Ethérique J'ai découvert Virginia Woolf durant ma prépa en cours d'Anglais et j'avoue que j'ai immédiatement aimé. Je n'ai pas étudié à l'époque Mrs Dalloway, sa grande oeuvre, mais une oeuvre un peu moins connue qui était peut-être encore plus difficile, surtout en cours de littérature anglaise : Les Vagues. 8 ans après, j'ai eu envie de replonger dans "cette" Virginia Woolf exceptionnelle dont certaines idées rejoignent celles de mon maître à penser en littérature, Kafka surtout quand elle écrit : " Je sens dans mes doigts le poids de chaque mot. ". Le style éthrique de Woolf me correspond mieux que celui de Kafka (mon auteur préféré, un génie) ; son imaginaire ne refuse pas la métaphore, mais la nourrit au contraire de voix, de mouvements et de murmures bruyants. J'aime cette intériorité violente, cette profondeur de chaque mot pesé et éprouvé, cette manière de s'affronter elle-même, systématiquement, par le biais de personnages qui ne semblent être que des facettes d'une seule et même personne : Virginia. Cette alternance de sentiments puissants, de réflexions sur le sens de la vie avec des descriptions de la Nature dans ce qu'elle a de plus simple et pur, est jouissive, surtout pour la faible lectrice que je suis et qui aime moyennement les livres à histoire. Tout semble décousu en apparence quand on se confronte à une histoire sans vrais personnages, sans histoire réelle et pourtant, tout n'est que fils entrecroisés, magiques, sensitifs, urgents, épurés, qui se rejoignent et tissent la Vie avec ses flux et ses reflux. L'écriture est donc à la fois le lieu où le réel se rate, mais aussi le lieu privilégié où se révèle la dimension du réel comme impossible... " Les vagues se brisent sur le rivage [...] J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule". Regarder la vie en face toujours et la reconnaître pour ce qu'elle est, et enfin l'aimer pour ce qu'elle est et puis y renoncer pour ce qu'elle est... Pour toujours ces années ensemble et toujours les heures...
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