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Rendez-vous

Prix de Flore 2006

Rendez-vous

Auteur :

Editeur : Flammarion

Christine Angot rencontre un acteur. Depuis cinq ans, il veut la connaître et disparaît quand il la voit. Puis la rencontre se fait, elle écrit sur eux, l'amour est possible. Mais l'écriture va-t-elle l'absorber ? Un roman sur la passion, le théâtre, la littérature.
Prix de Flore 2006

20,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
379 pages
ISBN : 978-2-0806-8947-4
Les avis

La presse en parle

Quatre lettres arrachées au mot « écrire ». Avec un tel prénom, Eric ne pouvait que séduire Christine Angot. L’aimanter pour mieux la rejeter dans un puits d’indifférence. L’attirer dans ses rets amoureux pour l’abandonner aussitôt, seule face à elle-même, dans les abîmes de l’autofiction. Eric est comédien de théâtre, et « souvent, les acteurs aimaient mes livres », admet Christine Angot, fataliste et flattée. Dans le secret de la lecture solitaire, Eric s’est approché de l’intimité de l’écrivain, jusqu’à vouer un culte absolu à son œuvre. Avant d’être sexuelle, leur rencontre fut donc d’abord littéraire, et forcément déséquilibrée : « Toi, tu m’avais lue. Tu connaissais les deux. Moi, je ne connaissais que la moitié, je ne connaissais que moi. Toi, tu savais tout, tu connaissais l’ensemble. » Cette inégalité des chances est à la fois moteur et désolation pour Christine Angot, qui tente de rattraper le temps perdu, de sonder à son tour les tréfonds de cet admirateur. Mais l’homme ne se laisse pas forer. Le hiatus entre les écrits de la dame et sa présence réelle lui paraît rédhibitoire. Après la représentation théâtrale du récit de leur unique nuit commune, il s’éclipse. Voilà Christine réduite à l’applaudir dans Platonov et à écrire sur l’amour platonique...
Rendez-Vous aurait donc pu s’intituler Faux Bond. Pour la première fois, Christine Angot ne vampirise pas, ni ne vandalise. Elle glisse, bute et se cogne. Puis se relève, pour observer, médusée, la vanité de ses effets. Cet échec la rend profondément romantique. Il y a quelque chose d’Adèle H. chez cette femme entière et frémissante, dévolue à un amour à sens unique. Christine Angot n’éprouve plus le besoin de choquer. Elle ose se montrer sensible, amoureuse, fragile, retenue.
Toujours experte en crudité physique, elle s’ausculte avec une ferveur bien plus poétique qu’autrefois. Son corps vibrant finit par devenir métaphore de son écriture, toujours plus ouverte et organique : « J’avais l’impression d’avoir une espèce de coton hydrophile qui m’étouffait à la place de l’œsophage, qui rendait poreux tout l’intérieur, j’avais l’impression que mes organes étaient en contact, pas séparés les uns des autres, il n’y avait pas de parois, ça communiquait, les contenus pouvaient se déverser. » Après L’Inceste, où les mots se chevauchaient, s’empoignaient, s’entre-dévoraient pour dire l’anéantissement subi, elle était passée à un style plus aplani, plus circulaire, avec Les Désaxés et Pourquoi le Brésil. Grand roman d’amour, Rendez-Vous est empreint d’une sagesse et d’une limpidité inédites. Christine Angot continue de ressasser, de ruminer, de ratiociner. Mais ce « ratiocinéma » bouleverse par son humilité. Sa rumeur intérieure ne gronde plus, elle chuchote. D’une pudeur nouvelle, l’écrivain laisse couler les mots comme des larmes silencieuses. « L’effet d’avoir tout balancé par les fenêtres, et sans doute tout perdu, me saisissait brutalement de retour à l’hôtel. Comme une angoisse de mort. Il n’y avait qu’une chose à faire, pleurer. [...] Voilà, ça au moins, les gens ne le verraient pas. Les gens ne verraient pas que je pleurais dans ma chambre après avoir fait ça. Ils ne le verraient pas. Ça me restait à moi, ça. »
Rendez-Vous n’est pourtant pas le récit d’une noyade. Dans le flot de son désespoir, Christine Angot s’agrippe aux mots. Elle vérifie leur étanchéité, leur fiabilité. Et confirme ce qu’elle a toujours martelé : la remise en cause fortifie.

Marine Landrot, Télérama


Angot tango

La diablesse donne Rendez-vous à ses amours du jour et d'hier. Irritant, attachant... Comme toujours.

Marianne Payot, L'Express

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