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Les Bienveillantes

Prix Goncourt 2006

Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2006

Les Bienveillantes

Prix Goncourt et Prix du roman de l'Académie française 2006

Auteur :

Editeur : Editions Gallimard

Sélection Rue des Livres

«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

28,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
904 pages
Collection : Blanche
ISBN : 978-2-0707-8097-6
Les avis

L'avis de Rue des livres

Un phénomène, somme toute, rassurant. Ce journal fictif d’un officier supérieur SS, spécialisé dans l’élimination des juifs et des communistes, dégage en effet une telle impression d’authenticité que l’on en reste pantois, tant on a le sentiment de lire les vraies confessions d’un monstre ordinaire poursuivi par les Euménides, ces Furies que les grecs appelaient Bienveillantes par antiphrase superstitieuse ; à chaque page, on y sent le goût et l’odeur du réel, l’horreur et la boue du réel. Il est étonnant de trouver dans un premier roman, écrit par un jeune homme d’une trentaine d’années, un tel mélange d’érudition (ah ! ces débats sur les langues du Caucase), d’analyse psychologique (on n’éprouve évidemment aucune sympathie pour Maximilien Aue mais on finit par avoir pitié de lui) et de dénonciation : la machine infernale de la solution finale est démontée dans tous ses rouages ; les débats, recherches et conférences que les nazis organisent, par exemple, pour savoir si les Bergjuden (Juifs des montagnes du Caucase) sont bien de vrais juifs et si ils doivent être éliminés ou non en dit long sur cette folie rationnelle des nazis.
PMD

Vos avis

« Frères humains, laissez-moi vous raconter comment cela s’est passé. »

Un notable d’aujourd’hui, tranquille fabriquant de dentelles dans le nord de la France, rencontre, pour ses affaires, Hans Frank, un client allemand. Les deux hommes se comprennent à demi-mot : ils se connaissent depuis quarante ans. Ils étaient officiers dans la SS pendant les années noires du Troisième Reich. Dans ces années-là, notre digne commerçant était le Dr Max Aue, diplômé en droit, officier de la SA, unité paramilitaire du Parti National Socialiste.
De 1933 à la fin du conflit il fut un fonctionnaire rigoureux et convaincu du régime nazi. Il nous invite, sans mettre de gants à sa plume, à re-parcourir cette période de l’Histoire que la génération de « l’après » connaît peu : comment montrer, comment nommer ? Les bourreaux, eux, ne parlent jamais : ils se fondent dans le paysage. Les victimes, la plupart du temps se taisent : comment dire l’indicible ?
Le Dr Aue, lui, est sans états d’âme et sans remords, « libre de toute contrition ». Il ne regrette rien des massacres planifiés, organisés, auxquels il a participé. Cette épopée terrible et terrifiante, nous emmène à l’arrière-ban des conquêtes du Reich, de la Pologne à l’Ukraine, de Stalingrad à l’écrasement de Berlin…Rien ne nous est épargné. Aucun recul possible. Le récit est cru, brutal, admirablement écrit et construit. Il nous faut boire ce vin jusqu’à la lie, le cœur entre les dents… et rester un long moment, stupéfaits, anéantis et silencieux, la main posée sur la dernière page. Car cela fut !

« Ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués, c’est cela qui est terrible. Vous ne pouvez jamais dire : Je ne tuerai point, c’est impossible, tout au plus pouvez-vous dire ; J’espère ne point tuer. »

foxie

Je ne suis pas du tout d'accord. Je trouve que le coup marketing de Gallimard a bien marché et c'est tout. Je suis extrêmement déçu par le livre, qui n'a pour moi AUCUN intérêt d'un point de vue littéraire (petites phrases de collégien, insupportables, et truffées de références permanentes et inutiles à des termes historiques qui plombent la lecture) et peu d'intérêt du point de vue de l'histoire.
Jonathan Littel n'a pas le talent qu'on lui prête : il n'a pas sû faire coller le personnage de fiction à la réalité (quel manque d'épaisseur pour le personnage, à l'exception de deux ou trois traits exagérés) et nous noie dans un fatras de détails insipides.
Je ne comprends pas un tel succès, et un tel aveuglement de la part des français, qui savent lire aussi bien que moi, et comprennent habituellement quand on se moque d'eux.

Lazlo

trop de bruit pour rien! ce livre ne mérite pas tout l'eloge qu'on lui dedie:effet commercial de gallimard;pour gagner des prix donc de l'argent! le style est banal loin de celui de celine.une fiction mediocre ,mal ecrite! sans interet au poit de vue litteraire! un scandale au point de vue reussite,pouquoi? les gens qui achetent ce livre mediatisé pensent que c'est la vérité? tout est bidon,et ça marche...il faut rappelé le passé pour vendre à défaut de la vérité! les français sont-ils devenus ss?

jules cesar