 | La carte et le territoireDe Michel Houellebecq
Editeur : Flammarion Parution le : 20 Septembre 2010 ISBN : 978-2-0812-4633-1 EAN13 : 9782081246331
Cinq ans après La possibilité d'une île, Michel Houellebecq revient avec un grand roman qui raconte la vie de trois personnages masculins.
Certains y verront un retour aux thèmes d'Extension du domaine de la lutte et des Particules élémentaires, d'autres salueront un texte puissant, à la fois contemporain et profondément classique, d'une admirable maîtrise littéraire.
Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n’émettra plus que des murmures.
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne. | Prix Goncourt 2010
Prix conseillé : 22,50 € - Prix : 21,38 € |
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L'avis de Rue des livresCe n'est peut-être pas le meilleur Houellebecq mais c'est un très bon livre.
Indépendamment de tout ce qui a été dit sur l'histoire, les personnages, dont le facétieux Houellebecq lui même, ce qui m'a intéressée dans ce livre c'est le rapport au temps qui passe, la déchéance physique qui est le lot de tous et l'un de ses sujets de prédilection.
C'est un livre à la fois drôle et sérieux, plein d'humour et pourtant grave.
Un très bon livre dont on ne sort pas indemne... Véronik |
Vos avismais enfin, ça mérite pas le Goncourt ce livre!!!!!
que se passe-t-il en France?
pourquoi on couronne des romans mineurs et des auteurs mineurs? aucune émotion...... laura75016
 Je n'ai pas aimé du tout n'en déplaise aux membres du "Goncourt" qui on le sait depuis longtemps est un système de copinage entre maison d'éditions
de nombreux passages de ce livre sont empruntés à wikipédia
Mr Houellebecq ayez plus d'inspiration la prochaine fois et écrivez un vrai roman !!!! juliaparis
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Commentaires Amazon| 2010-10-31 | Note : 2/5 | Le nombril de Houellebecq. C'est pour moi le premier livre de cet auteur, connaissant ça popularité, j'étais assez curieux de découvrir son univers et son style, et je l'avoue je fus très déçut par la simplicité du contenu, peu être n'est ce pas le bon livre pour découvrir cet auteur, mais je reste surpris par les critiques et les commentaires médiatiques à la sortie du livre. Pour ma part je ressors après la lecture avec l'idée d'un auteur très égocentrique allant jusqu'à imaginer son propre enterrement, et puis j'ai trouvé dérangeant de trouver dans le dernier chapitre une enquête policières et surtout une fin un peu trop facile pour un auteur reconnu comme talentueux. Bref je n'ai pas vraiment aimé.
| | 2010-10-31 | Note : 5/5 | incisif sans concession, entomologiste de la nature humaine, observateur sans passion de l'excitation, de l'art, de la folie, des vicissitudes humaines... j'ai plongé dans ce livre comme un chercheur au milieu d'un nid de termites... la vision du monde de l'art est particulièrement réaliste, passionnante... j'ai aimé, vraiment, entre dérangement et curiosité, jusqu'où peut-on aller dans cette existence pour se sentir exister, et y e-t-il vraiment un lieu pour cela, même en nous-mêmes ?
| | 2010-10-29 | Note : 1/5 | Ni le fond, ni la forme ! A l'heure où j'écris ces lignes, la question se pose de savoir si Houellebecq aura, ou non, le prix Goncourt !
Si ce livre est couronné, c'est que la littérature française contemporaine est tombée bien bas. En effet, sur la forme, H ne sais faire que des phrases courtes ; quant aux quelque 100 pages que je viens de lire, ce n'est que du remplissage. J'abandonne la lecture. Mon conseil perso (chacun ses goûts) : fuyez ce livre !
| | 2010-10-26 | Note : 2/5 | Que faire si même Houellebecq nous déçoit ? Quand on aime un auteur comme Houellebecq c'est pour sa qualité d'écrivain mais c'est aussi pour son aptitude à nous agacer, nous bousculer, nous irriter, aller nous chercher là où nos certitudes sont tellement bien installées qu'une remise en cause nous conduit à traiter l'auteur de tous les noms .... pour quand même y revenir au roman suivant.
Dans cette dernière livraison, Houellebecq paresse et se contente d'évoquer un peu le monde de l'art, un peu les rapports père-fils, un peu l'amour, un peu de tout, mollement, sans inventivité réelle, comme si le style et la précision allaient pouvoir sauver le roman de sa superficialité.
Les deux premières parties se lisent agréablement car quand même Monsieur sait écrire. La troisième partie est une farce pseudo-policière qui nous tire des soupirs d'ennui tant elle est remplie de clichés et inaboutie. Le tout est une oeuvre qui décevra ceux qui aime le cynisme, l'acuité et la provocation de Houellebecq, comme une antidote à un monde trop politiquement correct. Là le soufflé est retombé et notre enthousiasme de lecteur avec lui.
| | 2010-10-24 | Note : 5/5 | Et le prix Goncourt 2010 est attribué à Michel Houellebecq ! Voilà un pronostic facile à établir, tant les concurrents cette année ne sont que fétus de paille.
En gros, si le jury du Goncourt ne sacre pas Houellebecq, il montrera définitivement son aversion pour lui, ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa pétrification à venir (d'aucuns prétendront qu'ils n'ont pas besoin de cette écharde pour montrer leur fossilisation).
Nonobstant cette allégeance aux prix littéraires d'automne dont tout le monde se fout (en dehors des gens qui ne lisent pas et qui veulent apporter un beau livre avec un bandeau rouge pour les fêtes de Noël,) Baron rouge, bien qu'avec un peu de retard, se devait de donner son avis sur le nouveau Houellebecq, et ce pour deux raisons. La première est que Houellebecq est un ami qui nous accompagne depuis la parution de l'excellent « Extension du domaine de la lutte » en 1994 et que ce compagnonnage a rarement été décevant (on ne peut pas dire ça de tout le monde) . Deuxième raison : sans lui, la littérature Française n'aurait aucun intérêt, sauf pour des gens comme Naulleau qui, en l'absence de cet astre noir, aurait pu tenter d'écrire un roman digne de ce nom au lieu d'écrire un (mauvais !) livre sur Houellebecq, qui d'ailleurs s'en fiche pas mal. La littérature Française, disais-je, serait un désert parsemé de carcasses sans intérêt, un safari sans danger que l'on parcourt l'?il morne et attristé devant l'étalage de tant de suffisances.
On peut y ajouter une quatrième raison un peu perverse : un nouveau livre de H. délie les langues et permet des discussions un peu animées, ce qui ne sera jamais possible avec le nouveau livre (au hasard) d'Olivier Adam ou de Philippe Claudel.
On s'était tout de même pas mal ennuyé avec « La possibilité d'une île », sorte de conte philosophico-religieux, qui se traînait sur plus de 500 pages. La seule bonne phrase du roman était à la moitié (p 213 pour les maniaques de la précision) : « La différence d'âge était le dernier tabou, l'ultime limite, d'autant plus forte qu'elle restait la dernière, et qu'elle avait remplacé toutes les autres. Dans le monde moderne, on pouvait être échangiste, bi, trans, zoophile, SM, mais il était interdit d'être vieux. »
On s'était plutôt amusé dans la correspondance entre BHL, toujours remarquable de bouffissure égotiste, et notre Michou national qui passait son temps à faire son Jean-Jacques, le clin d'oeil assassin d'un contempteur de la modernité à la Philippe Murray.
Alors son nouveau bouquin. Bien sûr qu'il est formidable. Plus besoin d'en jeter. H a déjà tout dit et que même s'il terminait là-dessus, ça serait plutôt pas mal. Le seul souci est qu'il laisse le champ libre à des brêles comme Begaudeau qui n'attendent que ça. Donc, rien que pour cette raison, on espère qu'il va être là longtemps.
Dans La Carte et le Territoire, pas d'apologie du tourisme sexuel, pas de scènes de sexe vaguement glauques, pas de règlement de comptes idéologique ou familial direct. Le nu de la vie, quoi. Direct. Pas de prisonniers. Et ce livre est peut-être le plus accompli, le plus profond tout en échappant à une certaine forme de sophistication littéraire, sophistication qui est justement en train de tuer la littérature Française.
L'histoire du livre, tout le monde la connaît.
Pourquoi La Carte et le Territoire ? Parce que « la carte est plus intéressante que le territoire », révélation qui saute aux yeux de l'artiste plasticien Jed Martin, alors qu'il a sous les yeux la photo satellite d'un coin d'Alsace et la carte Michelin de la même zone, et que le saisit la beauté de la seconde. La carte est-elle plus intéressante que le territoire, autrement dit la représentation du réel est-elle plus passionnante que le réel lui-même ? Voilà une vieille question que l'auteur remet au goût du jour. Signalons que cette question remonte aux écrits d'Italo Calvino des années 60 et qu'elle n'est pas de toute première fraîcheur. L'intérêt est donc ailleurs. A mon sens, il se trouve dans l'autoportrait de l'artiste en déjà-mort. Ce livre provient des ténèbres, il est d'une tristesse abyssale. En même temps, il est hilarant. Comme toutes les grandes oeuvres. La mélancolie est leur tonalité dominante. Roman d'un écrivain arrivé à maturité et qui semble avoir suffisamment "compris" la vie pour accepter de lâcher prise, roman stoïque sur l'état du monde, l'état des êtres, le bilan d'une vie, la fin de Houellebecq-personnage, sacrifié, comme tout, sur l'autel de l'argent. Au XXIe siècle, les artistes n'ont même plus de mort romantique. Misère.
Le dernier roman de Houellebecq sera donc le roman de la trivialité comme horizon ultime de l'homme contemporain.
"Le chien est une sorte d'enfant définitif, plus docile et plus doux, un enfant qui se serait immobilisé à l'âge de raison, mais c'est de plus un enfant auquel on va survivre." Comme d'habitude - et je remarque qu'aucun critique ne parle de cet aspect - les pages consacrées aux chiens sont les plus belles, les plus fortes. Elles valent à elles seules l'achat de ce livre.
Quand Drouant rendra son verdict le 8 novembre, je suis sûr qu'il y aura quelqu'un chez moi qui battra de la queue.
| | 2010-10-24 | Note : 4/5 | facile à lire ce n'est pas de la grande littérature, facile à lire, on a envie d'aller au bout..
| | 2010-10-22 | Note : 4/5 | drôle et fluide Un livre très plaisant et drôle avec des personnages d'actualité ; un regard un peu sombre sur la solitude des êtres et leurs rapports difficiles aux autres mais si juste. A lire absolument.
| | 2010-10-19 | Note : 5/5 | Houellebecq - believe the hype! Normalement j'ignore les "bestsellers" et je suis très méfiant face aux auteurs en mode. Houellebecq cependant mérite sa popularité et öe prouve de nouveau avec ce roman!
| | 2010-10-19 | Note : 2/5 | une historiette Houellebecq est toujours un bon conteur, il nous raconte une histoire qui tient la route. Mais le problème c'est que cette histoire n'est pas vraiment passionnante, contrairement à celles des romans antérieurs. On ne suit que distraitement la vie de ce Jed Martin, un artiste misanthrope qui ressemble à l'auteur. On sourit plutôt qu'on ne rit de ses démélés avec le monde de l'art et les people. On sait que tout ceci ne finira pas très bien. ET comme d'habitude on trouve aussi des réfexions désabusées sur le monde moderne, l'expression de ce "pessimisme agréable" qui est la marque de fabrique de MH. Le style pêche par certaines facilités, l'abus des italiques, la copie quasi abrutissante des notices Wikipedia.
La partie la plus intéressante finalement est la réflexion sur l'art: c'est ce qui fait l'unité de ce roman apparemment décousu. L'art est la grande affaire de l'auteur. Il l'a abordé un peu dans chacun de ses livres antérieurs, mais içi c'est le thème central : l'artiste est celui qui sait donner une autre vision du monde réel, une vision jamais rencontrée auparavant. Pour l'artiste la carte (qui représente l'artifact spécifiquement humain, donc l'art) est plus importante que le territoire. En ce sens Houellebecq est aussi un artiste, du moins il essaie d'y tendre, un peu moins bien dans ce roman que dans les autres.
| | 2010-10-16 | Note : 3/5 | une histoire de chauffe-eau Je suis resté un peu sur ma faim, il faut dire que certaines critiques entendues ou lues laissent à penser à un chef d'oeuvre, un pic dans "l'oeuvre" de Michel Houellebecq, écrivain icône de notre société médiatique. L'auteur ne laisse pas indifférent, il est considéré comme un maître pour certains, se fait descendre et n'apparait aux yeux d'autres que comme un usurpateur. Il est peut-être, sans doute, un peu des deux.
J'ai lu ce livre assez vite, ce qui est un bon signe -on n'entrepose pas sur sa table de chevet un tel roman-, il me semble l'avoir apprécié et pourtant, une fois terminé, un souvenir bizarre m'apparait, une impression mitigée. Ce qui me déroute, je crois, c'est qu'on ne sait pas où Houellebecq veut en venir. Quel livre écrit-il, une fiction déguisée en essai ou le contraire?
Ce roman pourrait être l'histoire simple d'un artiste contemporain (un dénommé Jed Martin) un peu "dé-sentimentalisé" et désocialisé; celui-ci rencontre la gloire et surtout l'argent grâce à ses productions photographiques de cartes Michelin et à une série de portraits représentant les petits métiers qui se perdent ou bien encore certaines figures majeures de notre temps (Bill Gates, Steve Jobs,Jeff Koons.). A travers sa réussite, on peut y lire une critique de l'Art, de sa valeur et de son jugement et également une critique de notre petit monde occidental et parisien .
Ce livre pourrait être un roman policier, puisque -trouvaille assez géniale d'ailleurs-, Jed Martin, l'artiste solitaire,se trouve mêlé au sanglant assassinat de Houellebecq "himself".
Ce livre pourrait être un témoignage émouvant et saisissant de vérité des rapports d'un fils à son père, un constat de notre société qui creuse des sillons entre les générations.
Mais surtout, globalement, avec toutes ses directions prises par l'auteur, Houellebecq fait de ce livre fourre-tout un livre résolument moderne, comme un cliché ou un panorama de notre société de fric, société contrastée et vieillissante .
Quant au style, il y a de vraies belles pages, des réflexions très humaines (du vécu) notamment dans tout ce qui touche au "père" ou à l'amour, au bonheur d'aimer. Houellebecq offre des moments de lecture de pure délectation. Il est aussi drôle en particulier qu'il peut être triste en général et ça, c'est unique. L'idée d'intervenir dans le récit et d'intégrer des personnages médiatiques jouant leur propre rôle comme Jean-Pierre Pernaut ou Frédéric Beigbeder est unique et drôlissime. Par contre, toutes ces pages d'informations qui semblent tirées de ...Wikipédia, parait-il, sont vraiment superflues et lassantes. Houellebecq patauge un peu dans la deuxième partie du roman à cause de ces longues digressions qui m'ont un peu ennuyé.
Et alors finalement, ce chauffe-eau dont il est question au début du livre, emmènera-t-il Houellebecq vers le prix Goncourt?
| | 2010-10-15 | Note : 5/5 | vie de l'artiste-peintre Jed Martin bon tout a été dit sur ce livre, alors j'aimerai simplement partagé un vrai plaisir de lecture que m'a apporté ce roman empli d'humour, non dépourvu d'une certaine érudition, qui décrit notre contemporanéité ainsi que les décennies qui nous attendent avec un regard désenchanté, lucide et un brin sardonique mâtiné d'un zeste de misanthropie, de plus Houellebecq met-en-scène dans une solitude irlandaise fortement alcoolisée Michel Houellebecq écrivain génial mal aimé bourré d'humanité et de mal de vivre -il ne s'épargne pas!- Et il se fait mourir dans un style bien macabre qui n'a rien a envié à Jean-Christophe Grangé, on retrouve son admiration pour Julien Leppers et Question pour un champion, pour l'industrie touristique déjà bien utilisée dans Plateforme, il épingle des noms bien connus des médias et fait de la publicité avec une tendresse certaine à son pote Frédéric Beigbeder... mais n'oublions pas que c'est d'abord une réflexion sur la difficulté à vivre, sur la création artistique, sur la solitude humaine, sur l'impossibilité de se lier avec autre que soit... j'ai passé un très bon moment -de nombreux sourires voire plus- avec cet écrivain au style sec et fonctionnel sans fioritures superfétatoires qui m'a fait pensé au grand Simenon. Je le conseille vraiment.
| | 2010-10-13 | Note : 2/5 | mais oui Michel môman va te faire un câlin C'est pas nul mais qu'est ce que c'est pleurnichard . Il n'écrit plus que pour les femmes. Cherchant un réconfort qui ne viendra jamais. On peut trouver ça attachant mais ça ne vous donne pas accès aux cimes de l'esprit. Et qu'un écrivain aussi peu "de l'oeil" s'invente une vie de peintre a quelque chose de pathétique.
ça fait longtemps qu'on le sait inconsolable mais cette quête d'une sorte d'amour maternel perdu à jamais ne parvient pas à capter mon attention.
Un vieux fond dhonnêteté le rend quoiqu'on en dise fréquentable .
| | 2010-10-10 | Note : 5/5 | Si seules la carte et le territoire faisaient sens? Quel roman ! Les protagonistes principaux en sont un artiste, peintre, photographe, un chauffe eau, le père de ce héros Jed Martin - quel drôle de nom!, et puis des people dont notoirement Beigbeder, JP Pernaut, et Houellebecq himself pour ne citer que les principaux. En toile de fond Paris, le Raincy, l'Irlande, la Creuse et les galeries d'art contemporain.
Trois parties bien distinctes dans ce roman de construction et de destruction, d'amours nihilistes et de violence incroyable. Il y a de purs moments de jouissance littéraire dans ce roman où l'auteur traite avec un style où l'humour le plus décapant se mêle à la plus sincère dérision vis-à-vis de nos contemporains, y compris l'auteur lui même, les milieux artistiques, littéraires, la police et même les avocats.
L'argument de ce roman est une itinérance, celle du héros, finalement sans grand intérêt sinon quelle sert de colonne vertébrale à ce panorama jubilatoire de notre monde, de ses contradictions, de ses excès.
Sur un plan psy, on notera que comme chez beaucoup d'auteurs contemporains, le père est à la mode, le père du héros est un personnage majeur, incompris, échanges difficiles avec le fils, malgré une affection qui ne sait s'exprimer.
Le sort que Houellebecq se réserve (un portrait de Dorian Gray???) intrigue. Et puis tous ces couplets techniques sur les voitures, les appareils divers, bref encore une satire virulente de nos addictions à nos besoins virtuels et la perte de sens des valeurs dans notre monde individualiste. Merci pour ce très beau roman.
| | 2010-10-09 | Note : 5/5 | origines A un moment vers la fin du livre on lit :"la monde comme représentation artistique" .
la référence au titre de Schopenhauer "le monde comme volonté et comme représentation" est discrète, c'est une clef du livre comme son titre qui fait référence à la sémantique générale de Korzybsky .
Problème de la description de la "réalité".
Mélange des genres, collages,extraits bruts pour figurer le "réel", auto dérision, malice des références, tout cela dans une langue ou un style évoquant "une ligne claire" .
Ce livre est un joyeux imbroglio, un délice.
| | 2010-10-05 | Note : 4/5 | Qui est le plus grand écrivain français ? Houellebecq, hélas. Dans l'ensemble, je partage les avis (dominants) de la majorité des commentateurs précédents : ce nouveau Houellebecq est moins brillant ou provocant que ses réussites ultérieures mais sa modestie et son humour le rendent particulièrement attachant. A la manière de son héros, le peintre Jed Martin, l'auteur a changé sa manière de peindre sans cesser d'approfondir le même sujet (pour le héros, le dilemme réalité/représentation; pour l'écrivain, la crise de l'homme occidental moderne).
Au positif, on retiendra donc la vivacité de la narration, la capacité à incarner en lettres et mots la démarche artistique propre aux arts plastiques (pas si facile de décrire l'oeuvre d'un peintre fictif et il y parvient brillamment), quelques scènes drôlissimes dont les moindres ne sont pas celles où MH se dépeint fort cruellement et, sous-jacente ou explicite (les scènes avec son père), cette mélancolie technico-sentimentale qui n'appartient qu'à lui.
Les bémols pourront concerner l'épisode policier du roman (guère réussi mais vite passé) et un certain appauvrissement du style. Celui-ci ne résulte pas seulement des diversions opérées par les notules inspirées de Wikipédia ou du name-dropping ; la vraie raison tient-elle à la simplicité recherchée par MH ou à son épuisement, je ne le sais. Houellebecq n'a jamais été un grand styliste, même s'il a un ton qui n'appartient qu'à lui : il fait partie de ces écrivains pour qui l'important est de dire - et non de choisir comment le dire. Si l'on retrouve avec bonheur quelques aphorismes assez définitifs sur la désespérance de l'homme moderne (dans son style habituel), les admirateurs de Michon ou d'Echenoz pourront tout de même être déconcertés par quelques pages affreusement plates.
On ne peut s'empêcher de percevoir dans le livre, derrière l'humour et les jeux avec les figures réelles et les représentations, comme l'annonce d'un suicide ou d'une disparition à venir.
| | 2010-10-04 | Note : 5/5 | Un livre passionnant, drôle et complet Après le fantastique La Possibilité d'une île, Michel Houellebecq semblait avoir atteint une certaine forme de summum dans son art. Que pouvez apporter ce nouveau livre? A priori, pas grand chose; in fine, il est indispensable.
Indispensable? Oui, car Houellebecq écrit avec une finesse et une facilité comme il ne l'avait jamais fait. Le style reste le même, mais en plus fluide et en plus précis. Plus cynique que jamais, l'auteur utilise sa plume pour nous faire rire plus qu'il ne l'avait jamais fait. La construction du roman est, comme souvent chez Houellebecq, parfaite, avec des sauts dans le temps à tout va, à la façon d'un Garcia Marquez.
Et le fond? Le fond est une réussite totale. Houellebecq dresse un portrait de son époque telle qu'elle est, apportant des jugements de valeur, dont on ne sait jamais s'ils sont ceux que portent l'auteur ou s'ils sont ceux qu'ils prêtent à ses personnages, et finalement peu importe. Tournant en dérision certains points de notre époque, objectivant certains autres, l'auteur nous laisse finalement entièrement libre de nous faire notre opinion, d'autant que d'une page à l'autre les personnages peuvent changer d'avis. Bref, on a là un grand livre plein de questionnements, où Houellebecq se contente de nous dire "Voilà ce qui est, à vous de voir ce que vous en pensez". Mort, rapports familiaux, monde de l'art, terroir, représentation, peine de mort, amour... autant de thèmes abordés qui ne peuvent laisser indifférents. Véritable portrait d'une époque, le livre s'attache à décrire notre société avec une précision désarmante (et humoristique), notamment en décrivant les objets par leurs spécificités techniques (comme un Perec moderne).
Au final, un très grand livre dans lequel on a envie de se replonger à peine fini, pour en redécouvrir les passages savoureux, pour repenser, pour se laisser aller. En fait, ce livre est une véritable synthèse de tous les travaux précédents de Houellebecq, la provocation en moins.
| | 2010-10-04 | Note : 5/5 | Un ouvrage mûr et abouti Le style de Houellebecq s'est enrichi. Comme dans "Plateformes" le message est progressif, mais la forme s'est ici débarrassée des excès (d'aigreur, de sexe, de cynisme). La dernière partie de l'ouvrage est prodigieuse et me laisse encore songeur, comme je le fus après "La possibilité d'un île". Si, au départ, on ne croit pas à son éligibilité pour le Goncourt, l'évolution et le final du livre lui vaudraient certes d'être primé.
| | 2010-10-03 | Note : 5/5 | Son meilleur roman depuis "Extension du domaine de la lutte" Son meilleur roman depuis "Extension du domaine de la lutte". Une réflexion intéressante sur l'art contemporain. On voudrait vouloir voir les oeuvres du personnage principal, Jed Martin.
| | 2010-10-02 | Note : 4/5 | Houellebecq 2010 : un très bon cru... Une première raison de lire le dernier Houellebecq c'est de faire la nique à la crapuleuse présentation qui en a été faite par le sieur Assouline, lequel s'est définitivement disqualifié par sa haine envieuse... L'autre vraie et honorable raison de lire "La carte et le territoire" est qu'il y a peu d'écrivains qui commentent l'époque contemporaine, ses travers, sa veulerie, bref le chaos ambiant avec autant de véracité, de lucidité désespérée. Enfin la dernière raison est que ce livre est remarquablement construit, que Houellebecq s'y met en scène d'une manière proprement ahurissante d'honnêteté et de modestie quand on connaît l'ego hypertrophié du plus moyen des plumitifs! Par ailleurs, les pages où il met en scène sa propre mort sont un sommet. On se demande vraiment ce qui peut suivre désormais dans son ?uvre, et l'on a tendance à penser que "La carte et le territoire" prend parfois les allures d'un livre-testament...
| | 2010-09-14 | Note : 3/5 | Houellebecq comme de coutume, pour calimeros uniquement Houellebecq est le grand prédicateur de la futilité de la vie. On connaît les deux techniques qu'il mobilise dans cet objectif, et qui définissent finalement son style. D'abord, ruiner régulièrement l'incessant travail que le lecteur entreprend malgré lui pour s'immerger dans l'action ; c'est essentiellement en braquant soudain l'attention sur un détail et accordant à sa description pour lui-même autant d'importance qu'à l'action qu'il y parvient. Mais l'entreprise ne vise pas seulement l'action dans le contexte du roman ; prêchant urbi et orbi, Houellebecq tient aussi à démontrer combien celle qui se déroule dans le monde du lecteur est tout aussi vaine. La mise en italique est un puissant moyen pour y parvenir, l'auteur faisant mine de s'emparer d'une conception extérieure en se pinçant le nez puisque c'est pour la déposer dans un décor dont l'insignifiance contraste avec l'importance dont son lecteur peut l'avoir investie.
Houellebecq communique ainsi non sans saveur sa difficulté à être de ce monde. Tout cela parle à l'incompris, au grincheux, au dépressif, à la victime et à celui qui s'apprête à tirer la leçon de cet édifiant parcours des différents stades du deuil de l'idée que le monde est fait pour le servir. Bref, il écrit pour Calimero, ce qui tombe franchement pas mal en période de crise. Le roman ne manquera donc pas d'en réjouir plus d'un.
Dans un entretien mielleux comme il sait les conduire lorsqu'il s'adresse à quelqu'un qu'il se figure penser comme lui - il y a d'ailleurs un passage remarquable où il s'empresse à ne pas le suivre dans une critique de Picasso, de crainte qu'il y ait débat (en italique) -, Alain Finkielkraut demande à notre auteur si son oeuvre ne relève pas d'une "ethnologie romanesque de l'humanité occidentale". On a peine à y croire, à moins de considérer que l'ethnologie consisterait à lire le monde à l'aune de ses goûts et de ses dégoûts.
Ce n'est pas qu'il s'agisse ici de faire le procès d'un quelconque mouvement d'idées prétendues néo-réactionnaires, mais de juger que la succession de romans d'un déprimé mettant en scène des personnages dépressifs a quelque chose non pas de déprimant, mais de profondément abusif, et par là de lassant. Après un précédent roman très raté, on aurait aimé que Houellebecq rebondisse un peu, qu'il mobilise le talent indéniable qu'il a d'écrire pour s'essayer à faire de la fiction autre chose qu'un instrument au service de la mise en scène de brèves de comptoir sur "la société". C'est donc raté, mais il n'en demeure pas moins qu'en restant pareil à lui-même, l'auteur nous livre un roman qui réjouira petits et grands qui trouvent que décidemment, la vie est trop injuste.
| | 2010-09-14 | Note : 2/5 | Un roman un peu nunuche Ce texte de Michel Houellebecq est incontestablement moins drôle que ses livres précédents. Il est aussi moins "sexuel", puisqu'il n'y a pas de scène de cul. On n'y trouve pas non plus la moindre provocation.
Michou s'en tient aux habituelles formules dépressives et moyennes, mais sans conviction et sans insistance. Il s'agit plus d'auto-parodie. D'ailleurs, Jean-Luc Porquet, dans sa critique publiée dans le Canard Enchaîné, a remarqué que Houelbi se répétait ("C'est peu de chose, une vie humaine" et "Une existence humaine se résume à peu de chose", ou un truc du genre).
Côté humour, donc : on sourit quelque fois, mais la franche marrade est terminée. C'est peut-être la rencontre avec BHL qui a changé notre Michou préféré. Le tartuffe entarté l'aura convaincu de changer son fusil d'épaule pour séduire la critique et les jurés des prix littéraires. Côté baise : niet. Côté provocations racistoïdes ou misogynes, que dalle non plus. Michel Houellebecq a fabriqué un joli petit romaillon insipide, où y'a même un crime et des policiers, comme dans le dernier Mary Higgins Clark.
Et puis il se met en scène, en homme seul, pauvre, fou, et malheureux. C'est marrant, on y croit pas un instant. C'est à cent lieues de cette réplique bouleversante du même, quelques années plus tôt, sur le plateau d'Ardisson : "Au fond, on ne saura jamais si j'ai été heureux ou pas, dans ma vie". Et ben maintenant on le sait : en se carricaturant comme un ours demi-fou, Houellebecq, sans talent ni vista, trahit sa ligne dépressive. Il est juste un notable de plus, qui, lui aussi, retourne à la niche pour recevoir le Goncourt.
Comme par hasard, alors que ce texte est de très loin le plus naze qu'il ait pondu, c'est celui que la critique encense. Retour au bercail.
| | 2010-09-14 | Note : 5/5 | Ce n'est pas ronflant! Le meilleur Houellebecq, mais comme toujours on est profondement touche et la remise en question est instantane.
Comme d'habitude le verre est a moitie vide et la demonstration prend 400 pages et une bonne nuit sans sommeil.
Tout compte fait, le plagiat n'est pas avec Wikipedia mais avec Thomas Mann et son celebre 'Mort a Venise'. Le meme theme traite, a savoir le createur arrive en fin de cycle dans un meme univers impitoyable, manipulateur et sans ame (quelqu'un a dit capitaliste?) et qui a rdv avec sa mort.
La seul difference est que l'un meurt devore par sa passion tandis que chez Houellebecq il meurt de cancer, assasine et encore pire chez Exit. Notre societe est devenue uniforme et aseptisee et par consequent on ne tombe plus malade de tristesse ou d'amour mais de cancer ou d'Alzheimer.
Vite, elle est ou cette machine a remonter dans le temps?
| | 2010-09-12 | Note : 5/5 | Pas besoin d'une carte pour explorer le territoire Houellebecq Ce nouveau Houellebecq donne une sensation à la fois étrange et rassurante : on a d'abord une vague impression de "déjà lu", mais elle disparaît très vite au profit du constat qu'en fait, on est tout simplement en terrain connu. En d'autres termes, on est heureux de retrouver Houellebecq comme on retrouverait un vieil ami.
Il se trouve qu'en plus, dans "La Carte et le territoire", l'auteur parvient à se renouveler. Ce n'était pas gagné, vu qu'il est tout de même le dépositaire d'un style très singulier, qui lui est propre, mais qui a été plagié et parodié ad nauseam, ces 15 dernières années.
Plus apaisé que ses prédécesseurs (ici, point de diatribe anti-religion, ou de sexe à outrance...), "La Carte et le territoire" permet à Houellebecq de creuser encore son sillon tout en l'enrichissant d'une réflexion (nouvelle chez lui) sur les rapports père-fils... On pourrait appeler ça l'oeuvre de la maturité.
A moins d'être de mauvaise foi, il est difficile de nier l'apport de Houellebecq, non seulement à la littérature contemporaine, mais aussi (et peut-être aussi surtout, au vu de son exceptionnelle popularité) à la société contemporaine : bien peu ont su, comme Houellebecq, dire avec autant de justesse et d'élégance (car l'humour est bien présent, ici aussi) la solitude de l'homme moderne.
Il faut lire Houellebecq, un peu pour mieux comprendre son époque, et beaucoup pour le plaisir pur d'une littérature qu'on dit parfois (avec une pointe de méchanceté) minimale, voire clinique, ou même désincarnée, mais qui est, en fait, ni plus ni moins que le style Houellebecq, sa signature. Et il faut croire (si l'on en juge au nombre de lecteurs) que cette écriture est exactement le contraire de ce qu'on lui reproche : non pas froide, mais bel et bien généreuse.
| | 2010-09-09 | Note : 5/5 | Humour, humour, quand tu nous tiens... "La carte et le territoire" est un roman très drôle et un drôle de roman. une histoire de notre temps avec des personnages "people". La construction du récit est solidement charpentée : on avance avec plaisir et sans être dupe dans cette galerie de miroirs. Les portraits des personnages sont brillants, vifs, évocateurs. Beaucoup de trouvailles et d'inventions dans ces pages et également des notations très précises sur les objets (importance des marques), les lieux, les situations, les mots-tics de notre époque... Plusieurs thèmes serpentent tout le long du roman, telle la perplexité devant l'Art contemporain (perplexité et non rejet) ou le fil rouge de la relation père/fils. Ces thèmes apparents sont traités avec intelligence, sensibilité et... humour. C'est un roman très réaliste, pas seulement parce qu'il prend soin de reprendre de façon comique des modes d'emploi et des notices de type Wikipedia, mais surtout parce qu'il est profondément ancré dans les truculences de son temps. Parce qu'il appartient strictement à cette tradition du roman français que les frères Goncourt avaient cristallisée dans leurs propres récits, parce qu'il renouvelle aussi les subtilités de Gide (construction en abîme), parce qu'il est profondément novateur et tout simplement très bien écrit (avec des jeux de langage, sans aucune négligence ou facilité) ce roman mérite de recevoir le plus grand prix littéraire de la rentrée. Je l'ai dévoré en quatre heures et j'en souris encore.
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