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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Je, François Villon De Jean Teulé Editeur : Julliard Parution le : 2 Mars 2006
Sélection Rue des Livres
Frères humains qui après nous vivez, N'ayez les cœurs contre nous endurcis. Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans. Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux, et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté. Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu'en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon. |
La presse en parle(...)Je, François Villon est en effet un roman d'histoire plus qu'un roman historique, un roman d'aventures ; c'est surtout une réhabilitation enflammée du roman picaresque ; (...)La langue recrée avec brio l'atmosphère d'une époque, sa violence sauvage, non sans quelques anachronismes inévitables et savoureux. On suit avec intérêt les périgrinations d'un esprit délicat et brutal tout à la fois, plongé dans l'enfer d'un Moyen Age qui n'en finit pas de finir. Une fois le livre refermé, le mystère Villon demeure entier. Bernard Fauconnier, Magazine Littéraire | | | Il faut dire qu'en général on connaît mal la poésie de Villon - Eventuellement sa Ballade des Dames du temps jadis parce que Brassens en a fait une chanson - Vous savez : Mais où sont les neiges d'antan ?
Et quand on lit le roman de Jean Teulé (c'est un roman pas une biographie) on se dit que c'est bien dommage de passer à côté de quelque chose de particulièrement beau, de très violent et aussi de très moderne.
Villon est donc né en 1431, pour le coup c'est ce qu'on appelerait aujourd'hui un caillera, un vrai de vrai. Avec ses copains - qui ne respectent rien ni personne - il pille, il trahit, il tue. Tous ces gars vont par bande, terrorisent les populations, pour se donner du courage, d'abord ils boivent et puis ils mangent des boulettes de pâte dont on ignore ce qu'elles contiennent, on sait juste que la recette vient des vikings et qu'il faut avoir un estomac solide pour les digérer.
Je vous passe les codes qu'ils ont entre eux - d'une rare cruauté - mais si ce n'était que cela, ce ne serait pas passionnant.
Seulement au milieu de tout ça, il y a Villon - amoral, génial et envoûtant. Un homme sensible à l'odeur des rosiers en fleur, au charme d'une jeune Isabelle qu'il aimera - malgré tout - jusqu'à la fin de sa vie (et quand vous verrez ce qu'est ce malgré tout, vos cheveux se dresseront sur votre tête).
Villon méchant garçon mais étonné d'être devenu une idole pour les étudiants de la Sorbonne, Villon mécréant mais courageux, qui ne lâche rien, même sous la torture, Villon marginal mais profondément libre qui aurait pu profiter de l'estime que lui portait Charles d'Orléans et qui a préféré ses haillons à la vie de chateau.
Le talent de Jean Teulé, c'est de ne pas prendre de parti, sinon celui du génie, c'est de n'apporter aucune interprétation psychologique à son personnage, c'est de rapporter des faits, le plus patiemment possible pour ne pas troubler son modèle. C'est un livre d'aujourd'hui avec une histoire d'il y a 600 ans.
Quand il le faut, toujours à propos, Teulé s'efface et cède la place aux vers de maistre François.
"Villon, je sais que tu mêles à tes ballades tous les patois et des quantités de jargons - Je fixerai la patrie, tu fixes la langue nationale - Nous sommes tous les deux bons forgerons mais comment finirons-nous, François ?"
C'est Louis XI qui parle - Il avait tout compris.
Villon a failli être pendu. Il a du quitter Paris, banni, marqué au fer rouge... Et puis un jour, encore jeune mais bien fatigué, il a dû mourir.
"Le temps a laissé son manteau de vent, de froidure et de pluie, et s'est vêtu de broderie, de soleil luisant, clair et beau. Il n'y a ni bête ni oiseau, qui en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissé son manteau". Patricia Martin, France Inter |
Commentaires Amazon| 2008-03-08 | Note : 4/5 | Oh frères humains qui après nous vivez... Le XVe siècle était-il aussi violent et barbare ? C'est la question que l'on se pose en refermant ce livre fort captivant. Certaines scènes laissent totalement pantois, tant l'horreur qu'elles contiennent est extrême ; en même temps, ces événements semblent être banals pour l'époque, car même les victimes acceptent leur triste sort comme une fatalité incontestable. C'est le cas pour ce petit voleur condamné à être ébouillanté et qui demande à rajouter certains condiments dans sa marmite, ainsi que pour cette belle jeune fille de bonne famille, qui après avoir subi un viol collectif de la pire atrocité, demande à se faire emmurer à vie.
Alors bien sûr, la mort au Moyen Age était très présente, ainsi que les nombreuses façons d'y accéder. Mais la plume de Jean Teulé en rajoute sûrement une bonne couche, comme en témoigne l'autre livre que j'ai lu de lui « Ô Verlaine » et qui contient aussi un bon nombre de monstruosités.
Toutefois, l'insertion des poèmes de Villon dans la trame du récit est nettement plus convaincante dans « Je, François Villon ». Ils permettent de suivre le poète-brigand dans ses pérégrinations et instruisent sur les moeurs médiévales, au point que l'on est souvent prêt à donner crédit aux horreurs décrites dans ce roman.
| | 2007-10-02 | Note : 5/5 | passionnant Ce livre est une très belle description du haut moyen âge où l'homme en tant qu'individu était si peu de chose : est ce si dur de croire à la description de Jean Teulé, en fait il trop ?(trop de sang, de tripes et de m...). Il suffit de regarder autour de nous : de nos jours les conflits ne sont pas moins horribles, les hommes pas moins sanglants et pervers : viols, tortures, ... Alors oui, le livre de Mr Teulé est dérangeant car parfois cruel mais passionnant et surement très plausible. Je le conseille vivement car il fait découvrir un poête génial qui malgré son extraction modeste a su traverser les siècles et nous donner idée de ce qu'on vécu nos ancêtres. Merci à Jean Teulé
| | 2006-08-28 | Note : 2/5 | Trop racoleur Ce livre m'a déçue. Je l'ai acheté après avoir entendu une interview radiophonique de Jean Teulé plutôt passionnante. Je n'ai malheureusement pas retrouvé son enthousiasme dans ce livre, qui se laisse lire plutôt facilement mais est trop racoleur à mon goût. L'étalage d'évènements extrêmes (extrêmement sanglants et cruels, surtout) est omniprésent, mais ceux-ci ne contribuent pas réellement à éclairer la psychologie du personnage principal. Tout ceci paraît plutôt gratuit, à mon sens, et les poèmes qui ponctuent le récit ne le sauvent pas. Dommage.
| | 2006-08-23 | Note : 5/5 | grand Villon, grand Teulé J'aime la poésie, je connaissais quelques classiques du poète, et vaguement, son histoire : un poète maudit, un peu voleur, un peu rebelle, etc. Mais pas plus.
Le livre de Teulé met, un cadre, des circonstances au poèmes de Villon : chaque poème a sa place, ses causes (et ses conséquences) dans la vie du poète.
On apprend peu de chose sur son inspiration, sa manière de travailler (il semble écrire sous le coup d'une inspiration, bien plus qu'en réécriture). Mais sa vie est très bien décrite (Teulé fait comme pour Rainbow pour Rimbaud, et pour Oh Verlaine, un travail de recherche impressionnant, comme en témoingne les bibliographies finales).
Le style est magique : Teulé trouve la bonne formule, courte et vive. Cela rend le livre d'autant plus plaisant à lire : on s'y croirait, le réalisme est saisissant (pourrait peut-être même choquer certains lecteurs ?).
C'est donc un excellent livre !
Il plane malgré tout un doute (qu'il faudra que je comble par des lectures plus scientifiques...), à cause de cette bibliographie finale... est-ce que tout cela est vrai ? quelle est la part de la fiction ? (je me suis déjà posé la question pour Oh Verlaine.
Je ne suis plus sur de rien... ou plutôt si : c'est un excellent livre !
| | 2006-07-31 | Note : 4/5 | un poète disparu... C'est la vie de François Villon, poète du XVe siècle. Tout le monde a dans la tête "Mais où sont les neiges d'antan ?", et bien c'est de lui. Poète révolté et quelque peu révoltant aussi dans ses actes, Jean Teulé ne nous fait pas de cadeau dans son récit. D'ailleurs, où s'arrête la fiction ? Il nous donne une vision crue et cruelle du Moyen-Âge, mais Me François a-t-il fait toutes ses horreurs ?
Quelques passages de viols sont difficiles à supporter (et surtout on doute de la véracité de tous ces détails), mais ce roman est une réussite. On y perçoit toute la subtilité de la poésie de François Villon. C'est une initiation à l'oeuvre de Villon et un guide pour la comprendre, une plongée dans le Paris du Moyen-Âge comme si on y était. Villon est un personnage bien étrange et plutôt déroutant, "Je, François Villon" donne envie de (re-)découvrir ses poèmes. Et il se peut bien que je continue l'aventure avec les romans de Jean Teulé sur Verlaine et sur Rimbaud,
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