| NaufragesDe Yoshimura Akira
Editeur : Actes Sud Parution le : 28 Janvier 1999 ISBN : 978-2-7427-1659-3 EAN13 : 9782742716593
Dans un village isolé entre mer et montagne, une petite communauté tente d’échapper à la misère en entretenant d’étranges coutumes. Isaku n’a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg au-delà de la montagne. Devenu d’emblée chef de famille, Isaku se voit attribuer une responsabilité dont il ne peut imaginer les conséquences. Une tempête s’annonçant cette nuit-là, d’immenses feux sont allumés sur la plage. Chargé de surveiller ce rite ancestral, Isaku va assister à l’arrivée d’un navire qui, ayant repéré les feux depuis le large, s’approche de la plage pour échapper au naufrage. Mais une barre rocheuse déchire la mer aux abords du village, et le piège se referme sur ce bateau qui, sous les yeux horrifiés de l’enfant, sombre en offrant à la communauté sa précieuse cargaison.
A travers ce récit envoûtant et cruel, Akira Yoshimura évoque la violence presque primitive d’une communauté villageoise totalement isolée dans un Japon hors du temps. S’appuyant sur le cycle des saisons, il décrit les conséquences de cet enfermement sur le destin d’un enfant dont la naïveté ne peut engendrer la révolte ni quelque autre forme de jugement face à la misère. |
Prix conseillé : 16,62 € - Prix : 15,79 € |
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Commentaires Amazon| 2010-04-06 | Note : 5/5 | Délicatesse de l'écriture et histoire poignante - un subtil mélange à la japonaise Un livre magnifique où la délicatesse et la simplicité de l'écriture japonaise se mêlent à une histoire très poignante de tout un village. Beaucoup d'émotion... à lire absolument !
| | 2007-09-24 | Note : 4/5 | un conte philosophique sombre et cruel Isaku, jeune garçon de neuf ans, apprend la vie en grandissant au coeur d'un village de pêcheurs coincés entre mer et montagnes. Son père est parti "se louer" comme force de travail laissant à son fils aîné mais pourtant si jeune la lourde responsabilité de sa famille. Pour échapper à la misère omniprésente les villageois se soumettent à une étrange coutume en se faisant naufrageurs : les nuits de tempêtes ils allument de grands feux sur la plage, attendant que des navires en difficulté, trompés par la lumière, viennent s'échouer sur les récifs, afin de les piller après en avoir tué l'équipage. Hors du temps, hors du monde, le village ne survit que par sa monstruosité. Bien sûr, il devra en payer le prix...
Akira Yoshimura nous propose ici un conte philosophique inspiré d'une légende japonaise. Sombre et cruel, ce récit parabolique épouse avec mélancolie le rythme lent des saisons au fil desquelles Isaku découvre le destin violent dévolu à ses semblables. A la fois sublime, triste et rude ce récit d'une grande intensité est souligné par une écriture austère, épurée à l'extrême, à la limite de l'exsangue et d'une remarquable précision.
| | 2007-08-07 | Note : 5/5 | Sublime mais aussi Triste et Cruel. Dans un Japon encore primitif, Akira Yoshimura nous fait découvrir la survie d'un village de pécheurs. A travers le regard d'Isaku, jeune garçon de 9 ans à qui le village demande trop tôt de devenir adulte, nous partageons et participons à la vie de ce village. Les couleurs de la forêt, les senteurs des embruns et les odeurs du poisson séché nous prennent au caeur. Le désespoir de ces villageois ou, par moment leur joie intense, nous touche énormément surtout devant la cruauté que la survie d'un tel village peut entraîner.
Un roman magnifique, d'une intensité remarquable, une aeuvre majeure à conseiller, et même pour les lecteurs qui ne sont pas passionnés par le Japon et aussi pour ceux qui ont envie de découvrir un Japon différent, méconnu, en dehors des temples de Kyoto ou de l'atmosphère urbaine de Tokyo.
L'espérance de tout un village de pécheurs fâce à la perdition des bateaux croisant au large de leurs côtes.
| | 2006-09-18 | Note : 5/5 | Pour quelques sacs de riz ... On avait lu ce court roman d'Akira Yoshimura il y a un peu plus de quatre ans.
Ces Naufrages nous avaient laissé un fort souvenir, une trace indélébile. L'histoire était rude et puissante, l'envie d'y goûter à nouveau restait là.
À la relecture, ce petit conte philosophique a conservé toute sa force et l'écriture de Yoshimura gardé toute sa noblesse.
Le japonais nous fait partager la dure, très dure, vie des pêcheurs d'un petit village perdu le long de la côte.
Quelques habitants survivent là, isolés entre mer et montagne.
Lorsque la saison de pêche n'est guère fructueuse, les familles sont obligées de vendre un des leurs (fille aînée, femme, mari, ...) à quelque maquignon en échange de quelques sacs de pauvres céréales. Tous ne reviennent pas au village.
Alors au fil des siècles, les habitants du village ont pris coutume de se faire naufrageurs.
a récolte du sel (ils font bouillir de grandes bassines d'eau de mer) se fait désormais sur la plage : en cas de mauvais temps, ils escomptent bien que quelques bateaux apercevront les feux ainsi allumés sur la grève ...
Après la saison de la pêche, vient la saison des tempêtes et si les vents ne leur sont pas "favorables", ils devront bientôt vendre la fille aînée, enfin la plus âgée qu'il leur reste, en échange de quelques sacs de riz ...
Ainsi dans le village du jeune Isaku dont le père est parti il y a près de trois ans se vendre sur quelque chantier, il faut savoir traverser plusieurs années sans naufrage "providentiel".
Mais lors d'un hiver enfin plus propice que les autres, c'est la fête !
Malheur ensuite aux rares marins survivants ...
La vie des habitants du village du jeune Isaku est assurément l'une des plus dures qui soient. Mais ce qui les attend à la fin du conte sera plus sévère encore.
L'écriture d'Akira Yoshimura est sobre et sèche comme il convient à cette cruelle histoire. Au fil des saisons, il fouille sans relâche, jusqu'au coeur de ces hommes.
Cet auteur maîtrise une rare puissance d'évocation : tout au long de ces quelques pages on reste collé au rivage, les pieds dans le sable aux côtés d'Isaku et de ses compatriotes.
Une très très belle occasion de découvrir la littérature japonaise.
Pour celles et ceux qui aiment les pêcheurs.
| | 2004-10-18 | Note : 5/5 | La vie, tout de même Isaku est un enfant à qui l'enfance est refusée. Membre d'un village de pêcheurs, il devient chef de famille lorsque son père part au loin louer sa force de travail pour plusieurs années. La vie est dure, la nature hostile. Il faut alors tenter le diable pour arriver à passer l'hiver puisque passer l'hiver est le leïmotiv du groupe. Isaku découvre que ses pairs sont naufrageurs. Il va devenir l'un d'eux. Noir et fort, ce roman nous transporte ailleurs et en d'autres temps, tout comme Zola. La vie, coûte que coûte. La vie, tout de même.
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