Recherche
Plus d'un million de livres référencés
Ramon

Prix Jean Giono 2009

Ramon

Auteur :

Editeur : Grasset & Fasquelle

" Je suis né de ce traître, il m'a légué son nom, son œuvre, sa honte. Au centre de ma vie, depuis l'enfance : aimer ce qui est interdit, puisqu'on m'interdisait d'aimer l'objet de mon amour " : ainsi parle Dominique Fernandez de son père Ramon, à l'orée de cette enquête biographique, historique et intime. Le fils cherche à comprendre comment son géniteur, l'un des plus grands intellectuels de son temps, a pu être socialiste à trente et un ans, critique littéraire d'un journal de gauche à trente-huit, compagnon de route des communistes à quarante, fasciste à quarante-trois et collabo à quarante-six. Pour saisir le destin énigmatique de Ramon, Dominique Fernandez tresse serré trois fils. Celui de l'histoire littéraire - nous voici de plain-pied avec Proust, Gide, Mauriac, Paulhan, Céline, Bernanos, Saint-Exupéry Malraux, Duras, et tant d'autres. Celui de l'histoire politique en France et en Europe - le 6 février 1934, le Front populaire, la guerre d'Ethiopie, la guerre d'Espagne, celle de 1940, l'Occupation, sont autant d'événements auxquels Ramon est mêlé de près. Celui de l'histoire privée - comment un play-boy dépensier d'origine mexicaine, amateur de tango et de Bugatti, fait brièvement le bonheur puis durablement le malheur de la brillante sévrienne, fille d'instituteurs pauvres, qu'il épousa en 1926. Echec conjugal documenté jour après jour par les carnets intimes de l'épouse. Ces trois plans superposés, qui montrent comment les péripéties les plus intimes peuvent infléchir un destin, donnent à ce livre toute sa dimension romanesque.

25,25 €
Vendeur : Amazon
Parution :
807 pages
ISBN : 978-2-2467-3941-8
Les avis

La presse en parle

«Je suis né de ce traître, il m'a légué son nom, son œuvre, sa honte.» Ainsi Dominique Fernandez parle-t-il de son père, brillant intellectuel de gauche devenu collabo en 1940. Dans «Ramon», une somme de 800 pages, il essaie de comprendre ce fourvoiement.

[...]
Restent les faits, que le fils zélé accumule dans cette somme de 800 pages, chronique crépusculaire de la vie littéraire de l'entre-deux-guerres; restent les témoignages éloquents de ses contemporains, Gide, Mauriac, Martin du Gard, saluant tous une intelligence étourdissante; restent les carnets intimes de sa mère, qu'il a retrouvés et qui donnent la mesure, au jour le jour, du désastre familial; restent les livres lumineux de son père ombreux, qu'il relit avec la tranquillité que le temps veut bien donner au temps. On y ajoutera les intuitions qu'il avance sur l'hypothétique homosexualité de Ramon Fernandez ou sur son goût pour l'ordre fasciste qui n'eût été qu'une manière de mettre de l'ordre dans sa vie privée. En payant sa dette à un père qui s'est trompé mais qu'il n'a jamais cessé d'admirer, Dominique Fernandez tente, en abolissant le silence, d'effacer la honte. Son livre ressemble au petit cimetière du village de sa mère, situé dans le Livradois, qu'il évoquait dans «l'Ecole du Sud»: il est si haut perché que les morts semblent y dominer les vivants pour l'éternité. Même les morts déshonorés.

Jérôme Garcin, le Nouvel Observateur

Donnez votre avis