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Enfant 44

Enfant 44

Auteur : Tom Rob Smith

Editeur : Belfond

Dans la Russie stalinienne, en 1933 et 1953

Hiver 1933. Une famine sans précédent fait rage dans le pays.
À la recherche d'un peu de nourriture, Pavel et son petit frère Andrei font une découverte inespérée : un chat. Alors que l'animal est quasiment mort sous les coups des enfants, la silhouette d'un homme se profile devant eux. Sous les yeux d'Andrei, l'homme assomme Pavel et l'emporte dans un sac.

Hiver 1953, Moscou. Le corps d'un petit garçon est retrouvé sur la voie ferré. Nu, la peau lacérée, sa bouche est remplie de terre.
Agent du MGB, la police d'état chargée du contre-espionnage, Leo est un officier particulièrement zélé, acquis à la grandeur du communisme et au régime stalinien. Face à la famille qui croit à un assassinat, Leo reste fidèle à la ligne du parti : le crime n'existe pas dans le parfait Etat socialiste, l'enfant a été victime d'un accident, l'affaire est classée.
Leo poursuit son travail mais ses certitudes commencent à se fissurer. Il tombe alors en disgrâce, sans doute à cause des intrigues de Vasili, un de ses subordonnés. Sa femme, Raisa, est nommée sur une liste de dissidents.
Refusant de la dénoncer, Leo est alors contraint à l'exil et tous deux sont déplacés dans une petite ville d'Oural. Leo et Raisa commencent une nouvelle existence dans un appartement sordide. Tandis que Raisa trouve un poste d'institutrice, Leo découvre qu'un autre meurtre d'enfant a été commis dans la forêt, tout près de la gare, dans les mêmes conditions que « l'accident » de Moscou.
Pour Leo, plus de doute possible : ces meurtres sont liés les uns aux autres, et le fait d'un même homme qui a sans doute déjà tué auparavant...

Vendeur : Amazon
Parution :
398 pages
ISBN : 978-2-7144-4438-7
Les avis

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur qui nous plonge dans la période soviétique en décrivant la difficulté de la vie, que ce soit la famine, la misère, et surtout la terreur de se faire dénoncer qui engendre la paranoïa.
N’importe qui peut être dénoncé, que ce soit parce qu’il a un comportement suspect ou simplement parce qu’un voisin ou ennemi désire se venger. Le MGB terrorise, car chacun sait que si l’on est arrêté, on est forcément coupable, il n’y a pratiquement aucun moyen de prouver son innocence.

Les personnages sont très bien développés, notamment le tueur. Même si cela met un moment, l’auteur prend le temps de donner des informations petit à petit, la façon dont le passé de ce meurtrier a influencé sa vie adulte est très bien ficelée.
Chaque personnage a des traits de caractères qui lui sont propres et l’auteur a veillé à ce que chacun ait son histoire, assez détaillée.
Les liens tissés entre certains personnages sont donnés rapidement mais subtilement, de façon à ce qu’on ne les repère pas immédiatement, mais au moindre petit indice donné plus tard, on comprend immédiatement.

Tom Rob Smith décrit vraiment bien le sentiment de paranoïa : n’importe qui peut être espionné, et au moindre faux pas, au parcours inhabituel, on peut être dénoncé, que ce soit les adultes ou les enfants. La dictature de Staline est très bien représentée : les rares bons côtés (discipline et patriotisme) mais surtout les limites de sa politique et la terreur extrême : pour sauver leur vie, beaucoup dénonçaient au mieux des ennemis, au pire de parfaits innocents. Le MGB et les milices, voulant arrêter les espions, ne se préoccupaient pas du fait d’arrêter des innocents : la sécurité de l’Etat était trop importante et aucune information ne devait être donnée aux autres pays.

L’intrigue principale est vraiment très bien travaillée, et le fait qu’elle soit coupée avec une sous-intrigue et cet énorme sentiment de paranoïa ne gêne pas du tout et permet même de se plonger dans le roman.


En conclusion, un très bon roman qui tient en haleine et qui nous plonge littéralement dans l’époque soviétique. Les personnages sont très bien exploités, il n’y en n’a pas un qui soit inutile, ils ont tous leur histoire et leurs secrets.
Sans parler de l’identité du tueur, et la raison de tous ces meurtres qu’il a commis… la fin du livre m’a complètement sciée.

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