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Lettre à Jimmy : A l'occasion du vingtième anniversaire de ta mort

Lettre à Jimmy : A l'occasion du vingtième anniversaire de ta mort

Auteur :

Editeur : Fayard

Cher James Baldwin,
Il y a vingt ans à peine que vous nous avez quittés. Vous êtes considéré comme un écrivain américain de premier plan, et vous êtes pourtant un peu français aussi ! C'est en tout cas au cours de votre exil à Saint-Paul de Vence que vous avez achevé votre premier roman, La conversion, loin de l'hôpital public de Harlem qui vous avait vu naître. Ou du moins, loin géographiquement. Car même si vous vous promeniez dans notre deuxième pays à tous, tel que l'a défini Thomas Jefferson, vous restiez proche des préoccupations de l'Amérique de votre jeunesse, agitée par les questions raciales et la marginalisation des Noirs. Et vous y êtes devenu le défenseur le plus acharné des droits civiques.
Comment résisterais-je à l'envie de vous écrire, moi qui suis né au Congo-Brazzaville et qui partage désormais mon temps entre Paris et Los Angeles ? Comment réprimerais-je mon désir de vous exprimer une admiration que certaines similitudes entre nos destins ont rendue plus chaleureuse, amicale même, puisque les écrivains disparus restent des amis pour les vivants ? Vous avez consacré votre vie et votre génie à proclamer l'amour du prochain et la liberté de l'individu. Comment ne rêverais-je pas d'avoir le privilège de compter parmi vos intimes ?


Né à Harlem en 1924, mort à Saint-Paul de Vence en 1987, noir, bâtard, homosexuel, écrivain, James Baldwin a combattu sans relâche la ségrégation raciale. Mais ce n'est pas à ce titre que l'admire Alain Mabanckou. Dans cette longue lettre qu'il lui adresse post-mortem, il salue en Baldwin l'esprit libre qui refusa, en littérature comme en politique, que sa lutte mène au repli communautaire. L'hommage épistolaire se mue alors en échange complice ; citations de l'œuvre du maître et commentaires se confondant presque pour rappeler qu'il n'est d'homme qu'universel. Alain Mabanckou et James Baldwin avaient bien des choses à se dire. L'un comme l'autre, ils n'acceptent que deux identités : celle d'écrivain, et celle d'être humain.

Lauréat du prix Renaudot pour Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006), Alain Mabanckou est l'auteur de recueils de poèmes et de romans dont Verre Cassé (Seuil, 2005) et African psycho (Le Serpent à plumes, 2003). Ses œuvres sont traduites dans une douzaine de langues. Il est professeur titulaire de littérature francophone à l'Université de Californie Los Angeles (UCLA).

17,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
183 pages
ISBN : 978-2-2136-2676-5
Les avis

L'avis de Rue des livres

Alain Mabanckou, prix renaudot 2006, avec son roman « mémoire d'un porc épic », rend un hommage post mortem à James Baldwin dans ce dernier livre « lettre à Jimmy ». L'auteur choisit d'écrire une lettre à son ami, choix littéraire qui permet de « vivre » pleinement pour le lecteur la force de cet ouvrage. James Baldwin nait à Harlem en 1924. Son parcours de batârd, d'enfant noir devenu homme, d'homosexuel mérite toute l'attention qu'Alain Mabankou y porte avec son regard d'homme et sa plume d'écrivain. Ses deux identités que les deux hommes revendiquaient au dessus de tout sont sans doute la base fondamentale des liens qui les unissaient et les unit sans doute encore au travers des écrits d'Alain Mabanckou. Sans aucun doute, cette lettre est un prétexte pour Alain Mabanckou d'aborder les sujets qui lui tiennent à coeur: la place de l'afro-américain, l'antisémitisme des noirs , la place de la littérature dans l'engagement.... Un livre profond, un humanisme sincère, un grand moment de littérature qu'Alain Mabanckou offre au lecteur.
Marie-Laure

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