L'ESTAMPE DES FAUVES. Une esthétique du contraste
Vlaminck et Derain voulaient jeter des bombes avec la couleur : leurs gravures le font avec le seul jeu du noir et du blanc. Leur univers est celui de la bacchante et de la prostituée, des nudités érotiques et barbares dont Munch et Gauguin ont fourni le modèle. Au tournant du siècle, l'estampe s'épuise en raffinements, pastichant le Japon, édulcorant l'impressionnisme. Les Fauves vont lui apporter un sang nouveau, une technique à la rudesse inédite, taillant au canif dans le bois brut. A travers ces gravures, c'est un autre fauvisme qui se révèle, fondé sur les seules valeurs du noir et du blanc, un fauvisme des mythes et des figures archaïques, sans rien de commun avec les préciosités de l'Art nouveau et où se trahit la dette de ces artistes envers les arts africain et océanien.La sauvagerie s'adoucira vers 1910 ; une autre étape du bois s'amorce avec les images luxuriantes de Dufy pour le Bestiaire d'Apollinaire, avec les bois d'Othon Friesz.
