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O Verlaine !
De Jean Teulé
Editeur : Pocket
Parution le : 2 Février 2006

Alcoolique phénoménal, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité par ses deux compagnes, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, au moment où les gloires de l'époque l'accablaient de leur mépris, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi les étudiants et la jeunesse du Quartier latin. En quelques semaines, il devint leur idole. Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard du jeune Henri-Albert Cornuty - un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...

  • [Poche]
  • Vos avis

    Ô Verlaine !

    Je suis venu, calme orphelin,
    Riche de mes seuls yeux tranquilles,
    Vers les hommes des grandes villes :
    Ils ne m’ont pas trouvé malin…

    Henri Albert Cornuty, petit paysan de Béziers, admire follement Verlaine. Il « monte » à Paris avec son baluchon et, pour tout viatique, l’adresse de Vanier, l’éditeur du poète. Il retrouve Verlaine quasiment grabataire, alité dans un taudis sordide : syphilis, diabète, cirrhose : Verlaine est près de sa fin ,mais toujours aussi violent, vindicatif, fou à lier.
    « L’enfant découvrit un front fantastique d’effrayant dégénéré et des yeux de chinois !
    Un menton fuyant sous une barbe de faune en broussaille, des pupilles vertes, fluorescentes sous les arcades. Sa face en pierre de démolition avait quelque chose de saisissant, de jamais vu. Le petit paysan en resta stupéfait ».
    Jean Teulé se glisse dans l’ombre de Verlaine, dans un Paris qui ne sent pas la rose, pour nous donner une version extravagante des derniers moments du poète. C’est truculent, haut en couleurs, tendre, joyeux. Ô Verlaine !

    Le ciel est par-dessus le toit,
    Si bleu, si calme !
    Un arbre, par-dessus le toit,
    Berce sa palme.
    foxie


    Sincerement , j'ai trouvé ce livre très long... il ne m'a pas absorbée comme d'autres l'ont fait.
    Première L



    Commentaires Amazon

    2008-09-25Note : 4/5
    Un "docu-fiction" réussi sur la fin de vie du génial et excentrique Verlaine
    Pas vraiment fan de Verlaine (la poésie, très peu pour moi!), j'ai beaucoup apprécié le ton utilisé par Teulé pour décrire la fin de vie de Verlaine.
    Tout d'abord, sa description de fin du XIXe siècle est absolument magnifique. Ensuite, la manière qu'a l'auteur de croquer ses personnages est tout bonnement génial. Sans réelement savoir où s'arrête la réalité et où commence la fiction (certains personnages du livre ont existé, d'autres sont le fruit de l'imagination de Teulé), on prend un réel plaisir au travers de la lecture de ce roman. L'auteur ne tombe jamais en béatification de l'oeuvre de Verlaine et évite ainsi toute dichotomie (c'est à dire Verlaine le gentil ; les autres les méchants qui n'ont pas compris le génie).
    A signaler toutefois quelques longueurs sur la fin du roman.

    2008-03-06Note : 2/5
    Pauvre Lelian : il méritait meilleure fin.
    De très belles poésies écrites par un ivrogne bestial. Comment rendre crédible cette antinomie dans un roman de plus de 300 pages ? Contrairement à sa clique d'admirateurs toujours prêts à le ressortir du caniveau, j'ai personnellement eu de la peine à m'attacher à ce personnage malodorant de Verlaine. Ses continuelles saouleries, ses accès de sauvagerie et cette faiblesse face à la chair traduisent un mal-être qui est certes constitutif de l'âme poétique verlainienne, mais qui en même temps ne donnent pas forcément envie de s'en imprégner.
    Fidèle à lui-même, Jean Teulé regorge d'imagination dans la description des pires monstruosités dont ses personnages sont capables. Mis à part Verlaine, champion hors catégorie de cet étalage peu reluisant, il y a ces femmes vénales (prostituée ou épouse), ces meurtriers en série, dont un dira « Peu importe qu'il y ait eu des victimes si le geste fut beau », ces arrivistes de tout poil : toute une faune décadente, dont une représentante émérite se fera même manger tout cru par un boa. Eh oui, c'est vraiment la faune.
    Dans le registre « fin de vie d'un poète », j'ai nettement préféré « Les jours fragiles ». Avec son style plus dépouillé, Luc Besson a réussi à transmettre l'émotion d'une fin d'existence, en l'occurrence celle de Rimbaud. Sa soeur qui l'accompagne dans ses derniers jours lui confère la touche d'humanité qui échappa à ce Verlaine tel que décrit par Jean Teulé.

    2008-03-02Note : 3/5
    pas mal, mais... trop ressemblant à Je François Villon ??
    Ô Verlaine nous emmène dans le Paris de 1885. Fin de vie pour Verlaine, l'absinthe est en train de ronger son foie, son corps est putréfié par la syphilis, ses poumons sont délabrés. Sa vie ? Oh sa vie n'est plus qu'une succession de nuits immergées dans l'alcool, dans le sexe et la débauche. C'est à travers les yeux de Henri-Albert Cornuty, petit provincial venu à Paris pour rencontrer son idole, que nous suivons Verlaine dans sa lente déchéance.

    Jean Teulé le dit lui-même, ses biographies de Villon comme de Verlaine sont des fictions.

    On y retrouve ceci dit et curieusement les mêmes éléments : un poète dévoyé, un Paris ravagé, le Paris des petites rues, des étudiants, des sans le sou. Des prostituées, vendues par leur mari (La grosse Margot, chez Villon ou Esther chez Verlaine) ; les mères de poètes tuées, reniées par leurs propres fils (la mère de Villon mangée en pâté, celle de Verlaine tuée). Des illustrations au gré des chapitres, et des poèmes, semés ça et là comment autant de rappels sur ce que furent avant tout ces deux là : de Grands Poètes.

    Jean Teulé raconte la même violence, la même rage de se détruire, la même morve chez ces poètes peu soucieux de survivre, leur même soif de création et le même désespoir finalement. Une chose est sûre : il décrit ces deux là de façon plus que dévoyée. Débauche, luxure, amoralité...j'avoue avoir été plus touchée par Villon, au final plus humain (parce que plus jeune sans doute) que par Verlaine.



    2007-02-28Note : 5/5
    Passionnant!
    La vie de ce poète est digne d'un sujet de roman! Incompris, excessif en tout, à la fois misérable et génial, vil et attachant, Verlaine incarne la somme de toutes les contradictions possibles. C'est pourquoi, son personnage est tellement captivant et unique.
    Cette biographie romancée de la fin de sa vie nous plonge corps et âme au coeur de ces contradictions, accompagnée par des extraits de ses vers....
    bref, un grand livre à mon sens!!

    2006-08-23Note : 1/5
    exaspérant
    Rare que je n'aille pas au bout d'un livre mais celui ci m'a agacé, rien, rien, rien.. vague histoire, suite de clichés, plume insipide, qui ne vaut même pas d'être lu sur la plage.
    Allez plutôt voir du côté de PH. Besson, les Jours Fragiles par exemple (autour de Rimbaud)

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