Du grand roman russe Un gros ouvrage, mais qu'on lit sans jamais regarder le numéro en bas de la page. Soljenitzine fait vivre dans un pavillon de cancérologie un foule de personnages, tous atteints d'un cancer plus ou moins grave, à une époque ou les techniques médicales ne peuvent pas grand chose. Tous vivent dans cet espace clos, contraints de se supporter mutuellement, et avec l'hypothèse fondamentale de leur propre mort, dans un mois, un an... Du coup les conversations dans le pavillon prennent souvent un aspect philosophique un peu irréel, mais c'est aussi ce qui fait l'intérêt du livre. On suit également la vie du personnel soignant, et ses relations avec les malades. C'est l'occasion d'aborder les questions qui touchent à l'éthique médicale, aux motivations des soignants... Contrairement aux romans de Malraux, on trouve ici des imbéciles, des gens simples. Et ça donne un air tellement plus "vrai" au roman. L'aspect politique du roman est évidement non négligeable (L'action se passe dans les années qui suivent la mort de Staline), mais ce qu'on retient de ce beau roman quand on tourne la dernière page, ce sont des peintures magnifiques d'hommes et de femmes. Si vous avez aimé Dostoievsky, vous aimerez Le pavillon des cancéreux
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