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Les belles choses que porte le ciel

Les belles choses que porte le ciel

Auteur :

Editeur : Albin Michel

Sélection Rue des Livres

« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »

Avec ce premier roman brillant et sensible, Dinaw Mengestu, jeune écrivain américain d’origine éthiopienne, s’impose d’emblée comme un auteur majeur. L’exil, le déracinement sont au cœur de ce roman qui révèle un extraordinaire talent d’écriture et une maturité singulière.

Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques. Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères. Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire…

Né en 1978 à Addis-Abeba, Dinaw Mengestu et sa famille ont quitté l'Ethiopie, alors en proie à une terrible révolution, pour les Etats-Unis en 1980. Diplômé de la Columbia University, il a enseigné la littérature anglaise à Georgetown University, il collabore à divers magazines dont Harper's et Rolling Stone (où il a publié des reportages sur le Darfour et le Tchad). Le New York Times vient de solliciter sa collaboration. Les belles choses que porte le ciel, est en cours de traduction dans une dizaine de pays.

21,80 €
Vendeur : Amazon
Parution :
303 pages
ISBN : 978-2-2261-7976-0
Extrait

Lorsque les travaux dans la maison eurent suffisamment progressé pour que Judith puisse emménager, vers la fin du mois d'octobre, je commençai à la voir plus fréquemment dans le quartier. Je l'apercevais souvent en train de lire, assise sur l'un des bancs, devant le général Logan, en fin d'après-midi, nullement gênée par les hommes ivres qui dormaient ou titubaient autour d'elle. Un tourbillon de feuilles mortes et de détritus s'élevait de temps à autre au pied du socle de la statue de Logan et voletait dans l'air, comme délibérément, pour attirer l'attention. Judith, cependant, paraissait aussi indifférente à ce qui l'entourait que le général Logan lui-même, perché sur son cheval ; elle avait les jambes bien croisées, avec une chaussure qui pendait un tout petit peu à son pied, et elle bougeait légèrement la tête chaque fois qu'elle tournait une page. Je l'admirais de loin ; sa façon de s'asseoir, sûre d'elle, oublieuse du monde, ses cheveux parfois soulevés par un coup de vent, révélant alors les longues lignes élégantes de son cou. Elle balayait ses cheveux en arrière d'un geste net qui suggérait une concentration totale sur ce qui se trouvait devant ses yeux.
Elle prit l'habitude de s'arrêter de temps à autre à l'épicerie l'après-midi pour prendre du lait ou des bonbons pour sa fille, et nous bavardions alors brièvement sur le temps, le quartier, les enfants.
«Vous avez des enfants ? me demanda-t-elle un jour.
- Pas à ma connaissance. Mais j'y travaille.
- Dommage. C'est plus facile si on les connaît.
- J'essaierai de m'en souvenir, la prochaine fois.» (...)

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