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Des femmes bien informées
De Carlo Fruttero
Editeur : Robert Laffont
Parution le : 16 Août 2007

Un crime...
Huit femmes...

On découvre dans un fossé de la périphérie de Turin le cadavre d'une jeune prostituée roumaine.
Crime des bas-fonds ?
Règlement de comptes ?
Trouble machination ?
Tandis que la police piétine, huit femmes prennent tour à tour la parole.
Chacune raconte ce qu'elle sait, ou croit savoir, ou feint de ne pas savoir.
Car chacune est, de près ou de loin, mêlée à ce meurtre...

Le retour de Carlo Fruttero, avec son premier roman sans Lucentini : de la grande manipulation, du grand polar, une comédie de moeurs aussi impitoyable que savoureuse.

Un succès spectaculaire lors de sa parution en Italie : 200 000 exemplaires vendus en un mois.


Né en 1926 à Turin, Carlo Fruttero y vit toujours -et y situe l'action de ce nouveau «thriller turinois», en hommage à La Femme du dimanche, son premier succès, cosigné avec son indéfectible complice Franco Lucentini, mort en 2002. Pendant près de quarante ans, Fruttero et Lucentini ont été les enfants terribles des lettres italiennes, un couple indissociable, un duo littéraire unique, entré dans le club des best-sellers internationaux par le biais de polars «métaphysiques» ingénieux et bourrés d'humour. L'Amant sans domicile fixe, l'un de leurs chefs-d'oeuvre épuisé depuis trop longtemps, reparaît simultanément en «Pavillons Poche».

Extrait

Oui, en pratique, c'est moi qui ai découvert le corps de cette femme dans le fossé et qui ai appelé les carabiniers, de mon portable, sans y réfléchir à deux fois. Qu'est-ce que je pouvais faire, rentrer tranquillement chez moi, me préparer un café et ne plus y penser, je n'ai rien vu, ce ne sont pas mes affaires, et la putain, quelqu'un d'autre la trouvera ?
Je n'ai pas cette mentalité, sans compter que dans mon métier de surveillante-chef, je suis aimablement priée de toujours garder les yeux bien ouverts tous azimuts. Cesare, mon mari, ce n'est pas qu'il m'ait vraiment crié dessus, mais il est du genre à dire et à répéter - comme il l'a fait encore cette fois-ci - qu'il y a des choses dont il vaut toujours mieux rester à bonne distance, que tout ça est un monde dangereux, drogue, esclaves du sexe, maquereaux, clandestins de toutes races, et que pour peu qu'on mette un doigt dans l'engrenage, on ne sait jamais comment ça va finir. Un minimum de prudence, de bon sens, selon lui. Un maximum de trouille, selon moi, parce que Cesare est un trouillard, un gros lâche, j'en ai fait l'expérience mille fois. D'ailleurs, tous les hommes sont grosso modo comme lui : pas d'ennuis, par pitié, pas de complications. C'est pour ça qu'ils vont voir les putes : un moment de douce intimité dans la voiture, on paie ce qu'on doit et au revoir, personne n'a rien vu, même si ensuite on s'aperçoit qu'ils ont chopé le virus.
Je ne sais pas si Cesare va y goûter aussi, à la douce intimité, j'espère que non, je préfère encore ne pas savoir ! Mais la fille, à coup sûr, c'en était une, de putain. Pas d'erreur possible. Morte ? Aucun doute. Oh, ce n'est pas que je l'aie touchée, parce que ça m'a impressionnée, pour tout dire. Mais pas endormie ou évanouie, il suffisait de la regarder. On aurait dit un sac qu'on aurait jeté là. Et puis, minijupe en faux croco rouge, bas résille noirs, un haut noir remonté jusqu'aux aisselles, une sandale avec un talon de la taille de mon bras, l'autre perdue
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2008-01-13Note : 4/5
Savoureux
Autour du meurtre d'une jeune ex prostituée retrouvée dans un terrain vague de la banlieue de Turin, un livre à plusieurs voix -que des voix féminines- qui s'entrecroisent pour tisser l'intrigue et amener le lecteur, par petites touches, à la découverte de la vérité.
Et ces voix de femmes italiennes -de la serveuse de bar à la grande bourgeoise en passant par la "sauveuse" de prostituées au grand coeur-, restent toujours, même dans les circonstances les plus dramatiques-, savoureuses et pleines d'humour pour parler de leur vie, de leurs hommes, de leurs rêves et de leurs désillusions et pour dissimuler la vérité dans le non dit le trop dit et les demi mensonges.
Bref, un très bon polar, vif, des chapitres courts, et qui nous en apprend finalement beaucoup sur l'Italie d'aujourd'hui.

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