 Cliquez pour agrandir | Trois hommes seulsDe Christian Oster
Editeur : Minuit Parution le : 15 Septembre 2008 ISBN : 978-2-7073-2050-6 EAN13 : 9782707320506
Marie m'invitait à passer quelques jours en Corse. Je pouvais venir avec qui je voulais. J'en ai donc parlé à Marc, que je fréquentais depuis trois semaines sur un court de tennis, du côté de la porte de Clignancourt. Lui-même en a parlé à un type que je ne connaissais pas. Sur la banquette arrière, j'ai pu caser la chaise que Marie m'avait laissée en s'en allant, deux ans plus tôt, et qu'elle me demandait de lui rapporter. Après quoi, tous les trois, on s'est dit qu'on ferait connaissance en chemin, et on est partis. |
Prix conseillé : 13,00 € - Prix : 12,35 € |
Acheter ce livreLa presse en parleLa vie à trois est une spécialité littéraire reconnue. Le théâtre, le roman en ont tiré de magnifiques effets. Nous avons eu les trois mousquetaires de Dumas, les trois sœurs de Tchekhov. Nous savons depuis Graham Greene que le troisième homme n’est souvent que le diable en personne. A deux, on est un couple. A trois, on est le monde. Si le nouvel opus de Christian Oster relève de cette dramaturgie trigonocéphale, ses personnages s’accointent plutôt du côté de « Trois Hommes dans un bateau », ce classique de l’humour victorien, récit d’une excursion burlesque sur la Tamise qui assura une gloire définitive à Jerome K. Jerome, et dont le titre complet était au reste : « Trois Hommes dans un bateau, sans parler du chien ».
L’étrange équipée de Paris jusqu’en Corse dont nous entretient Christian Oster aurait pu s’intituler : « Trois Hommes dans une auto, sans parler de la chaise ».
Comme dans tous les romans d’Oster, l’oisiveté en est le motif, en même temps que le prétexte. L’auteur de « Trois Hommes seuls » n’a pas son pareil pour peindre le désœuvrement, l’abandon, la déambulation célibataire, le quant-à-soi minuté des maniaques sans projet. Ses héros sont des types quittés, et qui en conservent une légère hébétude. Ainsi le narrateur de ce roman, à propos de qui on n’apprendra presque rien (lui-même semble se connaître bien peu) sinon qu’il s’appelle Serge Ganz et que, deux ans après avoir été plaqué par Marie, celle-ci l’invite à passer quelques jours en Corse. La maison des environs de Bastia est vaste, il peut venir avec qui il veut. Il se trouve qu’il vit seul, sans ami. Il en parle donc à un certain Marc, un gérant de boîte de nuit qu’il ne pratique que comme partenaire de tennis, et qui lui-même passera le mot au dénommé Koncharski, un ancien funambule de cirque reconverti dans le tertiaire et qui ne se déplace jamais sans son filin d’acier, bien qu’une chute ait mis un terme à sa carrière d’acrobate. Vous avez dit bizarre ? Sur la banquette arrière, le narrateur va encore loger la chaise que son ex avait laissée en s’en allant, deux ans plus tôt, un meuble dogon, à moins qu’il ne soit vietnamien, en tout cas ethnique et parfaitement inconfortable qu’elle tenait de son père, et qu’elle lui demande de rapporter.
Une double intrigue se fait alors jour : d’abord celle que vont nouer, dans le huis clos automobile, trois hommes qui ne se connaissent pas. D’autre part, le lecteur ne peut pas ne pas s’interroger sur le terme de la randonnée autoroutière et maritime, rythmée de silences et de quiproquos (qu’il ne compte pas sur Serge pour l’éclairer, trop occupé de sa douloureuse indifférence à soi) : la marchandise à livrer, est-ce la chaise ou le narrateur lui-même ? La réponse surprendra, révélant en Oster un maître subtil, sachant démêler le hasard, l’aléa, le coup fortuit, la virgule contingente, parfois, aux yeux du monde qu’il faut bien duper, la plus fatale et irrépressible nécessité. Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur |
Commentaires Amazon| 2010-02-22 | Note : 1/5 | 'Road movie' sans âme Je n'ai rien contre les 'road movies', même en littérature. Le thème de l'inaction ou du vide peut très bien mener à des réflexions profondes, voir originales. Sinon il peut inspirer à un style rénovateur, des vues qui invitent à réfléchir. Rien de cela dans ce roman 'Trois hommes seuls'. Une fine ligne entre le néant créateur et le non-sens y est franchi. Dommage car le point de départ semblait prometteur.
| | 2009-09-20 | Note : 5/5 | REGARD SUR TROIS HOMMES
Tois hommes voyagent ensemble sans se connaitre, et vont se découvrir et s'apprecier, sans véritablement se dévoiler. On retrouve dans ce roman la simplicité des relations entre hommes qui ne cherchent pas à se juger ni à se comparer mais qui au contraire s'écoutent et se respectent avec leur différence leur fragilité, leur sensibilité. Je découvre Oster avec ce roman, mais je compte ne pas m'arreter là. Merci pour cette simplicité. On se sent bien avec ces trois hommes.
| | 2009-06-05 | Note : 4/5 | Livre à lire en vacance Un petit livre sympathique, qui après un mauvais début de mon challenge, me réconcilie avec moi-même.
C'est une petite histoire sans chichi. Serge reçoit un jour l'appel de Marie, son ex-femme apprendra-t-on plus tard, elle lui demande de venir lui rendre sa chaise jusqu'à Barretonne, en Corse... Serge, malgré la proposition impromptue, s'exécute! Mais comme il n'a aucune envie de partir tout seul il propose à un ami qu'il connait depuis peu, de l'accompagner: Marc. Ce dernier propose à un autre ami à lui de se joindre à eux.
On y apprend que Marc est obsédé par une femme, on se demande pourquoi Cyril a arrêté le funambulisme pour devenir banquier, et puis il y a Serge qui va fuir devant Marie.
Ce récit qui a un petit goût de début de vacances m'a beaucoup plu. Même s'il est vrai qu'on pourrait lui reprocher de manquer de substance, je trouve que l'auteur possède un vrai style, une vraie façon de conter, qui me charme. Mais sa façon de rendre les conversations sans aucune ponctuation, est un peu déroutante.
A lire donc avant de partir en vacance ou sur la route ...
| | 2008-09-29 | Note : 4/5 | La force de la simplicité Un jour, la femme qu'il a aimé (qu'il aime encore) appelle le narrateur et l'invite en Corse, chez elle, afin qu'il lui rapporte une chaise, dernier objet qu'il a d'elle, ultime lien entre eux. Il ne réfléchit pas et part, avec deux vagues connaissances, et les tant redoutées et tant espérées retrouvailles se rapprochent à chaque kilomètre parcouru, tandis que tous trois font connaissances. Arrive le moment ultime et... Bon, on est dans du Minuit, c'est à dire une littérature un peu à part, même si cette fois cela reste classique. La tournure des dialogues est très vivante, et on attend qu'une chose, la confrontation entre les anciens amoureux qui, finalement, tourne court... On se demande souvent où nous emmène Oster, et puis, à l'ultime phrase, tout jaillit. Et rien que pour cette fin, le livre mérite d'être lu !
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