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Courrier des tranchées

Courrier des tranchées

Auteur : Stefan Brijs

Editeur : Héloïse d'Ormesson

« Le lait est plus épais que le sang » Londres, à l'aube de la Première Guerre mondiale. John Patterson refuse de s'enrôler, faisant fi du patriotisme et de l'effervescence populaire, contrairement à son meilleur ami Martin Bromley. Bercé par Keats et Thackeray, John, insatiable lecteur, veut étudier la littérature anglaise et se complaît dans cet univers aux antipodes de la violence du conflit. Mais celle-ci se rappelle brutalement à lui lorsque le père de John, facteur, ne se résout pas à donner à Mme Bromley la lettre l'informant de la mort de son fils. En France, sur le front. John est finalement appelé à rejoindre les rangs de l'armée. Il découvre que Martin n'est pas mort en héros comme annoncé, mais qu'il a été exécuté par ses supérieurs. Doit-il révéler la vérité à Mme Bromley avant de partir pour une opération où il pourrait y laisser la vie ? Courrier des tranchées est un roman sur le mensonge, les illusions et les faux-semblants. Portrait documenté d'une sombre période, où les notions de courage et de lâcheté paraissent soudain floues, Stefan Brijs raconte le gouffre entre l'exaltation de la guerre et son effroyable réalité. En virtuose de la construction romanesque, il donne chair à des personnages sidérants de justesse, emportés par intrigue ingénieuse qui surprendra le lecteur jusqu'à la dernière page.

24,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
590 pages
ISBN : 978-2-3508-7326-8
Les avis

La Première Guerre mondiale, à son déclenchement, constitue l'entrée véritable dans le XXe siècle .C’est ce que nous disent les historiens tandis que les écrivains y ont puisé les éléments de romans ayant marqué leur époque, et la littérature de leur pays d’origine .Dans son roman « Courrier des tranchées », Stefan Brijs, écrivain belge néerlandophone, prend le parti de décrire la guerre, vue de l’opinion publique ,dans les premiers chapitres du roman.
Nous sommes en 1914, dans un quartier populaire de Londres, dans l’East End .John Patterson, étudiant à l’université, est soumis à la pression patriotique, chauvine, déclenchée par les premiers développements du conflit. On le somme de s’enrôler, de faire son devoir, de servir son pays …Ce garçon, pour sa part, préfère étudier la littérature, se plonger dans les poèmes de Keats, les œuvres de Thackeray, dont il apprécie La Foire aux Vanités, Kipling , Milton .Il est en cela aidé précieusement par un ami du nom de William Dunn .Ce dernier n’a cure de cette fièvre patriotique qu’il assimile à de l’imbécillité, de la propagande, de la manipulation .Il initie John Patterson à la littérature allemande, à Goethe dont il fait découvrir Les souffrances du jeune Werther et Faust.
Après avoir découvert que son père, qui est facteur au Royal Mail, a omis d’envoyer des courriers annonçant la mort de soldats, habitants dans son quartier, John Patterson s’engage, alors que son ami Martin Bromley l’a devancé de quelques mois .John Patterson, dont la mère est très tôt décédée, est le frère de lait de Martin Browley. Il a été élevé en partie par elle.
Au front, c’est la découverte de l’armée , de sa discipline arbitraire, de sa routine, de ses contraintes multiples .John Patterson est ainsi amené à faire le courrier de ses compagnons d’infortune :Jimmy Parker, Simkins .Il observe également les attitudes du caporal Chapman, les choix du lieutenant Ashwell et les errements du capitaine Brooke .L’habileté de l’auteur, c’est de faire correspondre à la conduite de ces hommes des traits mentaux, des postures, des attitudes .Bien sûr, John Patterson découvre les horreurs du conflit : des charniers,, des monceaux de cadavres dans la boue, des trains de blessés atrocement mutilés .L’auteur souligne avec une grande pertinence la nécessité de rapporter les faits de guerre avec l’arme de l'illusion, de la reformulation, du mensonge,aussi.
John Patterson apprend à la fin du roman que son ami Martin Browley n’est pas mort au champ d’honneur, mais a été fusillé pour l’exemple …
Ce roman est bien construit, il progresse lentement, nous introduit dans des mondes très différents les uns des autres comme pour illustrer ce que la plongée dans un conflit aussi cruel que la Première Guerre mondiale peut provoquer dans la vie d’individus .
On pense au film de Kubrick(Les sentiers de la gloire), de Losey (Pour l’exemple) qui sont dans la même ligne thématique que ce roman. Il fait penser également au roman de Xavier Hanotte, Derrière la colline, dont le thème est très proche.
La lecture de ce roman nous aidera dans la mise en évidence du rôle du travestissement du récit historique, omniprésent, par les acteurs de l’histoire.

TRIEB

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