La crise de la finance globalisée
En septembre 2008, la crise financière, larvée depuis l'été 2007, entre dans une phase nouvelle et dramatique. Dans la quasi-totalité des pays occidentaux, marchés monétaires et distribution de crédit se bloquent et, d'un bout à l'autre de la planète, les autorités unissent leurs efforts pour y remédier... Comment en est-on arrivé là ? Ce livre montre en quoi cette crise est le produit d'une nouvelle étape de la globalisation financière, commencée à la fin des années 1990. Jusque-là, la globalisation avait surtout permis des transferts de risques entre nations. Après la crise asiatique de 1998, les transferts d'épargne se sont développés et ont vite atteint une ampleur jamais vue. Leur sens a toutefois été surprenant puisque les régions émergentes n'ont pas importé, mais exporté de l'épargne. En rendant ces transferts possibles, la globalisation financière a permis d'accélérer le développement de ces régions. Les pays occidentaux ont contribué à cette accélération en acceptant d'importer d'énormes quantités d'épargne et, surtout, d'en porter les risques. La globalisation s'est ainsi accompagnée d'un accroissement considérable de la quantité de risques pris par le système financier occidental. À partir de l'été 2007, cet édifice fragile se fissure : le « choc du subprime », les réactions longtemps hésitantes des autorités vont conduire à la première crise de la finance globalisée. Ce « Repères » tente aussi d'en tirer les leçons.
