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Monsieur Bovary

Monsieur Bovary

Auteur :

Editeur : Editions Gallimard

Sélection Rue des Livres

Une dizaine de cahiers manuscrits en mauvais état mais cependant lisibles furent découverts au début de ce siècle dans le grenier d'une maison des alentours de Ry. Ces dix cahiers à couverture brune ne portaient aucune indication précise quant à l'identité de celui qui les avait écrits ; en guise de signature on ne trouvait guère qu'une lettre majuscule, un "" B " énigmatique, dont la silhouette rebondie se répétait invariablement en haut et à droite de chaque page. Pourquoi " B " ne serait-il pas l'un des acolytes silencieux du narrateur de Madame Bovary, l'un de ceux qui, à sept reprises seulement et toutes dans le premier chapitre - quand le héros principal s'appelle Charles Bouary puisque Emma Rouault n'existe pas encore -, fait entendre sa voix diluée dans le " nous " d'un sujet pluriel? A. B.

17,75 €
Vendeur : Amazon
Parution :
286 pages
ISBN : 978-2-0707-7928-4
Les avis

L'avis de Rue des livres

Antoine Billot, né en 1961, est aussi l’auteur de Le désarroi de l’élève Wittgenstein (2003) et de La part de l’absent (2004). Il est également agrégé d’économie et docteur en sciences économiques ; l’une de ses spécialités est, paraît-il « l équilibre général avec préférences floues » et, d’une certaine manière, il est resté dans sa spécialité en écrivant Monsieur Bovary. Tous ceux (et j’en suis) qui ont secrètement rêvé de devenir l’amant d’Emma Bovary liront avec une grande délectation, teintée d’un certain voyeurisme, les confessions de ce cocu même pas magnifique que fut Charles Bovary. « Une dizaine de cahiers manuscrits en mauvais état mais cependant lisibles furent découverts au début de ce siècle dans le grenier d’une maison des alentours de Ry. » Ces cahiers, écrits par un certain B., contiennent des extraits du journal intime de Charles Bovary et ont sans doute été écrits par un de ces condisciples du collège de Rouen, étrangement présent au début du roman de Flaubert, qui, faut-il le rappeler commence par ces mots : « Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.» Quoiqu’il en soit, ces cahiers nous font relire le roman de Flaubert du point de vue de Charles et le plaisir est double : d’un côté, tout est conforme à Madame Bovary, que Antoine Billot exploite dans ses moindres détails, souvent oubliés et souvent révélateurs mais d’un autre côté, tout est différent puisque la focalisation est inversée. C’est un bel exercice de style et de littérature mais ce roman d’Antoine Billot cause aussi une sorte de vertige doux-amer, celui que l’on éprouve quand on s’aperçoit que la réalité est tout autre que celle imaginée.
PMD

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Tous ceux (et j’en suis) qui ont secrètement rêvé de devenir l’amant d’Emma Bovary liront avec une grande délectation, teintée d’un certain voyeurisme, les confessions de ce cocu même pas magnifique que fut Charles Bovary.

« Une dizaine de cahiers manuscrits en mauvais état mais cependant lisibles furent découverts au début de ce siècle dans le grenier d’une maison des alentours de Ry. » Ces cahiers, écrits par un certain B., contiennent des extraits du journal intime de Charles Bovary et ont sans doute été écrits par un de ces condisciples du collège de Rouen, étrangement présent au début du roman de Flaubert, qui, faut-il le rappeler commence par ces mots : « Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.»

Quoiqu’il en soit, ces cahiers nous font relire le roman de Flaubert du point de vue de Charles et le plaisir est double : d’un côté, tout est conforme à Madame Bovary, que Antoine Billot exploite dans ses moindres détails, souvent oubliés et souvent révélateurs mais d’un autre côté, tout est différent puisque la focalisation est inversée. C’est un bel exercice de style et de littérature mais ce roman d’Antoine Billot cause aussi une sorte de vertige doux-amer, celui que l’on éprouve quand on s’aperçoit que la réalité est tout autre que celle imaginée.

P.M.D.

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