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La gare d'Orsay

La gare d'Orsay

Auteur : Gilles Plum

Editeur : Nicolas Chaudun

La gare d'Orsay, initialement appelée gare d'Orléans, fut construite par Victor Laloux à l'approche de l'Exposition universelle de 1900. Elle fut la première gare de son genre à avoir été conçue pour la locomotion électrique. On en avait ainsi encaissé les voies pour permettre le passage des caténaires. Saluée comme un modèle de progrès technologiques mais aussi de bon goût, notamment grâce au luxe de son foyer (aujourd'hui conservé), la gare se révéla très vite inadaptée à cause de son emplacement en plein coeur de la ville, le long des quais. Dès avant la guerre, le trafic des voyageurs décline. La gare accueillera néanmoins en 1945 tous les déportés et prisonniers de guerre de retour au pays, avant que ne se confirme le projet de sa démolition et de son remplacement par des complexes ultra-modernes, parfois extravagants. Les projets futuristes se succèdent, préconisant tous l'arasement de l'inepte pâtisserie. Sa désaffection décrétée, des commissaires-priseurs y adjugent leurs bricoles, quelques bacheliers trinquent sur les coursives de sa verrière, la troupe Renaud-Barrault s'y produit. En 1977, Valérie Giscard d'Estaing décide de sauvegarder le bâtiment et de l'affecter aux collections d'un musée dédié à la gloire du XIXe siècle, couvrant les années 1848-1914.

Cet album grand public, qui amorce une collection de petites monographies architecturales, raconte en images le processus de la construction de la gare d'Orsay jusqu'à sa transformation en musée sous les auspices de l'architecte d'intérieur Gae Aulenti. L'auteur y aborde les différents projets initiaux, les caractéristiques architecturales et techniques de l'édifice définitif, son accueil critique, ses diverses affectations successives, ainsi que des projets modernistes, relatifs à son éventuel remplacement après destruction.

Gilles Plum, docteur en histoire de l'art, a dirigé une monographie sur le Petit Palais (Petit Palais, chef d'oeuvre de Paris 1900, Éditions Nicolas Chaudun-Paris-Musées, 2005) et une autre sur le Grand Palais (à paraître).

29,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
120 pages
ISBN : 978-2-3503-9036-9
Extrait

Extrait de l'avant-propos de Serge Lemoine :

Le musée d'Orsay, en vingt ans, aura reçu plus de cinquante-cinq millions de visiteurs attirés par les collections permanentes, les expositions temporaires, les multiples activités qui leurs sont proposées, mais aussi par le bâtiment qui l'abrite : cette gare construite pour l'Exposition universelle de 1900, grandiose et fastueuse, flanquée d'un hôtel déployé sur la rue de Lille. Victor Laloux (1850-1937), vainqueur du concours organisé par la Compagnie d'Orléans, Grand prix de Rome en 1878, conçoit une gare monumentale, aux façades tout en pierre, accompagnée d'un hôtel de 370 chambres. Il dessine également tout le détail de l'ornementation, dans un style éclectique, dont il confie la réalisation à des artistes officiels. À cet épisode se superpose celui de la transformation de cette construction industrielle typique de la fin du XIXe siècle en un musée moderne et vivant... Installer un musée dans un tel édifice, quelle gageure ! Une gare est un lieu essentiellement ouvert et bruyant, tandis que le visiteur du musée doit pouvoir découvrir et contempler les oeuvres dans des espaces fermés et calmes. Les obligations de sécurité, l'installation de l'air conditionné, la prise en compte de toutes les données de la muséographie actuelle dans l'immense nef, la nécessité de construire des salles capables de s'abstraire du décor très présent de la gare, de dessiner un parcours, d'occulter des fenêtres, aurait pu faire perdre son âme à l'ancienne gare. Au contraire, c'est pour cette sensation d'espace offerte par la grande nef, où se conjuguent un volume gigantesque et une lumière généreuse, que se pressent les visiteurs en longues files sur le parvis. Le jeu des couleurs, vert pour la structure ancienne, marron, blanc ou bleu pour les parties métalliques ajoutées, la distanciation omniprésente entre l'originel et l'intervention moderne permettent aisément de retrouver les formes et les espaces de la gare.

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