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Je, François Villon

Je, François Villon

Auteur :

Editeur : Julliard

Sélection Rue des Livres

Frères humains qui après nous vivez, N'ayez les cœurs contre nous endurcis. Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans. Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux, et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté. Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu'en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon.

20,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
415 pages
ISBN : 978-2-2600-1683-0
Les avis

La presse en parle

(...)Je, François Villon est en effet un roman d'histoire plus qu'un roman historique, un roman d'aventures ; c'est surtout une réhabilitation enflammée du roman picaresque ; (...)La langue recrée avec brio l'atmosphère d'une époque, sa violence sauvage, non sans quelques anachronismes inévitables et savoureux. On suit avec intérêt les périgrinations d'un esprit délicat et brutal tout à la fois, plongé dans l'enfer d'un Moyen Age qui n'en finit pas de finir. Une fois le livre refermé, le mystère Villon demeure entier.

Bernard Fauconnier, Magazine Littéraire


Il faut dire qu'en général on connaît mal la poésie de Villon - Eventuellement sa Ballade des Dames du temps jadis parce que Brassens en a fait une chanson - Vous savez : Mais où sont les neiges d'antan ?
Et quand on lit le roman de Jean Teulé (c'est un roman pas une biographie) on se dit que c'est bien dommage de passer à côté de quelque chose de particulièrement beau, de très violent et aussi de très moderne.
Villon est donc né en 1431, pour le coup c'est ce qu'on appelerait aujourd'hui un caillera, un vrai de vrai. Avec ses copains - qui ne respectent rien ni personne - il pille, il trahit, il tue. Tous ces gars vont par bande, terrorisent les populations, pour se donner du courage, d'abord ils boivent et puis ils mangent des boulettes de pâte dont on ignore ce qu'elles contiennent, on sait juste que la recette vient des vikings et qu'il faut avoir un estomac solide pour les digérer.
Je vous passe les codes qu'ils ont entre eux - d'une rare cruauté - mais si ce n'était que cela, ce ne serait pas passionnant.
Seulement au milieu de tout ça, il y a Villon - amoral, génial et envoûtant. Un homme sensible à l'odeur des rosiers en fleur, au charme d'une jeune Isabelle qu'il aimera - malgré tout - jusqu'à la fin de sa vie (et quand vous verrez ce qu'est ce malgré tout, vos cheveux se dresseront sur votre tête).
Villon méchant garçon mais étonné d'être devenu une idole pour les étudiants de la Sorbonne, Villon mécréant mais courageux, qui ne lâche rien, même sous la torture, Villon marginal mais profondément libre qui aurait pu profiter de l'estime que lui portait Charles d'Orléans et qui a préféré ses haillons à la vie de chateau.
Le talent de Jean Teulé, c'est de ne pas prendre de parti, sinon celui du génie, c'est de n'apporter aucune interprétation psychologique à son personnage, c'est de rapporter des faits, le plus patiemment possible pour ne pas troubler son modèle. C'est un livre d'aujourd'hui avec une histoire d'il y a 600 ans.
Quand il le faut, toujours à propos, Teulé s'efface et cède la place aux vers de maistre François.
"Villon, je sais que tu mêles à tes ballades tous les patois et des quantités de jargons - Je fixerai la patrie, tu fixes la langue nationale - Nous sommes tous les deux bons forgerons mais comment finirons-nous, François ?"
C'est Louis XI qui parle - Il avait tout compris.
Villon a failli être pendu. Il a du quitter Paris, banni, marqué au fer rouge... Et puis un jour, encore jeune mais bien fatigué, il a dû mourir.
"Le temps a laissé son manteau de vent, de froidure et de pluie, et s'est vêtu de broderie, de soleil luisant, clair et beau. Il n'y a ni bête ni oiseau, qui en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissé son manteau".

Patricia Martin, France Inter

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