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Désintégration

Désintégration

Auteur : Ahmed Djouder

Editeur : Stock

« Nos parents ne joueront jamais au tennis, au badmington, au golf. Ils n’iront jamais au ski. Ils ne mangeront jamais dans un restaurant gastronomique. Ils n’achèteront jamais un bureau Louis Philippe, une bergère Louis XV, des assiettes Guy Degrenne, des verres Baccarat, ni même un store Habitat. Ils n’assisteront jamais à un concert de musique classique. Ils ne posséderont jamais de leur vie un appartement ou une jolie propriété quelque part en France où finir leurs jours tranquillement. Non, ils ont préféré investir dans des maisons au bled, en ciment, au prix de plusieurs décennies de sacrifices, qui ressemblent vaguement à des cubes et qu’ils appellent des villas. »

Vendeur : Amazon
Parution :
ISBN : 978-2-2340-5926-9
Les avis

La presse en parle

Ahmed Djouder accuse. Qui? Nous. Nous qui, d'instinct selon lui, n'aimons pas les immigrés et les fils et filles d'immigrés. "Quand cesserez-vous de nous regarder comme des immigrés, des étrangers, des voleurs, des terroristes" demande celui dont on apprend sur la 4è de couverture qu'il a réussi puisqu'il est éditeur. Son livre tient à la fois du pamphlet, mais aussi du document sociologique et de la poésie. Le pamphlet? C'est la deuxième partie du livre. Celle dans laquelle l'auteur s'énerve, peste contre notre notre racisme latent. S'il y a des émeutes en banlieue, s'il y a des actes de déliquance de la part des gamins des quartiers, c'est que nous acceptons leur situation inacceptable, comment pouvons nous les laisser croupir dans ces cités mal famées? Nous rejetons les enfants d'immiogrés comme nous avons rejeté leurs parents. Et du coup, ces derniers se sont arc boutés sur leurs traditions. Les politiques de l'immigration n'ont jamais amené ces deux cultures à se mélanger, au contraire. "Vous n'avez pas compris qu'en voyant la souffrance de nos parents, ns ns sommes retournés ctre vous et que, malheureusement, ns avons rejeté vos principes, vos valeurs, vos traditions, votre peuple, votre culture". On peut s'énerver un peu contre cette charge, juger que l'auteur a beau jeu de nous culpabiliser, que propose -til à part de changer de regard? Mais le livre n'est pas qu'un champ de mines, c'est ce qui fait son intérêt, c'est aussi un chant d'amour pour sa culture d'origine. La première moitié du livre, la plus belle, témoigne de cet amour. C'est là qu'Ahmed Djouder fait preuve d'un vrai talent d'écrivain. Il trouve un style particulièrement original pour décrire ce qu'est au quotidien, une famille d'immigrés. Des parents incapables de transmettre leur culture une fois expatriés, des fils qui pensent que les femmes "sont soit des putes qui nous répugnent soit des saintes qu'on respecte", des mères souvent grosses avec des tables en formica. (extrait lu) C'est ça, l'intérêt, la force réelle de ce livre, cet étonnant mélange d'amour, d'humour et de pudeur d'un fils.

Vincent Josse, France Inter

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