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Fiche livre | | |
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 | Les Bienveillantes De Jonathan Littell Editeur : Editions Gallimard Parution le : 21 Août 2006
Sélection Rue des Livres
«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire. | Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2006Prix Goncourt 2006LittératureL'avis de Rue des livresUn phénomène, somme toute, rassurant.
Ce journal fictif d’un officier supérieur SS, spécialisé dans l’élimination des juifs et des communistes, dégage en effet une telle impression d’authenticité que l’on en reste pantois, tant on a le sentiment de lire les vraies confessions d’un monstre ordinaire poursuivi par les Euménides, ces Furies que les grecs appelaient Bienveillantes par antiphrase superstitieuse ; à chaque page, on y sent le goût et l’odeur du réel, l’horreur et la boue du réel.
Il est étonnant de trouver dans un premier roman, écrit par un jeune homme d’une trentaine d’années, un tel mélange d’érudition (ah ! ces débats sur les langues du Caucase), d’analyse psychologique (on n’éprouve évidemment aucune sympathie pour Maximilien Aue mais on finit par avoir pitié de lui) et de dénonciation : la machine infernale de la solution finale est démontée dans tous ses rouages ; les débats, recherches et conférences que les nazis organisent, par exemple, pour savoir si les Bergjuden (Juifs des montagnes du Caucase) sont bien de vrais juifs et si ils doivent être éliminés ou non en dit long sur cette folie rationnelle des nazis. PMD |
Vos avis« Frères humains, laissez-moi vous raconter comment cela s’est passé. »
Un notable d’aujourd’hui, tranquille fabriquant de dentelles dans le nord de la France, rencontre, pour ses affaires, Hans Frank, un client allemand. Les deux hommes se comprennent à demi-mot : ils se connaissent depuis quarante ans. Ils étaient officiers dans la SS pendant les années noires du Troisième Reich. Dans ces années-là, notre digne commerçant était le Dr Max Aue, diplômé en droit, officier de la SA, unité paramilitaire du Parti National Socialiste.
De 1933 à la fin du conflit il fut un fonctionnaire rigoureux et convaincu du régime nazi. Il nous invite, sans mettre de gants à sa plume, à re-parcourir cette période de l’Histoire que la génération de « l’après » connaît peu : comment montrer, comment nommer ? Les bourreaux, eux, ne parlent jamais : ils se fondent dans le paysage. Les victimes, la plupart du temps se taisent : comment dire l’indicible ?
Le Dr Aue, lui, est sans états d’âme et sans remords, « libre de toute contrition ». Il ne regrette rien des massacres planifiés, organisés, auxquels il a participé. Cette épopée terrible et terrifiante, nous emmène à l’arrière-ban des conquêtes du Reich, de la Pologne à l’Ukraine, de Stalingrad à l’écrasement de Berlin…Rien ne nous est épargné. Le récit est sans recul, cru, brutal, admirablement écrit et construit. Il nous faut boire ce vin jusqu’à la lie, le cœur entre les dents… et rester un long moment, stupéfaits, anéantis et silencieux, la main posée sur la dernière page. Car cela fut !
« Ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués, c’est cela qui est terrible. Vous ne pouvez jamais dire : Je ne tuerai point, c’est impossible, tout au plus pouvez-vous dire ; J’espère ne point tuer. » foxie
trop de bruit pour rien! ce livre ne mérite pas tout l'eloge qu'on lui dedie:effet commercial de gallimard;pour gagner des prix donc de l'argent! le style est banal loin de celui de celine.une fiction mediocre ,mal ecrite! sans interet au poit de vue litteraire! un scandale au point de vue reussite,pouquoi? les gens qui achetent ce livre mediatisé pensent que c'est la vérité? tout est bidon,et ça marche...il faut rappelé le passé pour vendre à défaut de la vérité! les français sont-ils devenus ss? jules cesar
Je ne suis pas du tout d'accord. Je trouve que le coup marketing de Gallimard a bien marché et c'est tout. Je suis extrêmement déçu par le livre, qui n'a pour moi AUCUN intérêt d'un point de vue littéraire (petites phrases de collégien, insupportables, et truffées de références permanentes et inutiles à des termes historiques qui plombent la lecture) et peu d'intérêt du point de vue de l'histoire.
Jonathan Littel n'a pas le talent qu'on lui prête : il n'a pas sû faire coller le personnage de fiction à la réalité (quel manque d'épaisseur pour le personnage, à l'exception de deux ou trois traits exagérés) et nous noie dans un fatras de détails insipides.
Je ne comprends pas un tel succès, et un tel aveuglement de la part des français, qui savent lire aussi bien que moi, et comprennent habituellement quand on se moque d'eux. Lazlo
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Commentaires Amazon| 2008-03-23 | Note : 2/5 | bof ! Je l'ai lu jusqu'au bout sans rien trouver qui justifie le tapage médiatique autour de ce bouquin.
| | 2008-02-01 | Note : 3/5 | Un document volontairement sans âme Un travail de fourmi pour rassembler tous les détails qui ont permis à Littell d'écrire ce pavé de 900 pages qui décrit méticuleusement l'élimination des juifs de l'est.
Mais on finit par se lasser de cette description répétitive de l'attitude de cet officier qui met ses sentiments personnels à l'abri de son devoir.
Un bon document historique... mais sans âme.
| | 2008-01-15 | Note : 2/5 | Distanciation brechtienne S'il est bien un "héros" dont on n'a pas envie d'admirer le comportement, c'est bien Aue, ce gradé de l'armée allemande qui nous raconte à posteriori son parcours lors de la Seconde guerre mondiale. Dans un premier temps, sa démarche nous paraît sympathique, et l'on se dit qu'il va nous narrer l'horreur nazie dans laquelle tant d'Allemands de bonne famille furent contre leur gré impliqués. Mais au fil de l'histoire, on éprouve du dégoût pour ses pratiques répugnantes de l'homosexualité, son attirance contre nature pour sa soeur, le meurtre de ses parents, et, ultime horreur, l'assassinat de son meilleur ami.
J'ai eu beaucoup de peine à lire ce roman. Certains passages sont interminables (l'origine ethnique de certains peuples du Caucase, ses phases de délire). Dommage que l'auteur ait séché les cours de synthèse durant ses études, il nous aurait épargné ces nombreuses pages imbuvables.
Par moment, son besoin d'érudition est certes intéressant (comparaison entre le peuple juif, élu et pur, et les Allemands, qui aspirent au même statut), mais il est trop souvent noyé dans sa logorrhée dont seule sa diarrhée semble pouvoir l'en ressortir. C'est dire le niveau ! Quelques passages sont même ridicules, notamment lorsqu'il saisit le nez du Führer entre ses doigts, ou lorsque les inspecteurs le retrouvent lors de l'invasion de Berlin par les forces russes. Quel don dubiquité !
Heureusement que lauteur ait d'ailleurs rajouté cette intrigue policière afin de donner plus de suspense et de structure à son récit.
On retiendra la totale absence de morale qui se dégage de ce livre, puisque Aue a réussi sa reconversion professionnelle après la guerre, quil s'est marié malgré son homosexualité (peut-être le mariage lui procure-t-il la respectabilité nécessaire à se faire oublier) et que ses odieux crimes sont restés impunis.
Quitte à faire dans le cynisme, on aurait préféré apprendre comment un criminel sans scrupules vit avec sa conscience et assume ses monstruosités dans un monde post-nazi qui regarde avec horreur les atrocités récentes et condamne à tour de bras les dignitaires du régime déchu.
Une question subsiste: selon quels critères ce roman a-t-il pu recevoir le prix Goncourt ?
| | 2008-01-12 | Note : 1/5 | Sans intérêt voilà un livre qui a fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Sur la question de l'extermination des juifs vue du côté des bourreaux, il vaut mieux lire Robert Merle, La mort est mon métier. Et du côté des victimes : Primo Levi. Avec la lecture de ces deux livres, des classiques de grande qualité, en trois fois moins de temps, on n'en apprend 1000 fois plus...
| | 2007-12-16 | Note : 3/5 | mouton noir de Panurge Le "héros" , ancien ss exterminateur , n'écrit pas pour de l'argent car il gagne bien sa vie , et non plus pour se justifier , prétend-t-il .
Les grecs de l'antiquité ont inventé les Erynes , Déesses chargées de tourmenter les criminels odieux , et les criminels appelaient ces déesses , "les bienveillantes" ; en donnant ce titre à son mémoire le "héros", avoue trés indirectement sa culpabilité qu'il refoule , voila de quoi plaire aux freudiens .
Les grecs , toujours eux , inventérent les Parques , trois déesses qui veillaient sur la vie de chacun , vie comparée à un fil ; qu'une déesse créeait , qu'une autre étirait et une 3 iéme tranchait .
il est étonnant que le "héros" pétri de culture grecque se reconvertit aprés guerre dans le textile , secteur oû il devient responsable d'usine .Il fait dans la dentelle , et non plus dans le cadavre .( notons l'humour cynique )
le "héros" cherche à faire accroire que seuls 5% des ss étaient sadiques et les autres des hommes ordinaires .
mais un homme ordinaire est-il docteur en droit et pétri de mythologie grecque comme le "héros" ?
Il est probable que si les ss étaient parvenus à leurs fins destructrices , ils en fussent venus à se détruire eux-mêmes .
on peut lire ce livre au sujet fort macabre , dont le véritable aspect positif est de nous enseigner indirectement l'humanité et à redescendre sur terre , loin des illusions destructrices des "pseudo grands hommes " .
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