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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | La Promenade des Russes De Véronique Olmi Editeur : Grasset Parution le : 3 Septembre 2008
Une très jeune fille, Sonia, vit à Nice avec sa grand-mère russe, laquelle se partage entre samovars et nostalgie du "paradis perdu". De fait, la petite Sonia ne sait pas vraiment à quel monde elle appartient. On suit son éducation sentimentale et morale entre deux mondes distincts. Il y a là le pittoresque du midi et le tourment slave ; des odeurs mêlées d'ail et de thé ; des douleurs causées par une mère absente et des remèdes imaginés par une grand-mère qui, pour survivre, adore (se) mentir à elle-même et aux autres. Un roman d'atmosphère et de sensation, où Véronique Olmi ruse avec sa propre biographie. |
Commentaires Amazon| 2008-09-30 | Note : 4/5 | Petite fille de ma rue Sonietchka, treize ans, vit seule avec sa grand-mère Macha, rue Rossini à Nice. Cette dernière, née en 1901, se prétend être la seule survivante (encore en vie) de la Révoluation Bolchévique et ainsi tout connaître du mystère Anastasia, la princesse disparue. Elle écrit de longues lettres au directeur d'Historia, qui ne lui répond jamais.
Sonia s'ennuie beaucoup, elle rêve de plage et de Manderley (le soir, dans son lit). Elle veut de la vie, de l'amour, un signe de tendresse. Sa mère est partie on-ne-sait-où, son père fait sa vie de son côté, seule reste sa grand-mère, trop protectrice. C'est la croix et la bannière pour mettre un pied hors du foyer. Un jour, elle ment et se rend en cachette à un rendez-vous fixé par Olga, sa mère. C'est le point de départ d'une existence qui va foutre le camp.
L'histoire est racontée par l'adolescente de treize ans, ce qui donne beaucoup de fraîcheur, de légèreté, d'humour et de naïveté au récit. Cela masque le souci premier que présente l'intégration des étrangers dans un pays inconnu, pour Sonia c'est un problème voilé. Elle ne se sent pas russe, à l'instar de sa mère qui a choisi de fuir tout ce qui s'en approchait, elle ne se sent pas française non plus. Elle aurait aimé être une Camille Dubois, plus passe-partout, mais elle est Sonietchka, détentrice d'un flambeau que lui brandit sa Babouchka (et qui lui pèse franchement).
On embarque facilement dans le coeur de ce récit, teinté de poésie, de blues, de drames familiaux, de grandeurs et décadences du royaume russe... On s'attache énormément à cette petite Sonia, une adolescente pas comme les autres, et on a du mal avec sa grand-mère (vraiment une femme qu'on admire et qu'on ne comprend pas non plus). Elle est sèche, sévère, excessive, peut-être un peu toquée aussi.
On cernera mieux son histoire en ayant tout lu le roman, pourquoi toutes les femmes de cette famille sont si vulnérables et comment le passage du relais, entre les générations, peut s'assurer sans peine ni heurts. Pour cela, le livre possède un charme secret qu'on ne soupçonne pas forcément à la première lecture, c'est simplement en laissant passer le temps qu'on se surprend à conserver une profonde tendresse et affection pour cette histoire (et pour les personnages !). Vraiment troublant, ce roman. Il est tourné vers la nostalgie, les non-dits, les secrets de famille, mais il n'est jamais morose pour autant. C'est un beau roman, pas facile à décortiquer mais on lui conserve, au chaud, un vrai sentiment de reconnaissance.
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