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Doggy bag : Saison 6

De Philippe Djian

Editeur : 10 X 18
Parution le : 5 Novembre 2009
ISBN : 978-2-2640-4852-3
EAN13 : 9782264048523

« Pour finir, la température est tombée. Au dehors. Noël approche. Les sapins viennent de Chine. À l'intérieur des poitrines les cœurs brûlent, jour et nuit. Voyez Irène qui a pris un amant et Victor s'élevant dans les airs. David qui s'est réveillé chez les fous et Marc chez les Sexoliques Anonymes. Édith qui se marie, Sonia qui est plaquée. Etc. On pourrait multiplier les exemples.
Tandis que le décor va bientôt éclater comme une noisette de cristal sous l'effet du froid ultrasibérien désormais installé. On aurait aimé parler de choses drôles et légères, ou même sérieuses, mais un écrivain ne fait jamais ce qu'il veut. Un écrivain est toujours occupé à se battre. Parfois, on a l'impression de s'être engagé dans la Légion. Tellement le chemin est long et pénible - le chemin secret, s'entend. »
Ph. Djian

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    2010-01-26Note : 3/5
    Critique aux Inrocks ?
    "Elle enclencha Sunset Rubdown dans le lecteur, cette pure merveille de "Ramdom Spirit Lover" - ils dépassaient Arcade Fire, d'après elle, bien que ceux-ci l'eussent régulièrement ravagée de bonheur durant ces dernières années" (page 37)
    "Pour finir, Sonia l'avait cueilli un soir en lui apportant "The Pirate's Gospel" d'Alela Diane, qui l'avait aussitôt plongé sous le charme et l'avait fait plier avec le sourire aux lèvres" (page 40)
    "Victor avait lu "Un homme" de Philip Roth et s'était félicité de croire de nouveau en Dieu. Avoir la Foi aidait beaucoup." page 78
    "On en revenait toujours à Lou Reed. Tôt ou tard. Il n'y avait rien de mieux, finalement. Qui d'autre aurait-il pu écouter en présence de la dépouille mortelle de son père ?" (Page 166)
    "Autant j'estime qu'ils se sont plantés à la fin de "Six feet under", autant la fin des "Sopranos" est un chef d'oeuvre. Tu verras. Tu me diras." (page 255)
    ... Et si, entre deux invocations des puissances supérieures pour qu'une grande glaciation ou l'ouverture d'une faille dans l'écorce terrestre viennent l'aider à mettre fin aux tourments de la famille Sollens, Djian ne rêvait ni plus ni moins de la vie simple d'un critique aux Inrocks ou à Libé ? Tout, oui tout plutôt que les flammes infernales qui consument le vrai écrivain, celui qui veut faire rendre du "sens" à un monde absurde... "Doggy Bag" est un bonheur: celui de conjuguer l'excitation "sérielle" avec l'ambition littéraire.

    2009-12-11Note : 2/5
    Le Doggy bag va enfin à la poubelle
    Lecteur enthousiaste de Djian, fan de la série "Six feet under", j'avais accueilli le projet de Doggy Bag avec bienveillance et même enthousiasme: Djian était l'auteur français parfait pour faire ça (peut-être justement parce qu'il n'est pas très français dans son écriture). Les premiers volumes m'avaient laissé un peu sur ma faim, mais j'ai continué en me disant que les séries TV, justement, avaient elles aussi leurs mises en route difficile, leurs saisons mortes, etc.
    Arrivé à la fin de ce sixième volume, j'avoue que je n'ai ressenti aucune émotion à quitter des personnages qui n'avaient depuis bien longtemps plus rien à dire. Curieusement, j'étais presque content pour Djian: au fil du texte, j'avais l'impression de pouvoir l'entendre, pestant contre lui-même de s'être embarqué dans un projet aussi gigantesque, enfilant ces catastrophes naturelles qui sont les seules à faire avancer un tant soit peu le récit (par contre, il faudrait en faire un top 5 des plus ridicules: prime à l'ours du volume 5 pour moi), replaçant les mêmes réflexions, les mêmes atermoiements chez chacun, faisant défiler des personnages purement pour la forme, un peu chacun son tour... J'espère pour lui que mon impression est fausse, mais quel manque de souffle, quelles lourdeurs dans le texte, quelle lassitude! C'est pourquoi j'ai refermé le livre avec un certain plaisir: voilà, doggy bag, c'est fini, bravo d'avoir été au bout. Maintenant, on peut mettre ça de côté et revenir à ces textes pré-doggy qui avaient été si bons (frictions, impuretés...). Vivement le premier djian post doggy bag! Libéré de ce boulet qu'il s'était lui-même accroché au pied, jetant ensuite crânement les clés au loin (je le revois sur les plateaux TV cet inconscient, un véritable ado flambeur), je suis sûr qu'il va nous faire quelque chose de très bon.


    2009-12-03Note : 2/5
    La série s'essoufle
    Il vous est sans doute arrivé de vous passionner pour une série télévisée, d'être victime d'un insoutenable suspens à la fin d'une saison, guettant le début de la suivante avec une grande impatience... Et puis de vous lasser, d'être déçu par la tournure des évènements. Marre des exagérations, extravagances de scénarios visant à relancer le suspens et les chutes d'audience... Les personnages perdent de leur consistances, on y crois plus, ils ne sont plus nos héros mais de simples acteurs qui sur-jouent pour une saison de trop.

    Philippe Djian a réussit à reproduire tout ça ! Il y avait mieux à faire mais je lui pardonne, parce qu'il y a aussi eu de grands moments dans Doggy Bag... Et que moi aussi, quand la flemme me prend, je bâcle les choses !

    2008-08-06Note : 3/5
    Plus bel le Djian
    Drôle d'aventure que celle entreprise par Philippe Djian avec l'écriture d'un "soap" sur plusieurs tomes, en respectant tous les ingrédients du genre. Plutôt réussi dans ses trois premières parties, Doggy bag, titre générique décliné en 6 romans tire un peu à la ligne en bout de course. Dans l'ensemble, c'est tout de même assez réjouissant, une sorte de Plus belle la vie, en plus déjanté, avec du sexe (beaucoup), du sang (pas mal) et des larmes (ce qu'il faut). Avec le style "djianesque" en plus, parfois irritant, souvent désopilant. A quand l'adaptation télévisée ?

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