Solitude et servitudes judiciaires : Suivi de Le juge antiterroriste : juge ou partie ?
C'est quoi le terrorisme, le vrai ? Comment se distingue- t-il de la résistance, de la guérilla ou encore de la guerre de libération ? A-t-il vocation à se substituer aux conflits armés traditionnels ?
A travers son ouvrage, le juge antiterroriste Gilbert Thiel rappelle que contrairement à une idée reçue, le terrorisme n'est pas un phénomène exclusivement contemporain, qu'il remonte en fait, peu ou prou, à la nuit des temps...
Il retrace l'histoire des différentes mouvances extrémistes qui, ayant fait de la violence « leur fonds de commerce », se sont manifestées de par le monde, singulièrement en Europe et plus particulièrement encore en France pendant les quatre dernières décennies. Le récurrent débat de l'équilibre entre les libertés et les préoccupations sécuritaires trouve également toute sa place dans ce livre. Mais avant de se prononcer sur la place du juge dans ce domaine si particulier, Gilbert Thiel s'est attaché à dépeindre l'évolution du système judiciaire français et du corps judiciaire au cours de ses trente années de carrière, la justice étant, depuis l'élection en 2007 de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dans l'oeil du cyclone élyséen voire de la classe politique dans sa grande majorité.
La judiciarisation de la société, le concept de « tolérance zéro », le renforcement de la répression et son corollaire, la surpopulation carcérale, les risques de politisation du « nouveau » Conseil supérieur de la Magistrature, la méfiance croissante des citoyens face à une institution judiciaire pourtant chaque jour davantage sollicitée, la reprise en main des parquets et de la police judiciaire après l'éclosion dans la décennie 1990 des affaires politicofinancières, sans oublier l'incroyable « turn-over » qui préside à l'attribution des postes de responsabilité à la Chancellerie depuis l'arrivée de Rachida Dati, sont autant de phénomènes qui conduisent le lecteur à s'interroger non seulement sur les marges d'indépendance de la justice soumise aux vents mauvais du populisme pénal, mais aussi sur les capacités de la magistrature, jugée par l'Elysée comme étant « docile », voire « éteinte », à les défendre.
