 | Le MontespanDe Jean Teulé
Editeur : Pocket Parution le : 5 Mars 2009 ISBN : 978-2-2661-8674-2 EAN13 : 9782266186742
En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque à qui nulle femme ne saurait résister. D'époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu'à la fin de ses jours, il n'aura de cesse de braver l'autorité de Louis XIV et d'exiger de lui qu'il lui rende sa femme. Lorsqu'il apprend son infortune conjugale, le marquis fait repeindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d'énormes ramures de cerf. La provocation fait scandale mais ne s'arrête pas là. Le roi lui a pris sa femme, qu'à cela ne tienne : il séduira la sienne. Une fois introduit dans la chambre de la reine, seule la laideur repoussante de celle-ci le fera renoncer à ses plans. À force d'impertinences répétées, l'atypique, facétieux et très amoureux marquis échappera de justesse à une tentative d'assassinat, puis sera exilé sur ses terres jusqu'à sa mort. En ayant porté haut son indignation, y compris auprès du pape, le marquis de Montespan fut l'une des premières figures historiques à oser contester la légitimité de la monarchie absolue de droit divin. Il incarne à lui seul l'esprit révolutionnaire qui renversera un siècle plus tard l'Ancien Régime. Après avoir si brillamment dépeint le Moyen Âge dans Je, François Villon, Teulé, qui a le don de brosser l'atmosphère d'une époque, restitue le temps des précieuses ridicules et des salons mondains, comme celui des chansons paillardes et des crasseuses garnisons du roi. Son style emprunte aussi bien à la verve des fabulistes dont Mme de Montespan fut la protectrice, qu'à la grivoiserie populaire. Et nous fait reprendre goût, par son humour irrésistible, à la saveur d'une langue piquante et imagée... | [Poche]
Prix conseillé : 6,70 € - Prix : 6,37 € |
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Ce n'est la première critique que je fais d'un roman de Jean Teulé : Vous en trouverez celle de "Ô Verlaine", là "Le magasin des suicides" et encore et ici "Je, François Villon".
Voici donc maintenant celle du fameux Montespan, que la plupart d'entre vous a déjà lu.
Il est de notoriété publique que Madame de Montespan est connue historiquement pour avoir été la maîtresse de Louis XIV, juste après Madame de Maintenon. Mais que connaissions-nous sur le mari ? Rien ou si peu de choses. Teulé nous fait donc le récit de cet homme sans pour autant rétablir l'équilibre : Madame de Montespan restera à tout jamais dans les annales de l'histoire. Louis-Henri de Pardaillon de Gondrin, Marquis de Montespan, est un homme amoureux mais ruiné. Sa jeune épouse, Françoise bien qu'amoureuse, tout au moins au début de leur mariage, se révèle être très ambitieuse et attirée par la fastuosité de la Cour du roi... qui finit par en faire sa maîtresse attitrée.
Le cocu amoureux mais qui ne manque pas d'humour, loin d'être flatté comme il se doit à cette époque, n'entend pas se laisser faire et orne son carrosse noir de superbes cornes, refuse la rente que veut lui octroyer le roi, et s'accorde même, de part ses multiples provocations, le plaisir de l'humilier et ce malgré les menaces multiples...
Le roman se lit facilement, parfois avec plaisir pour certains passages. Une chose me gêne cependant chez Teulé. Même si certaines anecdotes sont décrites avec beaucoup d'humour : Le cocu tente même de cocufier le roi avec la reine mais devant la laideur de celle-ci ne peut s'y résoudre. La Montespan est tout à son aise avec son statut de première maîtresse, accomplit quotidiennement la fellation royale à 16 h. Quant on pense que notre roi-soleil n'a pris qu'un bain dans sa vie.... Je préfère ne pas m'étendre sur le sujet.
L'auteur s'est certainement fort bien documenté sur les moeurs et coutumes de cette époque et nous le décrit avec détails : Peu voire quasiment pas d'hygiène, Versailles, guerres diverses. Il varie le style entre expressions de l'époque et expressions actuelles.
Mais à mon sens, Teulé s'est largement laissé emporter par la facilité : l'humour bien entendu comme dans chacun de ses romans est à l'honneur, mais de manière vulgaire, certaines descriptions. sont purement et simplement inutiles. Il confond à mon sens truculence et vulgarité. Dommage. Fanyoun
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Commentaires Amazon| 2010-10-18 | Note : 5/5 | Époux séparé quoique inséparable Ce qu'a retenu l'Histoire, c'est la relation de Louis XIV et de la Montespan. Personne ne se soucie de savoir si elle avait un mari et, le cas échéant, comment il vivait la situation. Personne à part Jean Teulé. L'auteur offre sa revanche à ce marquis oublié de l'Histoire en lui consacrant un roman. L'ambivalence de ce marquis en fait un personnage tragi-comique passionnant. D'un côté, ce cocu qui ne voit pas sa chance (financière) et qui multiplie les provocations rocambolesques est la risée des courtisans. Sa rébellion vaine et même contre-productive contre le Roi le mène tout droit à sa perte. Aveuglé par la passion, sa loyauté envers sa femme est aussi injustifiée que pitoyable. D'un autre côté, son amour éternel, sa grandeur d'âme et son mépris des obstacles en font aussi un personnage émouvant et digne d'admiration. Le fait que la raison du plus fort soit toujours la meilleure révolte. En fait, le marquis de Montespan pourrait bien être un descendant de Don Quichotte.
Cette histoire de perdant aurait pu être ennuyeuse et déprimante mais il n'en est rien grâce au style alerte de Jean Teulé. Par le ridicule des situations ou la drôlerie d'un langage imagé, l'auteur fait même rire. Il mêle avec beaucoup d'humour les idiomes d'autrefois à ceux d'aujourd'hui. Tantôt précieux et officiel, tantôt égrillard et scatologique, il écrit avec une liberté de ton qui rend compte d'un siècle sans le rendre poussiéreux.
Des guerres aux réceptions fastueuses, des manigances de la noblesse de cour aux châteaux délabrés des nobles de province, de l'exil des prostituées au quotidien d'un perruquier, Jean Teulé évoque non seulement un homme mais aussi toute une époque. Les illustrations accompagnent agréablement le propos et les références historiques m'ont intéressée (notamment le récit de faits de guerre ou l'évocation de l'« Amphitryon » de Molière). J'ai lu dans les commentaires que les libertés avec l'Histoire sont grandes et je regrette seulement que mes propres connaissances ne me permettent pas de démêler le réel de la fiction.
| | 2010-10-09 | Note : 4/5 | Un hyme jouissive à tous les cocus Le ton est décalé à souhait, l'histoire est l'Histoire, les personnages sont réellement bien brossés. Ca se lit sans faim, de bout en bout sans s'en apercevoir. Teulé s'est très bien documenté et ca donne à ce roman historique une vraie assise. Pour autant, Teulé fait du Teulé, par les bons comme par les mauvais côtés!
Un bouquin agréable et instructif.
| | 2010-08-23 | Note : 5/5 | les dessous du Grand Siècle On plonge avec délice dans cette histoire de réelle passion amoureuse contrariée par les affres du pouvoir. La vision décapante du Marquis de Montespan sur les travers des puissants de son siècle change un peu des discours convenus. On reste hilare à imaginer les portraits des personnages rencontrés. Au-delà, le roman demeure instructif sur cette époque et les aventures du pauvre cocu ne laissent pas indifférent. Une excellente lecture pour peu que l'on dépasse le vocabulaire parfois un peu cru.
| | 2010-06-25 | Note : 3/5 | un peu déçue je reste sur ma fin par rapport au roman. certains passages sont traités trop rapidement à mon goût. je conseille de lire la BD avant le roman.
| | 2010-06-11 | Note : 5/5 | Excellent Livre avalé en moins de deux. Un style truculent qui m'a rappelé par moments du San Antonio. Un scenario tout ecrit pour en tirer un film d'epoque: j'adorerais que ça sorte. Rien à redire sur ce livre, c'est parfait.
| | 2010-06-01 | Note : 5/5 | Du très grand Jean teulé ! Quel destin que celui de cet homme, quel brio dans la façon de faire, quel talent d'avoir autant aimé sans retour...
C'est un peu par hasard, mais les hormones et la jeunesse aidant, ils se marièrent très tôt pour filer ensuite un parfait amour. Cela tombait à pic puisque l'impécuniosité les poussait à se complaire d'amour et d'eau fraîche, enfin presque... L'homme était doué d'un solide appétit des charmes de madame, elle le lui rendait bien. Las, à force de l'exposer pour tenter d'accommoder sa soupe, la jolie fut aperçue par le soleil en personne, qui s'en émut, ne voulut plus la rendre à l'infortuné qui n'y vit pas là la chance de sa vie. Que non !
C'est alors que commence la plus belle exhibition jamais vue de la preuve d'amour la mieux audacieuse de son temps.
Il est si honoré que celle qui est sienne soit celle en titre d'un roi, qu'il porte couronne en ramures de cerf sur le dessus de son carrosse, fait enjoliver les armes de sa famille de pareille manière, faisant même retoucher quelque sien portail de courette pour pouvoir entrer sans désarmer. Aucun honneur, fut-il aussi beau que celui d'un duché prairie avec ses titres et rentes, ne lui feront infléchir sa ligne de conduite ; il n'a qu'une vie, n'aura qu'un amour.
Le soleil on le sait bien est instable dans ses chaleurs, l'hiver suit l'automne avec encore plus de rigueur. Mais son altesse n'assumant pas le service après usage, pourvu qu'il ne fût pas religieux, donc loin de son céleste regard ; c'est une ancienne jolie, bien que peu marquée de ses multiples grossesses qui demandât protection de l'aile du marquis, son toujours encorné de mari...
Ce dernier, bien chagrin de cette demande, après mûres réflexions qui le mirent au supplice le plus terrible, lui refusa le refuge de son toit, par retour de courrier, sèchement.
En toute conscience, autant d'années plus tard, il se voyait trop usé, trop vieux et rhumatisant pour oser renouer avec le fil de cet amour avorté dans l'aeuf ; ne l'ayant jamais pensée autrement que soumise par contrainte, son âme lui étant resté fidèle il refusa tout de go.
La dame est bien connue son époux ne l'était pas, Jean Teulé nous dresse du marquis de Montespan un bien joli portrait, une très belle preuve d'amour, la plus belle puisque sans contrepartie, aucune.
| | 2010-04-28 | Note : 3/5 | Avis partagé Certes, l'Histoire et l'histoire valent le détour...
Pour autant,la vulgarité du style tente de détourner le lecteur du peu de recherches historiques.
Dommage !
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