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Qui ne dit mot consent

Qui ne dit mot consent

Auteur : Alma Brami

Editeur : Mercure de France

Sélection Rue des Livres

Émilie et Bernard vivent à la campagne avec leurs deux enfants. Pour quitter la ville, Bernard a parlé de qualité de vie, d'épanouissement et d'air pur ; Émilie a suivi docilement, abandonnant derrière elle parents et amis. Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante : il a recruté par petite annonce une amie pour Émilie ! Depuis, les « amies » se succèdent, auprès d'Émilie comme dans le lit de Bernard. Sabine, Elsa, Odile, Aurélie... toutes interchangeables, et renvoyées aussitôt que Bernard se lasse... et trouve refuge auprès de sa petite femme adorée ! Vue de l'extérieur, la situation peut sembler cocasse ; mais dans l'intimité, Émilie souffre et perd pied... Comment exprimer sa colère et retrouver sa dignité ?

Sur le ton tragi-comique qui caractérise son oeuvre, Alma Brami nous entraîne au coeur d'une famille bien étrange. Oscillant entre le réalisme et le conte, elle dresse le portrait émouvant d'une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

16,80 €
Vendeur : Amazon
Parution :
176 pages
ISBN : 978-2-7152-4535-8
Les avis

Un personnage féminin pris au piège d'un amour à la fois vital et destructeur: Emilie laisse sa vie se perdre, se défaire, sans combattre. L'auteure fait entrer le lecteur dans ce qui paraît inimaginable, incompréhensible, si l'on s'en tient à la rationalité ou si l'on reste à l'extérieur de ce huis-clos. Le récit à la première personne fait justement entrer de manière d'autant plus forte et cruelle dans le drame, dans la mesure où il révèle les contradictions de cette femme, très lucide sous l'emprise de l'homme qui la détruit. La manipulation psychologique est au coeur du roman, et elle n'est sans doute pas la seule victime. L'écriture d'Alma Brami fait de ce personnage un être qui suscite des sentiments ambivalents : le lecteur lui-même hésite sur la posture à prendre. Comme pris à témoin par le "je", il s'interroge sur les mécanismes complexes de cette relation amoureuse, apparemment dévoyée, mais en même temps justifiée, excusée, voire désirée. Il la "comprend" et la "condamne" en même temps.
La force du roman repose sur cette distance, cette ambivalence à plusieurs niveaux, au coeur même de la narration : l'écriture d'Alma Brami est au plus près de l'intime, de l'émotion, de la souffrance, mais avec une forme d' objectivité apparente du récit (écho de la lucidité du personnage) qui renforce le tragique au lieu de l'atténuer.

Evelyne Sagnes

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