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Le crépuscule d'une idole

Le crépuscule d'une idole

L'affabulation freudienne
De Michel Onfray

Editeur : Grasset & Fasquelle
Parution le : 21 Avril 2010
ISBN : 978-2-2467-6931-6
EAN13 : 9782246769316
 Sélection Rue des Livres
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Il existe plusieurs Michel Onfray : celui du Journal Hédoniste, celui de la Contre-Histoire de la philosophie, celui des essais : Sculpture de soi, Politique du rebelle, Théorie des corps amoureux. Mais celui qui signe ce livre imposant et important s'apparente, sans conteste, à l'auteur du Traité d'Athéologie.

Michel Onfray, cohérent avec lui-même, s'en prend ici à une religion qui, bien plus que les monothéismes qu'il pourfendait dans son Traité d'athéologie, semble avoir encore de beaux jours devant elle. Cette religion, c'est la psychanalyse - et, plus particulièrement, le freudisme.
Son idée est simple, radicale, brutale : Freud a voulu bâtir une " science ", et il n'y est pas parvenu. Il a voulu " prouver " que l'inconscient avait ses lois, sa logique intrinsèque, ses protocoles expérimentaux - mais, hélas, il a un peu (beaucoup ?) menti pour se parer des emblèmes de la scientificité. Cela méritait bien une contre-expertise. Tel est l'objet de ce travail.
Avec rigueur, avec une patience d'archiviste, Michel Onfray a donc repris, depuis le début, les textes sacrés de cette nouvelle église. Et, sans redouter l'opprobre qu'il suscitera, les confronte aux témoignages, aux contradictions, aux correspondances. A l'arrivée, le bilan est terrible : la psychanalyse, selon Onfray, ne serait qu'une dépendance de la psychologie, de la littérature, de la philosophie - mais, en aucun cas, la science " dure " à laquelle aspirait son fondateur.
On sera, devant une telle somme, un peu médusé : Freud n'en ressort pas à son avantage. Et encore moins sa postérité - qui aura beau jeu de prétendre que si Michel Onfray conteste si violemment la religiosité en vogue chez les archéologues de l'inconscient, ce serait précisément parce qu'il craindrait de contempler le sien. Une " ouverture " biographique, semblable à celle qui précède chacun de ces essais, devance cette objection en racontant comment et pourquoi Michel Onfray a découvert - en vain - cette " science de l'âme " qui n'en est pas une.

  • Essais et documents

  • Prix conseillé : 22,40 € - Prix : 21,28 €

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    2010-10-09Note : 2/5
    Oedipe en short!
    Ce pavé de plus de 600 pages, d'un million de signes et requérant 15 heures de lecture concentrée, comme se plaît à le souligner son auteur a pour objet de mettre sa misère à Freud. Ca commence par une critique épistémologique dénonçant une vision du monde privée à prétention universelle, une théorisation doctrinale et totalitaire des propres tourments psychiques de Sigmund. Cela n'a rien de nouveau et disons, pour faire vite, que je partage ce point de vue. Puis, sur le mode sa vie de merde explique ses théories foireuses (le point de vue du valet de chambre selon ses détracteurs, une approche Nietzschéenne selon Onfray), il brosse un portrait de Freud à l'acide citrique. Il y est décrit comme un bourgeois ambitieux, prêt à toutes les falsifications pour parvenir à ses fins. Banal philosophe existentiel, plagiaire inconscient de Nietzche - père spirituel de l'auteur - Freud aurait mis le paquet sur la répression des instincts et le refoulement pour justifier ses tentations adultères, pour régler son compte à son père ainsi qu' à un tas de blessures narcissiques et bidonner une philosophie pseudo-scientifique. Mais ce n'est pas tout: Onfray accuse Freud de charlatanisme pour avoir eu recours aux techniques les plus exotiques (massage de l'utérus, numérologie, astrologie etc...), d'avoir inventé un monde magique ou règne en maître le mode performatif (j'énonce donc c'est vrai), tout ça pour s'inscrire dans l'Histoire aux cotés des grandes avancées scientifiques. Et ce n'est pas fini: Sigmund est un être cupide, vénal et sur le plan politique au mieux un lâche devant les régimes fascistes qui gangrénaient l'Europe d'alors, au pire un allié objectif de leur développement politique. Le réquisitoire d'Onfray est violent, impitoyable et met mal à l'aise même un non freudien comme je le suis. D'abord, évidemment, parce je n'ai pas passé autant de temps à instruire le dossier, ce qui dans le détail rend difficile le travail de contre-critique. Ensuite, la barque est tellement surchargée, la volonté de déboulonner la statue de Feud - de tuer le père? - au prix d'une psychanalyse sauvage et parfois bon marché si évidente, que cette démarche paradoxale en devient suspecte. Parce qu'au-delà des extrapolations anthropologiques bancales du freudisme et des excès de la pensée symbolique, comment ne pas voir qu'il a ouvert, fut-ce à son corps défendant, avec d'autres avant, pendant et après lui, la voie à de nouvelles libertés qui permettent de s'égayer avec insouciance dans les folles prairies de la sexualité, qui ont favorisé tant d'émancipation et une autre vision du monde (pas la seule, pas la meilleure, mais une possible). Onfray a oublié de méditer une forte pensée de son maître Nietzche: "Malheur à moi, je suis nuance!".

    2010-10-06Note : 5/5
    Grand travail.
    Onfray a fait un grand travail,
    il a lu et analysé (psychanalysé :) ) tout Freud, il aussi travaillé sur lui-même vers la vérité.
    Par rapport aux autre livres critiques de freud ou de la psychanalyse, on apprend encore plus de choses.
    Onfray avance à la fois des faits et des analyses personnelles pertinantes.

    2010-10-05Note : 2/5
    dur dur
    l'auteur vend bien sont livre pour une lecture facile , mais se n' ai vraiment pas le cas , on s' ennui vite , il raconte toujours la même chose.

    2010-09-26Note : 2/5
    totalitaire
    des idées troublantes, on ne voit plus Freud de la même manière, plus humain sûrement.... mais un acharnement stupide, manque de relief et de profondeur. Un parti pris agaçant, répété toutes les deux pages

    2010-09-14Note : 5/5
    A lire absolument.
    Michel Onfray. Toujours parfait. Irréprochable et tant attaqué.
    Demandez-vous pourquoi il est la cible de 98% des psy...

    2010-09-10Note : 3/5
    intéressant mais...
    ce livre est mon premier "onfray" et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il m'a donné envie d'en lire d'autres! Médecin et détracteur convaincu de la psychanalyse qui s'érige depuis trop longtemps en Science psychologique seule détentrice de la vérité, j'ai, je le reconnais, savouré cette déconstruction méthodique du freudisme par une démonstration de ces incohérences manifestes et surtout son absence complète de démarche scientifique ( la psychanalyse se rapprochant plus d'une religion (donc les pratiquants font montre d'un prosélytisme et d'une intolérance incroyable). Cependant, si la démonstration est brillante, elle n'est qu'à charge et se perd parfois dans des digressions inutiles simplement pour alourdir encore plus le dossier. Dommage!

    2010-09-06Note : 1/5
    L'antifreudisme pour les nuls...
    Ce philosophe au parcours intéressant et à la personnalité attachante s'est avec ce livre récemment lancé dans le créneau de l'antipsychanalyse passablement encombré ces temps. Beaucoup a déjà été dit à son propos, Elisabeth Roudinesco s'est lancée en fer de lance comme elle l'avait fait avec à d'autres occasions. Onfray qui s'était auparavant honoré de l'animation de cours de philosophie à Université populaire de Caen, puis, devenant grâce à cela plus médiatique, s'est ensuite quelque peu fourvoyé dans une critique de la religion tirée à grands traits. Il ne devait donc pas manquer le rendez-vous avec ou plutôt contre Freud. Après avoir ainsi lu toute l'oeuvre en quelques mois, il nous offre ce succès de librairie dont les commentaires ont inondés la presse francophile depuis l'été. Sur de nombreux points, son ouvrage rejoint les propos déjà tenus dans le livre noir (scientificité, affabulations, etc.). D'autres propos, les plus sérieux mais exposés à grands traits, ont été déjà traités, notamment dans l'ouvrage du psychiatre Henri Ellenberger. Lorsque l'auteur sort de ces traces, il reprend par exemple les thèses datant de 1979 de Sulloway qui sont que Freud était un "cryptobiologiste". Notons que comme celles d'Ellenberger, elles avaient été discutées, citées, intégrées, débattues, en long et en large par des psychanalystes. Vient ensuite la question de Freud et la philosophie qu'il connaît mieux et que dit alors notre populaire auteur ? Que Freud devait en fait beaucoup à Nietzsche, Schopenhauer, etc. pour ses théories tout en abhorrant la philosophie. L'idée est intéressante et elle avait d'ailleurs été déja très bien été traitée par P.-L. Assoun en 1976 ! Rien de nouveau sous le soleil donc. A propos de la théorie des rêves, il ne craint pas de dire que celle de Freud est loin de valoir celle d'Artémidore de Daldis dans son ouvrage du IIème siècle "Oneirokritika"... cité par Freud une dizaine de fois alors qu'il est censé ne pas l'avoir étudiée ! Le plus étonnant vient avec cette accusation d'antisémitisme adressée au père de la psychanalyse sur la base de la lecture qu'Onfray fait de Moïse et le monothéisme. ... La thèse qui sous-tend ce surprenant propos est curieusement étayée, on la résume: Freud a fait de Moïse un égyptien et donc a ainsi trahi son peuple. Cette lecture est tellement aberrante que c'est à se demander s'il ne s'est tout simplement pas trompé de livre ! Puis vient, le Michel Onfray moraliste : Freud aurait couché avec sa belle-saeur Minna. Cette rumeur a été colportée par C. G. Jung et reprise puis mults fois infirmées depuis lors, notamment par Alain de Mijolla qui a poussé ses recherches jusqu'a consulter des registres d'hôtel ! Notons encore qu'Onfray ne cite pas les travaux de psychanalystes récents puisqu'il est persuadé que la psychanalyse, c'est Freud, hier aujourd'hui et demain. Il n'a guère d'estime pour la cure psychanalytique puisqu'à l'occasion du livre Anna G sorti cette année il a pu dire que ce récit de cure d'une bourgeoise zurichoise n'avait aucun intérêt pour le commun des mortels. Une pointe d'humour pour terminer car Michel Onfray sait aussi faire rire, entre autre en parlant de la cure de Gustav Mahler dont on sait qu'il souffrait de problèmes de couple avec sa femme Alma qui selon Freud lui venaient d'une fixation à sa mère et qui le paralysait dans son travail de chef d'orchestre. Que dit Onfray de tout ça ? Que la cure (ultracourte) de Mahler avait mis en évidence un lien entre musique et des bruits intestinaux de toutes natures !

    Dès lors, il faut d'urgence relire le Moïse de Freud, Ellenberger, Jacques Le Rider et Alain de Mijolla avant de feuilleter le livre d'Onfray. Ce dernier s'est trompé de cible, il pensait travailler sur la papauté et a dévié de sa route en prenant Freud sujet. Son prochain ouvrage annoncé est un panégyrique de Wilhelm Reich dont il se dit adepte, surtout pour ses travaux sur la libération sexuelle, l'orgone (observatoire et accumulateurs inclus) autre « scientifique » qui répond pleinement aux exigences épistémologiques de Karl Popper. Critiquer Freud et la psychanalyse est certainement légitime et nécessaire mais encore faut-il respecter ses lecteurs.





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