éditorial au service dýun grand romancier Tous les romans de Manchette sous la forme d'un volume unique, gros et souple. Et assez maniable. Le superbe album de bandes dessinées réalisé avec Tardi figure aussi dans ce « Quarto », en entier, et ses pages sont très convenablement reproduites, eu égard au format de la collection. Chaque roman est précédé d'extraits du journal (encore inédit) de l'auteur, contenant les réflexions qui ont accompagné sa composition. Mes préférés sont L'affaire N'Gustro, le plus carré sur le plan narratif, et La position du tireur couché. Mais même Morgue pleine, un peu raté du point de vue de l'intrigue, est intéressant. Je ne résiste pas à la tentation de citer un passage de son chapitre 20 : « Combien de temps peut-on vivre avec cinq briques et le souvenir de quelqu'un qu'on a vendu ? Réponse : ne tient pas en mémoire, comme disait un ordinateur de mes amis »... Romans sombres et ironiques, où les dialogues sont d'un naturel confondant. Autant les dialogues exhibent le naturel, autant, dans les romans narrés à la troisième personne, la voix narrative qui encadre ces dialogues ne recule pas devant les marques d'artifice : la focalisation, souvent externe comme le veut la technique « behavioriste » dont se réclame Manchette, devient parfois interne, et des remarques, jugements ou doutes de l'auteur-narrateur apparaissent ici et là. Sauf dans les deux aventures de l'ex-gendarme Tarpon (romans à la première personne), la source de cette voix narrative ne peut être localisée, n'a aucun statut clairement défini. Comme si la voix narrative des romans de Manchette ne parvenait pas à fixer, ou se refusait à figer, la distance entre l'auteur-narrateur et ses personnages. Les derniers projets de Manchette, interrompus par sa mort prématurée, sont foudroyants d'intelligence : Iris, début d'un roman qui s'annonçait très libre dans sa forme, et La princesse du sang, qui présente des héros sympathiques et marquants (moins ambigus que les protagonistes des romans précédents), et devait être le commencement d'une véritable saga, d'un cycle de romans d'espionnage qui auraient fini par rejoindre notre époque après avoir exploré les quatre décennies précédentes. Un lexique des réalités des années 1960 et 70, composé par la femme et le fils de Manchette, complète cette intégrale et permet de lire les romans sans être obligé de faire de longues recherches sur Internet. On peut lire ce lexique pour lui-même, d'un bout à l'autre, si l'on souhaite effectuer une plongée plus journalistique dans l'époque où Manchette a situé tous ses romans. Détail ? Les coquilles et les fautes d'orthographe des Série Noire (souvent réédités tels quels en Folio) ont été corrigées pour cette édition. Enfin, contrairement à un choix fait pour d'autres volumes de la collection « Quarto » (sous influence américaine), les alinéas sont marqués par un retrait. Les éditions aussi soignées se font rares.
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