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 Cliquez pour agrandir | Le tigre blanc De Aravind Adiga Editeur : Buchet Chastel Parution le : 15 Septembre 2008
Sélection Rue des Livres
Sous la forme d'une lettre à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine en visite officielle en Inde à Bangalore, un homme recherché par la police déroule son histoire à la première personne du singulier. Le tigre blanc c'est lui, Balram Halwai, l'enfant le plus intelligent du village mais d'une extraction si misérable qu'il n'a pu terminer ses études secondaires. Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l'un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi. Et tandis qu'il conduit son maître d'un centre commercial clinquant à un autre, d'un " call center " à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l'entourent et lui rappellent qu'il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de ... commettre un crime innommable.Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et " high tech " de Bangalore, Le tigre blanc nous raconte la vie et le destin d'un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l'occident, à travers un conte amoral, cynique, impénitent mais très charismatique, par l'un des représentants les plus talentueux de la jeune littérature indienne. La confession brutale, choquante et palpitante d'un jeune assassin dans l'Inde du vingt-et-unième siècle ; l'envers de la médaille d'une Inde qui brille économiquement. | Littérature étrangère [Premier roman]
Commentaires Amazon| 2008-09-14 | Note : 5/5 | Un belle découverte A l'occasion de la visite du Premier Ministre Chinois en Inde, un entrepreneur se présentant comme le Tigre Blanc lui écrit une longue missive dans laquelle il raconte son parcours d'entrepreneur hors normes. Issu d'une caste mineure, celle des cuisiniers, Balram, puisqu'il s'agit de son nom, réussit à s'élever de sa condition en devenant chauffeur. Employé dans une famille riche, il observe la société indienne, ses perversions, ses inégalités, sa corruption. Balram parviendra à devenir Entrepreneur, dans un pays qui se veut libre et moderne, qui se proclame ouvert et liberal... en devenant meurtrier...
Aravind Adiga nous offre ici un portrait acide et mordant de la société indienne. Nous plongeons dans l'univers moite des rives du Gange où Balram Halwai, promis par sa caste et sa pauvreté à rester inférieur, à abandonner l'école faute de moyens financiers. Mais le Tigre Blanc, comme l'a surnommé son instituteur, est une espère rare : une fois tous les cent ans, il naît un de ces animaux : libre, ambitieux, différent. Balram est un de ceux là. Employé comme chauffeur auprès de riches entrepreneurs, il quitte son village natal pour New Delhi.
Le roman, sous la forme de huit missives envoyées au premier ministre chinois, relate le parcours de ce jeune homme. A la fois mordant et édifiant, le ton nous entraîne dans une Inde multiple, où l'argent côtoie la misère, où la liberté tutoie l'asservissement. Une Inde où les classes sociales se frôlent sans jamais se toucher, où les nantis vivent dans la Lumière tandis que les pauvres se noient dans les Ténèbres, au milieu des cafards, des taudis, des immondices. Le jeune et honnête Balram finira par franchir la limite, enverra valser ses principes et sa morale, vaincu par une colère froide et la volonté de grandir, lui aussi.
La plume d'Aravind Adiga est d'une acuité sans concession, il dénonce calmement, sans acrimonie, comme on énonce une vérité qui n'a pas lieu d'être cachée, les inégalités, le mépris, la soumission. Voyage au caeur de l'hypocrisie, de la corruption, de la pourriture d'un système économique et politique, servi par une plume percutante et une ironie mordante, le roman démontre la logique implacable d'un parcours hors normes, celui d'un jeune homme devenu tueur, puis entrepreneur. Celui d'un modèle de réussite qui a su se défaire de ses scrupules, se libérer des chaînes imposées par des traditions ancestrales. La fin veut les moyens : ceux qu'à utilisés Balram sont nécessairement amoraux, cruels. Mais quand on nait pauvre, quand on n'a rien, il n'est point de limites pour celui qui veut sortir de sa condition.
Le roman se lit d'une traite, il est quasiment impossible de le lâcher une fois commencé. Aravind Adiga signe ici un premier roman envoûtant, puissant de précision.
A lire donc, toutes affaires cessantes.
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