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Le corset invisible
De Eliette Abécassis, Caroline Bongrand
Editeur : Albin Michel
Parution le : 1 Mars 2007

Aujourd'hui, que vivent vraiment les femmes ? Les femmes n'en peuvent plus de faire le grand écart entre le travail et la vie familiale, d'être accablées de tâches ménagères, de se débattre dans le divorce, d'être affamées par les régimes, terrifiées par leur poids et par leurs rides, de recevoir de la société le message qu'elles ne sont jamais assez belles, performantes, bonnes mères, bonnes épouses. Il est temps de faire le bilan de la condition féminine et de tenter de comprendre ce qui ne va pas. Pourquoi une femme qui réussit sa carrière reste célibataire. Pourquoi celle qui se marie amoureuse est, cinq ans plus tard, au bord du divorce. Pourquoi ni l'homme ni la femme ne trouvent leurs marques dans la relation de couple. Pourquoi les femmes ont tellement peur de la ménopause. Pourquoi la société actuelle ne leur laisse pas d'autre choix que d'être toujours plus minces et toujours plus jeunes. Pourquoi elle leur inflige une telle pression. La femme moderne se voulait libérée, elle se retrouve " esclavagisée ", prise dans un corset, mais un corset invisible.


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2008-04-05Note : 1/5
Mauvaise foi insuportable et simplification outrancière
Revoilà le discours essentialiste : les femmes étant différentes des hommes "par nature", elles ne doivent pas tenir le même rôle dans la société. Les auteures ne nous citent pas les sources de ces fameuses études qui tendraient à prouver que le cerveau des femmes est intrinsèquement différent de celui des hommes. Il faudrait qu'elles sachent que de nombreuses études tendent à prouver le contraire, lire les livres de Catherine Vidal. Il ne s'agit pas de dire que tout le monde est pareil, mais que les différences sont entre tous les individus. Revoici "Mars et Vénus".

Et, évidemment, les méchantes féministes, qui, au passage, ont quand même lutté pour que les femmes aient le droit de vote, portent des pantalons, puissent travailler sans l'autorisation du maître, pardon du mari (cela ne veut pas dire "être obligée" de travailler, une nuance que les auteures semblent ne pas comprendre), avorter, ou prendre la pilule etc., sont la cause de tout les malheurs des femmes.
Ces méchantes ont "obligé" les femmes à travailler, ce qu'il fait qu'elles ressentent un "burn-out" parce qu'elles ne peuvent plus supporter la double journée. Parce que les femmes ne sont pas des adultes capables de choisir leur vie par elles-mêmes et les féministes (ce mot est une insulte sous leur plume) leur ont mis le couteau sur la gorge, c'est vrai qu'elles ont pris le pouvoir, selon certain/e/s, et qu'évidemment elles sont violentes. Ce sont aussi sans doute les féministes qui ont "obligé" les hommes à ne quasiment rien faire à la maison, parce que le problème des femmes surchargées, il est peut-être plutôt là, non ? Selon les auteurs, les hommes n'ont sans doute pas le cerveau adapté aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants... En moyenne, même si certains font beaucoup, ils n'accomplissent que 15% des tâches ménagères.
C'est aussi à cause des méchantes féministes que toutes les femmes (selon les auteures, pas une n'en réchappe !!) vivent dans "un corset invisible", c'est-à-dire qu'elles sont obsédées par leur ligne et leur âge et qu'elles souffrent de dysmorphophobie. En bref, le féminisme aurait emprisonné les femmes pire que le corset. Ne serait-pas plutôt la société de consommation alliée au machisme ambiant (les femmes ne sont encore majoritairement "valorisées" qu'à travers leur plastique, et notamment par leurs parents ou leur entourage dès le berceau) qui cherche à complexer la consommatrice (mais le consommateur aussi, grâce à une autre aliénation) pour leur vendre des produits ? Ca n'a rien avoir avec le féminisme (bien qu'il n'y ait pas qu'un seul féminisme) et les féministes s'y opposent.
Le but de la société de consommation n'est surtout pas de libérer les gens. Nous ne sommes plus des citoyens mais des consommateurs. Et pour vendre, il faut complexer.

Nos grands-mêmes, semblent penser les auteures qui ont la mémoire très courte, étaient bien plus heureuses que nous. Car elles restaient à leur place "naturelle", donc n'étaient pas surbookées. Un travail de mémoire serait salutaire.

Les auteures, reconnaissent - fait positif - la prostitution comme qqchose de cruel et d'affreusement destructeur, serait-ce encore de la faute des féministes (on pourrait peut-être leur faire porter le chapeau de l'explosion de la traite en Europe de l'Est, par exemple ?). Juste une idée comme ça.

Il est de bon ton actuellement de chercher un bouc émissaire à tous les problème de la société, certains prennent mai 68, comme Sarkozy, la plupart y ajoutant le MLF qui l'a suivi de deux ans, en 70. Ces explications sont d'un simplisme hallucinant outre qu'elles témoignent d'une mémoire très courte. On semble oublier les problèmes d'avant les années 60/70. La vie était alors un paradis, les hommes et les femmes vivaient des relations idylliques, l'autorité était là (l'autoritarisme ?), tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ce livre est dans la droite ligne de cette "pensée" réactionnaire. Il reprend à son compte les pires préjugés sexistes sur la différence des sexes (les hommes auraient ainsi plus de désirs sexuels que les femmes, un grand mensonge qui perdure) qui permettent de justifier les inégalités. Ca vaut le racisme, prétendre que le cerveau des Noirs est plus faible ou moins perfectionné pour justifier toutes les injustices à leur égard (donc, à une époque, l'esclavage et le colonialisme). C'est du même tonneau mais contre les femmes. Et puis écrit par deux femmes, la parole porte mieux. Malheureusement, les "intellectuelles" qui soutiennent le patriarcat, il y en a beaucoup et, comme par hasard, c'est surtout ces dernières dont on parle, les autres étant plus ou moins passées sous silence parce qu'elles contestent l'ordre établi.


2007-06-03Note : 4/5
Aaah les femmes !
Un esprit féminin qui à une vision masculine du féminisme est fort judicieux pour narrer ce texte. Un homme apprends à chaque chapitre ce qu'une femme française vit, peut vivre, dans notre société de consommation. Fort instructif et iconoclaste dans la lignée d'un mi-pamphlet, mi-essai vers la gent féminine. A lire....

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