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Une histoire de France
De Alain Minc
Editeur : Grasset & Fasquelle
Parution le : 24 Septembre 2008

Alain Minc est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages qui sont autant de best-sellers. Ni grand ni petit historien, tout au plus «historien du dimanche» - au sens où Levinas parlait des «talmudistes du dimanche» - Alain Minc se risque ici à nous raconter son histoire personnelle de la France, de la Gaule du IVème siècle jusqu'à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Promeneur de l'Histoire, il s'autorise tout ce que s'interdisent les historiens professionnels : rompre les enchaînements de faits, chercher des comparaisons dans le présent pour expliquer le passé (péché d'«anachronisme»), repérer les récurrences plutôt que l'unité des événements, établir sa propre hiérarchie des grands carrefours, des noeuds, des points de bascule de notre roman national, au mépris de la linéarité du temps et des vérités établies, imaginer ce qui aurait pu se passer différemment (péché d'«histoire-fiction»).
Cette histoire personnelle de la France est donc portée par des partis pris, une forme assumée de superficialité et des choix par définition contestables. Ce n'est pas manquer de respect aux maîtres de cette discipline que de se lancer dans une telle aventure. Alain Minc le fait avec la bénédiction posthume de Fernand Braudel qui lui avait murmuré il y a vingt-cinq ans : «Ecrivez une histoire de France : il n'y a pas de plus bel exercice intellectuel. N'ayez pas peur des historiens : ils ont besoin que l'on braconne sur leurs terres».
Passionnante de bout en bout, cette singulière histoire de France livre à la fois un regard subjectif et une vaste fresque objective à laquelle le talent pédagogique et synthétique de l'auteur confèrent une dimension éducative incontestable. Quiconque maîtrisera le contenu de faits, d'analyses et de synthèse de cet ouvrage apprendra en s'amusant toute son histoire de France.


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2009-01-04Note : 1/5
Il ne s'est pas foulé!
Il ne s'est pas foulé Minc sur ce coup-là! Ce récit, d'une linéarité affligeante, sans beaucoup d'apport et dont les rares commentaires sont d'une simplicité carricaturale, est une véritable déception. J'attendais plus, j'attendais mieux. Je pense qu'une batterie de nègres en Année Préparatoire à Sciences Po ont commis cette compilation sans envergure des Mallet Isaac (d'où la linéarité) avant que Minc ne rajoute quelques comparaisons souvent faiblardes, rarement éclairantes. Relisez un bon livre d'Histoire, fait par un (des) spécialistes(s), vous y gagnerez.

2008-12-09Note : 1/5
Ecrire une histoire que l'on déteste..
... voilà qui demande du talent et beaucoup de rigueur, ce qu'ont su faire de grands historiens comme Ian Kershaw à propos de Hitler et du nazisme. Cela demande un travail des sources très rigoureux.
Rien de tout cela, bien sûr, chez le plumitif Minc, autrefois condamné sévèrement pour plagia à propos de son livre sur Spinoza (il avait pompé une thèse et fut poursuivi par son auteur - en fait, il n'était pas au courant, car il fait écrire ses livres par des nègres).
Comme le dit un commentaire d'un béat , ce livre a de quoi faire frémir les historiens. C'est truffé de clichés modernistes qui sont des aberrations chronologiques "Clovis, le premier des immigrés".
Mais tout cela n'a qu'un objectif: réécrire l'histoire version bobo pour donner une base à la haine pathologique de la France qui anime ces Minc, BHL, et autres profiteurs du système.
Un livre à offrir à Noël à quelqu'un que vous n'aimez pas, pour bien lui montrer que vous le prenez pour assez bête pour gober ces histoires - car bien sûr, ce n'est pas "de l'Histoire".
On y préférera, bien sûr, le beau livre de Jean Claude Barreau Les Racines de la France, à offrir à ceux que vous aimez.

2008-11-17Note : 4/5
pertinent...
Une histoire de France et non L'histoire de France, voila un livre qui a le mérite de sortir des sentiers battus, avec une approche plutôt originale voir amusante mais qui est loin d'être médiocre, en sommes une hérésie pour les historiens et rien que pour cela il faut le lire, il n'y a pas de Science-fiction, rien n'est inventé juste des réflexitions et mises en avant de certains faits, d'accord pas d'accord ce n'est pas le sujet du livre qui n'est pas là pour réécrir l'histoire, mais pour la sortir de ça "naphtaline institutionnelle", à lire....

2008-10-28Note : 1/5
Approximations, erreurs, impostures
Je me réfère à l'excellente analyse écrite par le Général Pierre-Marie Gallois sur le site Les Manants du Roi. L'analyse est illustrée et plus longue que l'extrait que je cite.

Alain Minc fustige, c'est son lot quotidien, la France et son défaut d'esprit d'entreprise présumé, ses ambitions limitées. Il se trompe lourdement, comme à son habitude :

"« Mauvaise relation avec le capitalisme. Elle est due à la révocation de l'Edit de Nantes, à la faillite de John Law, au traité de Paris qui eut pour conséquence l'abandon de nos colonies outre-atlantique pour n'être qu'une puissance continentale ».

L'essentiel c'est que si la « France s'est cantonnée à n'être qu'une puissance continentale », c'est qu'elle a été, traditionnellement, menacée d'invasion terrestre et qu'elle ne pouvait pas, comme la Grande-Bretagne, se doter d'une importante force navale car le Rhin n'est pas la Manche et, pour elle l'ennemi - permanent - est à l'Est, sur le continent. D'où la priorité aux forces terrestres.

Minc : "La France a été le seul pays d'Europe à pouvoir opter pour la puissance maritime ou continentale, voire les deux."

Il insiste, commet la même erreur : ouverte sur la plaine du nord, la France ne pouvait qu'être militairement qu'une puissance continentale. Si Minc avait lu l'amiral Mahan, il n'aurait pas écrit une telle contre-vérité.

Si la France l'emporta à Austerlitz, et s'inclina à Trafalgar c'est que Londres était protégée par les mers et pouvait consacrer ses ressources aux métiers de la mer, pas Paris. "

Minc commet plusieurs autres contre-sens en affirmant que «La mauvaise relation de la France avec le capitalisme m'apparaît comme un thème majeur. Analysée d'un point de vue historique, elle vient d'une succession de trois événements : la révocation de l'édit de Nantes, la faillite bancaire de John Law et le traité de Paris de 1763».

Certes si la révocation de l'Edit de Nantes ruina en gande partie l'oeuvre de Colbert, il convient de se rappeler qu'à la même époque de la faillite bancaire de John Law, la spéculation en Angleterre et en France aboutirent au krack de la Cie des Mers du Sud et au suicide du ministre anglais des Postes tandis que le gouvernement était renversé. La crise britannique fut encore plus grave que la française. Cependant le capitalisme n'en souffrit pas. Au contraire, l'industrie se développa."

Minc, s'il avait lu Braudel, dont par imposture il se réfère, n'aurait pas écrit ce contre-sens.

Minc poursuit "la faillite de John Law ... a provoqué un dégoût de la monnaie" ... ce qui nous plonge dans une grande perplexité, le siècle suivant témoignant (Balzac) de l'importance de l'argent dans la société française.

Le pire est encore à venir :

" « Bismarck, l'homme sage qui ne cesse de se retenir.... Clemenceau l'homme qui fonce et ne comprend rien... le traité de Versailles fut l'un des actes les plus malencontreux de l'Histoire. »
L'homme sage, « qui ne cesse de se retenir » n'en a pas moins lancé 60.000 hommes à l'assaut du petit Danemark (1864) pour reprendre le Schleswig, à la population danoise en majorité. « Homme sage », il se joue de Napoléon III lors de l'entrevue de Biarritz afin de s'assurer de la neutralité de la France pour s'en prendre plus librement à l'Autriche, et c'est Sadowa.

Sans doute est-ce toujours cette « sagesse » qui inspira Bismarck lorsqu'il impose à la France le traité de Francfort : annexion de l'Alsace, absorption d'une partie de la Lorraine - dont Metz - plus de 6 milliards d'indemnités, occupation militaire de la France jusqu'au paiement du dernier franc. Et c'est toujours avec « sagesse » qu'il força plus de 1,5 million de Français à passer sous la coupe de l'Allemagne, contraignant 300.000 d'entre eux à fuir leur terre.

En réalité, il mit en pratique avec ruse, et aussi brutalité, les idées des pangermanistes allemands du siècle (Herder, List, Naumann, Ratzetter, Treitschke... dont les thèses conduiront au national-socialisme et aux tristes manifestations de la barbarie allemande).

C'est encore l'Allemagne, cette fois celle de Guillaume II, qui encourageant l'Autriche à la fermeté contre la Serbie à la suite de l'assassinat du grand duc François-Ferdinand (28 juin 1914) réunit les conditions de la guerre de 14-18. Après l'entrée en guerre des Etats-Unis et l'envoi sur le théâtre des opérations de plus d'un million d'hommes, c'est pour l'Allemagne la défaite et la décomposition du régime : révoltes populaires, conseils d'ouvriers et de soldats, fuite de l'empereur en Hollande. Du 30 octobre au 11 novembre sont signés les armistices.

A Rethondes, Washington intervient imposant aux Alliés de respecter la déclaration des 14 points de Wilson. Aussi les conditions de cet armistice sont-elles surprenantes : Les Alliés anglo-saxons se contentaient de l'évacuation de la Belgique et de l'Alsace-Lorraine.

Heureusement pour la France Clemenceau « fonça » et obtint l'occupation de la rive gauche du Rhin, bien maigre compensation au regard de la ruine du nord-est de la France et des millions de victimes de la guerre. D'ailleurs, soucieux de leur sécurité plus que de celle de la France, les Etats-Unis exigèrent la livraison des sous-marins allemands, et la Grande-Bretagne des grands bâtiments de la flotte de guerre allemande.
La France devait se contenter de l'artillerie lourde et de matériels roulants. Etats-Unis et Grande-Bretagne aux territoires intacts vont dominer la conférence de la Paix et, ensuite, les fameuses Réparations."

Minc a écrit une "Histoire de France" conforme à son personnage embrouillé, lassant, trompeur, faux.

2008-10-18Note : 2/5
l'histoire est-elle une "science fiction" ?
Clovis, c'est "le triomphe d'un immigré" ; Charlemagne, c'est "le premier européen" ; le passage des Carolingiens aux Capétiens, c'est "la balkanisation à l'?uvre". Quant aux croisades, elles sont "le début du colonialisme français"... Historien du dimanche pleinement assumé, "braconneur" de l'histoire de France, Alain Minc nous prouve que l'histoire est aussi un jeu de l'esprit et peut-être plus encore : une sorte de science fiction...

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