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Fiche livre | |  |
 Cliquez pour agrandir | Le rapport de BrodeckDe Philippe Claudel
Editeur : LGF Parution le : 1 Avril 2009 ISBN : 978-2-2531-2572-3 EAN13 : 9782253125723
Sélection Rue des Livres
Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore. «On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.»
Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connait pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre.
"À quoi cela te servirait-il Brodeck ? s'insurge le maire du village. N'as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ?
Qu'est-ce qui ressemble plus à un mort qu'un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes..."
Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s'éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n'existe pas ou ce qui n'existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire. | [Poche]Acheter ce livreAmazon
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Vos avis« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien.
Brodeck, c’est mon nom
Brodeck.
De grâce souvenez-vous.
Brodeck. »
À l’auberge Schloss un homme, un étranger, a été assassiné dans sa chambre à coups de couteau. Brodeck est arrivé peu après le drame. Il est donc un « presque » témoin. Comme il est le seul à savoir écrire, on lui demande de rédiger un « rapport » pour innocenter les hommes présents ce soir-là. Brodeck s’exécute, mais à l’abri des regards, il écrit tout autre chose. De fil en aiguille, par petites touches, il raconte sa propre vie étroitement mêlée à l’histoire du village et à celle de ses habitants. Que s’est-t-il passé pendant et après la guerre dans ce village curieusement épargné par le désastre ?
C’est un conte, une fable se déroulant dans un pays imaginaire. Cela importe peu. Le sujet est universel, les morts ne quittant jamais les vivants. Malheur à celui « qui n’est pas d’ici », malheur à l’Étranger ! Tout peut lui arriver, surtout le pire !
« Je ne sais pas si l’on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n’est peut-être pas un remède si sûr que cela. Peut-être qu’au contraire raconter ne sert qu’à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d’un feu, afin qu’à notre guise, quand nous le souhaiterons, il puisse repartir de plus belle. » foxie
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Commentaires Amazon| 2010-02-27 | Note : 5/5 | de la très très grande littérature époustouflant.
sidérant.
Première réflexion après la dernière page : mais enfin, plein de Goncourt sont cent fois plus nuls que ça, et zut... pour découvrir ensuite que ce livre EST un Goncourt du lycéen ! ça rassure.
Comme c'est dur de parler d'un chef d'oeuvre ! Tout est bon : la forme, le fond, le rythme, le style.
Sans concession, Philippe Claudel nous persuade doucement, tout doucement, que le plus blanc des agneaux peut lui aussi être acculé à provoquer la pire des noirceurs, et que le plus puissant des loups ne porte pas ses crimes avec l'insouciance qu'on croit.
Brodeck est peint par petites touches, au rythme de ses souvenirs, on effeuille avec beaucoup d'émotion les affres de son présent. Son histoire est poignante, intemporelle, et propose une réflexion claire sur le sens profond de l'état symbolique du Parent. Parent de ses concitoyens (à travers ses compétences d'observateur et d'écrivain publique), parent de ses enfants, parent-poucet aux bottes de sept lieues, Brodeck tente de franchir toute la laideur du monde pour porter sa progéniture au-delà de la noirceur, au-delà de la bassesse, au-delà du Mal.
On ne peut s'empêcher de rapprocher ce livre du très grand film de Nicolas Klotz, sorti en 2008, "La question humaine", tiré du livre de François Emmanuel, inoubliable et fantastique réflexion sur notre responsabilité individuelle quant à l'état de la beauté du monde.
| | 2010-02-18 | Note : 4/5 | Beauté de la noirceur Une nouvelle fois, Claudel m'a transportée avec ce roman magnifique, à l'écriture limpide. Un bien beau roman pour de bons moments, une vraie grâce malgré le thème très noir. Merci l'artiste.
| | 2010-01-11 | Note : 5/5 | Fascinant Cet ouvrage est très bien écrit, avec des mots fort simples. La description, extrêmement noire, de l'humain qu'il fait est fascinante et, malheureusement, d'une réalité à couper le souffle.
Excellent.
| | 2009-11-26 | Note : 4/5 | fidèle à Claudel L'humanisme et la misère sociale rendent cet ouvrage touchant. On y retrouve ce malaise que provoque "les âmes grises".
| | 2009-10-20 | Note : 2/5 | Quel rapport ? Décue également, mais par la fin me concernant.
Même contexte que freemouss73, on m'a dit "c'est un choc, c'est fort, inoubliable" Je me suis donc dépéchée de terminer mon bouquin précédent pour enfin m'y plonger et savoir ce que pouvais bien contenir ce rapport. Le début est bien construit, on est tout de suite mis dans le bain : "Il s'est passé quelque chose d'horrible et je vais vous le raconter" la 4ème de couverture ne ment pas, la phrase "je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien" tourne en boucle dans nos têtes. Et puis finalement, au bout de 150 pages, je trouve que cela devient long pour savoir ce qu'il a bien pu se passer. J'ai l'impression qu'on me fait poireauter comme on fait poireauter les téléspectateurs à coup de coupures pub pour finalement voir la vedette qu'en fin d'émission. J'ai l'impression qu'en lisant la 4ème de couverture j'ai tout lu. Comme pour certains films, tout est dans la bonne annonce. Finalement, ce n'est pas un rapport, mais un journal. Un journal de Guerre où l'horreur des camps, des prisonniers, des mutilations est dure à lire certes, mais sur 400 pages, j'attends toujours de savoir qu'est-ce qui a pu arriver de pire dans ce village que ce que Brodeck a vécu sur le front ? Finalement rien. Un homme a été éliminé par tout un village parcequ'il était différent, c'est tout. Je dis "c'est tout" car c'est bien peu de chose par rapport aux blessures d'un hommes décrites dans le livre, et il me semblait que le sujet principal du livre c'est le contenu du rapport, pas la vie de celui qui l'écrit.
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