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Les Âmes grises

Les Âmes grises

Prix des Lectrices de Elle 2004 et Prix Renaudot 2003

Auteur :

Editeur : Stock

" Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé
- C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil
- La paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette.

19,10 €
Vendeur : Amazon
Parution :
284 pages
ISBN : 978-2-2340-5603-9
Les avis

« Je ne sais pas par où commencer ». Vingt ans après son enquête sur « l’affaire », le policier inspecteur, est encore bien troublé. .. Remonter le fil, toujours remonter le fil, la mécanique intime des personnages qui ont eu à traiter de « l’affaire » qui a donné le tournis à une petite ville de Lorraine en 1917. La Grande Guerre tonne au loin, en bruit de fond. Elle rejette par intermittence des soldats éclopés, fourbus, avides d’alcool et de filles pour oublier le front. Et pourtant ce n’est pas la guerre qui a tourneboulé la belle ordonnance sociale de la cité. Un matin on a retrouvé le corps d’une petite fille tuée et violée, une petite belle comme le jour qui ressemblait « à une princesse de conte aux lèvres bleuies et aux paupières blanches » et dont « les cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel ».Tournent autour du petit cadavre, Destinat : Monsieur le Procureur, « un homme grand et sec qui ressemble à un oiseau froid » et le juge Mierk sous son chapeau Cronstadt, aimant déguster des œufs mollets au-dessus des corps qu’il examine. Ce sont des notables que l’on craint, que l’on salue bien bas.
Ils se détestent, ils se jaugent, ils se soupçonnent ?...Le policier observe, enquête, lui qui traîne un drame personnel inavouable et qui craque devant Fifine la marchande de peaux de lapins, son amie d’enfance.
« Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est tout noir ni tout blanc. C’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes c’est pareil… T’es une âme grise comme joliment grise, comme nous tous ». Fifine en a tellement vu !
Une histoire forte, ciselée au petit burin, sans emphase, sans pathos, sans morale. Une écriture exceptionnelle.

foxie

Une enfant est assassinée dans un village en marge de la « grande guerre », aux portes de l’enfer.
Le narrateur, l’un des protagonistes de « l’Affaire », l’une de ces âmes ni blanches, ni noires façonnées par la vie, nous lègue un récit sombre sans concession, le reflet réaliste et magnifiquement écrit des souffrances humaines.

Cat2008

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