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Le destin de Laura U.

Le destin de Laura U.

Auteur :

Editeur : H d'Ormesson

À Vilavedra, le temps s'égrène lentement face à l'Atlantique. Juana, témoin des passions cachées de la famille Ulloa durant des décennies, se souvient du vieux comte de Gondomar, le patriarche des Ulloa, éperdument épris d'une femme qui ne pouvait être sienne ; de ses fils Rafael et Jacobo, condamnés à vivre séparés par un océan ; et surtout de la jeune Laura, élue par le Destin pour accomplir ses desseins. Mais telle une légende qui se murmure à voix basse, leur histoire finit par se propager et révèle les secrets de famille, les peurs, les soupçons et les désirs inavouables. La Galice et Cuba sont deux terres où les nouvelles sont apportées par le vent, où l'air entraîne les présages dans son sillage.
Le Destin de Laura U. est une saga familiale où les amours coupables, le péché et la démence mènent la danse. Susana Fortes nous plonge dans l'exotisme de la pluvieuse et austère Galice, où la piété traditionnelle flirte avec les superstitions ancestrales, et dans celui de Cuba, luxuriant et extraverti, où la religiosité se mâtine de sorcellerie.

Traduction de Nicolas Veron

22,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
201 pages
ISBN : 978-2-3508-7368-8
Les avis

Ce pourrait être le récit d’une saga familiale, dans la tradition la plus convenue du genre : le récit d’une ascension sociale, ou d’une décadence provoquée par la génétique familiale .Il n’en est rien. Dès le début du roman, le docteur Ulloa, contracte mariage le 25 juillet 1917, conformément au souhait de son père, le comte de Gondomar, seigneur de Salvatierra.
Quelque temps plus tard, le frère aîné du docteur, Jacobo, part avec son épouse pour Cuba, dans le but d’y diriger une plantation que possède la famille Ulloa de Andrade dans la province de Camagüey. À Vilavedra, localité de Galice, dans le nord-ouest de la péninsule ibérique, Juana, domestique, est le témoin direct de la vie familiale des Ulloa.
Et c’est vers une plongée dans des univers passablement inquiétants et pervers que nous entraîne Susana Fortes. Le rôle de la peur, comme moteur de conduite, y est omniprésent ; il dicte maints comportements et attitudes des membres de la famille Ulloa : ainsi, Rafael Ulloa se souvient-il avec douleur, des sentiments que lui inspirait son père : « Mais le pire n'était pas le tonnerre de sa voix, qui finissait par se briser en quinte de toux sous le poids de son propre effort, c’était le spectacle du courroux biblique d’un père despotique, capable d’infecter comme un aiguillon l’âme innocente de n’importe quel enfant. »
D’autres sentiments troubles sont décrits : celui Du docteur Ulloa, en proie à un désir de plus en plus explicite, impérieux vis-à-vis de Laura, héritière de la ligne Ulloa : « Le docteur Ulloa resta un bon monnaie à la regarder, debout contre la vitre, le gilet défait, les manches de sa chemise attachées par des élastiques. Pour la première fois de sa vie, il entendit résonner à son oreille, clairement, nettement, le démon. »
Une autre supposition est glissée dans le récit, à l’occasion entre José, un autre domestique, et Juana : « Ainsi donc, Mademoiselle Laura est la fille du comte (…) Tu veux dire, José ? Que Mademoiselle Laura est la sœur de sang de don Jacobo et du docteur, c’est bien çà ? ».
Le roman de Susana Fortes plonge dans les ténèbres de l’âme humaine, il introduit souvent des descriptions de cauchemars faits par les personnages. La superstition y tient une grande place. On pense à l’ambiance des romans de Bernanos, tels que Sous le soleil de Satan, ou Mouchette, et aussi aux peintures terrifiantes de Jérôme Bosch, très représentatives de l’ambiance de ce roman, très bien écrit, magnifiquement traduit, au style dense, au vocabulaire précis. À découvrir.

STEPHANE BRET

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