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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Seul le silence De Roger Jon Ellory Editeur : Sonatine Parution le : 21 Août 2008
Sélection Rue des Livres
Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l'ombre duquel il vit depuis l'enfance. Trente ans plus tôt : Joseph a 12 ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d'une fillette assassinée. La première victime d'une longue série qui laissera longtemps la police impuissante.
Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s'installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l'a touché de trop près. Mais à nouveau les meurtres d'enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours à l'oeuvre. Joseph n'aura alors d'autre solution, pour échapper à ses démons, que de reprendre l'enquête afin de démasquer le vrai coupable, dont l'identité ne sera révélée que dans les toutes dernières pages.
Au-delà du roman de serial killer, à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l'histoire du thriller. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.
R. J. Ellory est né en 1965. Après avoir connu l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. | Policier et Suspense
Commentaires Amazon| 2008-11-10 | Note : 5/5 | Fascinant En fait, l'histoire n'a pas d'importance. Elle est là, oui, elle est prenante, elle nous absorbe, elle nous enserre dans notre lecture. Mais au-delà de l'histoire donc, ou plutôt au-delà du thriller annoncé, il y a surtout cette qualité d'écriture qui fait que vous plongez corps et âme dans la vie d'Augusta Falls, que vous vous abandonnez à accompagner Joseph, que vous vous transformez en ombre silencieuse dans son sillage, vous récoltez chaque souffle, vous humez chaque effluve de ce petit coin d'Amérique. Vous êtes là, avec Joseph et ses copains, vous voulez aussi devenir un Ange Gardien et essayer de protéger les petites filles du comté. Vous êtes avec Joseph quand vous comprenez que le village aura tôt fait de désigner l'étranger comme coupable, coupable justement d'être étranger, différent. Donc coupable. Vous êtes à ses cotés quand il s'exile, quand il essaye de fuir ces fantômes qui le hantent.
C'est un roman qui vous fait vivre aux cotés de Joseph, vivre avec lui, cheminer avec lui. Hanté par la mort et le souvenir des petites filles, habité par leur mémoire, incapable de survivre, Joseph écrit pour se libérer, écrit pour cracher sa douleur et éloigner le mal qui le ronge. Rien n'y fait, le mal rode et Joseph doit l'affronter. Et vous êtes là, toujours, opprimé, suffocant parfois, vous êtes là parce que vous ne pouvez qu'être là. Avalé par le livre et la plume de l'auteur.
C'est un roman dont l'ambiance et l'atmosphère vous étouffent parce que vous êtes en totale empathie avec l'histoire, le personnage. C'est un roman dont le pessimisme est d'une grâce inouie.
Un roman à lire, donc, à caresser ensuite et à garder précieusement dans sa mémoire.
Brillant. Vraiment.
| | 2008-10-01 | Note : 5/5 | Une douce foi dans les Anges Seul le silence de RJ Ellory.
« Il te faut juste une première phrase, dit-il. Chaque grand livre commence par une première grande phrase, tu sais ? » P361.
La première phrase du roman de Roger Jon Ellory (en ne tenant pas compte du prologue et du passage qui se passe dans le présent) :
'Rumeur, ouï-dire, folklore. Qu'elle se pose au sol ou qu'elle s'élève dans les airs, selon la rumeur, une plume blanche indiquait la visite d'un ange.' P19.
La vie de Joseph Calvin Vaughan est marquée par les nombreuses visites de cet ange. L'apparition de cette plume blanche est annonciatrice des terribles évènements qui vont parsemer l'existence de ce jeune homme. Il y a un effet papillon lié à cette particule. Cette plume qui va paisiblement se poser sur la main de Joseph, ou s'accrocher à un montant de fenêtre, plongeant celui-ci, dans un tourbillon mélancolique, fait office d'avertissement. Comme la première goutte qui tombe avant l'orage. Une simple goutte, seule et inoffensive, qui vient à notre rencontre. C'est certainement ça le plus effrayant. L'aspect anodin d'un évènement juste avant le grand chambardement. L'ombre avant la nuit.
Cet ange, qui souffle le bon et le mauvais sur son destin, serait-il sa véritable muse ?
(Une douce foi dans les Anges est le titre original de ce cinquième roman de RJ Ellory, mais aussi le titre* d'un roman qu'écrira Joseph Calvin Vaughan.)
Il suffit de quelques pages pour apprivoiser le style d'Ellory et se laisser bercer par cette douce torpeur qui plane dans les pages de son roman. Celui-ci jongle habilement entre douceur et stupeur. La douceur quand Joseph écoute les conseils de son institutrice ou quand il explique à Elena pourquoi elle ne peut pas intégrer le groupe d'Anges Gardiens. La stupeur quand on découvre l'?uvre de la Mort dans l'entourage du gamin, qui rend certains passages véritablement bouleversants.
C'est une narration lyrique mais sans effusions, sans prétentions, à la fois douce et mélancolique, qui tranche avec les passages plus difficiles où la simple description des faits nous glace les sangs. C'est cette empathie que l'on ressent très vite pour le héros qui va nous permettre de nous fondre dans son histoire. On éprouvait déjà le même genre de sentiment en lisant le roman témoignage d'Henri Charrière dans Papillon et Banco. Puisqu'au final, Seul le Silence se trouve être lui aussi en fin de compte le livre témoignage* de Joseph Vaughan.
Le seul bémol du roman est peut être cette fin un peu trop rapidement expédiée, qui propose un coupable sans expliquer le mobile et sans provoquer de véritable stupeur dans l'esprit du lecteur. Mais a-ton vraiment besoin de savoir ? Très vite en cours de lecture, on parvient à se rendre compte que l'identité du coupable devient très vite secondaire. On veut juste savoir comment Joseph va se remettre en selle, comment sa détermination et son destin vont faire en sorte qu'il puisse peut être échapper à la mort qui frappe son entourage.
« Ça s'appelle l'imagination, et l'imagination est un talent vital et nécessaire dans ce monde. [...] Vous devez entretenir et cultiver votre capacité à imaginer. Vous devez laisser votre tête s'emplir d'images des choses auxquelles vous pensez et vous les décrire à vous-mêmes. Vous devez faire semblant... » P48.
Un autre aspect formidable du livre, c'est cette graine que l'auteur sème dans la tête des lecteurs qui ont envie d'écrire. Comme Stephen King l'avait fait à l'époque avec Écriture, Seul le Silence nous donne quelques conseils, quelques indices pour tenter de nous lancer à l'eau. Qui n'a jamais eu le désire de se ruer sur un instrument de musique, en lisant un écrivain nous dépeindre la magie provoquait par le contact avec un piano ou un violon. Qui n'a jamais voulu reproduire ces sensations lues, en caressant le bois d'un violon ou les touches ivoire et ébène d'un piano ? Pour l'écriture, c'est la même chose. L'envie de se prendre au jeu nous anime, et l'on peut très vite se retrouver armé d'un crayon, prêt à noircir la feuille blanche d'un cahier, juste pour faire semblant...
Pour vous mettre l'eau à la bouche, voilà par exemple, quelques passages envoutants :
'Je sentis que je me détendais à l'intérieur, comme si en acceptant sa requête je lui avais accordé l'absolution et le pardon. Je ne possédais pas ce pouvoir, mais je compris alors que le pouvoir que l'on se reconnaissait soi-même n'était rien comparé au pouvoir que les autres nous attribuaient.' P94.
« Quand tu aimes quelqu'un, tu le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations. Tu prends son histoire, son passé et son présent. Tu prends tout, ou rien du tout. C'est comme ça, Joseph, c'est juste comme ça. » P187
Récemment, l'auteur a eu l'occasion de lire "How to write a Novel" de David Armstrong. Voici l'un de ses passages favoris : « Plus vous travaillez dure, plus vous êtes chanceux. »
J'espère que nous saurons chanceux et que l'on aura très vite, l'occasion de pouvoir relire du RJ Ellory en France.
Frédéric Fontès
| | 2008-09-05 | Note : 5/5 | STUPEFIANT C'est à n'en point douter la grande révélation de cette rentrée littéraire. Un auteur qui sort d'on ne sait ou et qui, d'emblée, nous provoque un choc comme on n'en avait guère plus eu depuis Le Daliah Noir de son presque homonyme James Ellroy. Oserais-je dire qu'Ellory à mon avis va encore plus loin que son illustre prédécesseur, avec un style d'une incroyable puissance et des phrases dignes de figurer dans des dictionnaires de citations.
Au niveau thriller, l'intrigue est d'une efficacité rare - et franchement je défie les lecteurs de lâcher le livre avant de connaitre l'identité du tueur de petites filles! L'empathie que l'on ressent pour le héros, qui voit tous ses proches mourir les uns après les autres, est étonnante.
Après quelques recherches, j'ai vu que le livre avait fait un tabac outre-manche, pour le coup on ne peut qu'espérer que ce sera la même chose ici. Ne vous privez en tout cas pas de ce plaisir!
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