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À coups de pelle

À coups de pelle

Auteur : Cynan Jones

Editeur : Joëlle Losfeld

Au fin fond de la campagne galloise, un fermier traverse avec difficulté la saison de l'agnelage tout en essayant de faire le deuil de sa femme. Alors que chaque détail, chaque pièce, chaque odeur le ramène à elle, Daniel s'emploie à mettre au monde du mieux qu'il peut ses agneaux. Aux prises avec la solitude et les pressions de la vie moderne, il persiste dans ce qu'il a toujours fait : être en symbiose avec sa terre, seule façon pour lui de survivre à son chagrin.
En parallèle, un gitan qui n'aime que ses chiens de chasse déterre les blaireaux des environs et les revend à prix d'or à des organisateurs de combats illégaux. Surveillé par la police, le gitan est cependant en proie à une peur viscérale de la prison.
Daniel et le gitan se connaissent mais ne se côtoient pas, la violence de l'un étant aux antipodes de l'humanité de l'autre.
Cependant, alors que le gitan a repéré un blaireau sur les terres du fermier, leur confrontation semble devenir inéluctable.

Ce court roman est construit comme un diptyque qui confronte les pulsions de vie et de mort des deux personnages. L'écriture de Cynan Jones est riche mais sans verbiage, ce qui lui a valu d'être comparé en particulier à Ernest Hemingway ou Cormac McCarthy. À coups de pelle est un roman intense et engagé, d'une délicatesse et d'une finesse remarquables même dans les scènes les plus sanglantes ou tragiques. Grâce à des descriptions poignantes, Cynan Jones y aborde avec justesse les thèmes de la solitude, de la perte et de la cruauté, mais aussi des situations concrètes comme la difficulté pour les jeunes générations rurales de s'en sortir ou les violences qui sont encore infligées aux animaux de nos jours.

Traduit de l'anglais (pays de Galles) par Mona de Pracontal

16,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
168 pages
ISBN : 978-2-0725-6643-1
Les avis

La presse en parle

En période d'agnelage, Daniel ne dort plus. Même si la nuit semble calme, les brebis proches du terme ont besoin de lui, de ses gestes précis. Dehors, un peu plus loin, le « grand gars » nourrit ses chiens, avant de partir pour la chasse aux blaireaux. Il les revendra cher à des organisateurs de combats illégaux. Deux hommes dans la nuit, telle la lutte du bien contre le mal, de la vie contre la mort.

Le romancier gallois Cynan Jones compose pour eux une magnifique tragédie rurale, où la violence est silencieuse et la douleur intense. Les odeurs jouent un rôle essentiel dans ce livre, qui semble d'abord chuchoter. L'odeur des bêtes en train de vêler. Le parfum de l'épouse de Daniel, morte trois semaines plus tôt, et qu'il respire sur un foulard retrouvé. L'odorat des chiens qui se bousculent en pénétrant dans les terriers... Les gestes professionnels des deux personnages, que tout oppose, forment un ballet aussi précis que poétique.

Tout en évitant la psychologie, Cynan Jones parvient à rendre l'émotion palpable : la stupéfaction du deuil, la solitude, la douleur de l'absence. Dans cette campagne galloise ingrate, on perçoit avec Daniel le bruit de la pluie sur la tôle ondulée, le vent qui s'infiltre, la danse des corneilles comme un murmure paisible et triste — en contrepoint, il y aura la brutalité perverse du braconnier, lançant le blaireau dans la fosse face aux chiens, sous les hurlements du public. Apparemment simple, ce roman est bouleversant. Dépouillé d'artifices, il dit la sauvagerie des hommes qui n'ont plus rien.

Christine Ferniot, Télérama.

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