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Henri ou Henry : Le roman de mon père
De Didier Decoin
Editeur : Stock
Parution le : 7 Juin 2006
Sélection Rue des Livres

Oui, la vie d’Henri Decoin valait bien un roman. Et elle valait bien un roman de son fils. On n’a pas retenu de Decoin père qu’il avait été dans sa jeunesse, recordman de France de natation et sélectionné pour les Jeux olympiques de 1912. On ne se souvient plus de lui comme ayant fait partie de l’escadrille de Guynemer durant la Première Guerre mondiale. C’est pourtant durant la Grande Guerre qu’Henri Decoin se met à écrire des nouvelles. Démobilisé, il se lance dans une carrière de journaliste sportif puis dans le cinéma et c’est avec sa deuxième femme, Danielle Darrieux – qu’il a épousée en 1935 – qu’il commence à connaître le vrai succès. Le couple ayant signé un contrat avec Universal (elle comme actrice, lui comme superviseur ), ils partent tous deux aux Etats-Unis fin 1937. Parce que cela fait plus américain, Henri fait place à « Henry ». De retour en France, ses films jusque-là plutôt légers deviennent plus noirs, plus profonds, des films qui pour certains deviendront de vrais chef-d’œuvres du patrimoine cinématographique français : La Vérité sur bébé Donge (1952), Razzia sur la Schnouf (1955)… De la vie de ce père au destin exceptionnel, Didier Decoin a fait un roman où tout est vrai. Un livre irrésistible, drôle, sensible. Un livre dans lequel transparaît l’éblouissante personnalité d’Henri Decoin et le formidable amour que lui voue son fils.

La presse en parle

Ddier Decoin réussit ce tour de force de raconter la vie de son père, comme s'il s'emparait de la vie d'un autre. Les faits sont vrais, recoupés, mais Didier Decoin écrit un roman. Et son livre est envoûtant, c'est une vie pleine, pleine d'envie et d'énergie commencée au début du 20è siècle qu'il narre, hommage à ce père pas doué pour la vie conjugale, marié 4 fois, "un père fait pour avoir des enfants et des chats" écrit l'auteur. Nous connaissons Henri Decoin, homme public, cinéaste, romancier, journaliste, scénariste, marié, un temps, à Danièle Darrieux. Le roman commence d'ailleurs par l'arrivée du couple en 1937 aux Etats-Unis, fabuleux récit. L'actrice française, très joliment décrite, n'a que 21 ans. Il en a plus du double. Ils ont signé pour 7 ans à Hollywood, mais rentrent au bout de 8 mois, refusant de se plier aux contraintes des studios. Decoin raconte son père dès l'enfance, sans tomber dans le biographique, mais avec une plume alerte qui donne à voir. Un homme bien, courageux et créatif se dessinne au fil des pages. On le voit se former dès l'enfance, on l'aime, d'emblée, ce gosse débrouillard, né dans une famille pauvre qui commence par vendre des bidons de lait puis travaille chez un fourreur juif et, sportif, nage, nage... Et quand il voit au cinéma les nageurs nager tellement vite, car à l'époque les images sont rapides, il veut faire aussi bien et du coup, remporte à 17 ans, le titre de champion de france de natation. Quelle énergie! Dès qu'une nouveauté se présente à lui, il la saisit. Autodidacte, il achète une encylopédie pour apprendre les mots, l'histoire. Peu à peu, le journalisme l'attire puis l'écriture et le cinéma. Le ton est joyeux, jamais larmoyant, même si Decoin révèle les pages les plus tristes de son père, la guerre 14, qu'il vit d'abord dans les tranchées. Il est blessé et perd son jeune frère. "Mon père avait vingt ans, écrit le fils, il n'avait jamais été un enfant". La boulimie de vie de celui qui devient ensuite cinéaste est fascinante. C'est un naïf, un utopiste qui réalise ses rêves. Ecrire, tourner, aimer, et même réussir "des divorces aussi gais que des mariages". Nous sommes le 21 juin, et ce roman a tout pour devenir votre livre de l'été.

Vincent Josse, France Inter

Commentaires Amazon

2006-11-23Note : 5/5
Quelle vie !
Une vie aussi riche, surprenante et intense vaut le coup d'être vécue, d'être racontée et d'être lue. On est emporté dans le tourbillon de Decoin père par l'écriture subtile, légère et drôle de Decoin fils. Merci pour cette bouffée d'air frais et cet hymne à la vie.

2006-08-25Note : 5/5
mon père, ce héros
Très bel hommage de Didier Decoin à son père, écrit dans une belle langue bien de chez nous. Henri ou Henry, ce héros ou ces héros à qui presque tout réussi nous donne de l'énergie. Autodidacte brillant tant pour sa tête que pour son corps, il est l'exemple même du courage et de la volonté. Faisons que ce beau roman sur la vie d'un homme bien remplie soit un écho auprès de nos jeunes têtes blondes !

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