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Le decameron des femmes
De Julia Voznesenskaya
Editeur : Actes Sud
Parution le : 4 Septembre 2001
Sélection Rue des Livres

Elles sont dix accouchées qu’une épidémie retient dans une maternité de Leningrad. L’une d’elles propose ce divertissement : parler sans façon, puisqu’on est entre femmes, des choses de l’amour. A chacune un ton personnel, tendre ou retenu, grave ou impudique, truculent ou cynique, pour revivre le premier amour, raconter un viol, évoquer l’infidélité ou la jalousie, exprimer la vengeance ou témoigner du bonheur.

Dans les interstices de leurs souvenirs, de leurs confessions parfois, s’esquissent peu à peu l’empreinte de l’Histoire… et celle d’un régime soviétique qui pèse lourdement sur la condition féminine.

  • [Poche]
  • Collection : Babel
  • L'avis de Rue des livres

    Une épidémie contraint quelques femmes, sous le régime communiste en URSS à se retrouver isolées et ces femmes, pour se divertir, se racontent.
    Elles abordent ainsi, sous forme de décaméron: l'amour, la fidélité,la vengeance, le sexe, le bonheur....Elles racontent, sans retenue,des histoiresde femmes dans l'URSS communiste.
    Entre violence et douceur, larmes et rires,cet ouvrage est à la fois léger et à la fois très puissant.
    Livre étonnant qui ne laisse aucune place à l'indifférence.
    Marie-Laure


    Commentaires Amazon

    2007-01-03Note : 5/5
    Le Communisme, cest le pouvoir des Soviets plus lalcoolisation de tout le pays
    A lépoque de Khrouchtchev, dix femmes sont en quarantaine dans une maternité, et pendant dix soirées, elles vont nous raconter chacune une histoire sur un thème imposé.
    A travers ces figures représentant un large éventail de milieux sociaux et de courants de pensée (prof de musique, ouvrière de chantier, prof de biologie, dissidente, fonctionnaire au Comité exécutif du soviet de la ville, hôtesse de lair, etc.), cest toute la Russie de ces années-là qui est dessinée dans ses moindres détails.

    Les thèmes se succèdent eux aussi, le premier amour, la vengeance, les actes nobles, le bonheur, le viol, la jalousie, etc.
    Et on se prend totalement au jeu, on attend avec impatience ce quaura à dire unetelle sur tel sujet, on sémeut aux larmes sur la belle-mère de Galina, on est daccord avec toutes sur le fait quIrichka a fait preuve dune grandeur dâme admirable avec ses bananes, on découvre le jeu de la marguerite et on est abasourdies.
    Je me suis sentie tout à fait en terrain connu avec le ton de ces histoires et anecdotes, la Pologne avait vraiment beaucoup de points communs avec lURSS de cette époque-là.
    Il y a en plus un ton familier, une manière de raconter à la fois très enfantine et toute crue qui me rappelle beaucoup les récits oraux de mes tantes et grands-mères.
    Mais attention on est très loin des clichés et de lhumour bon enfant. Ici on se bat pour trouver le strict nécessaire, on fait la queue des heures sans certitude dobtenir quoi que ce soit au final, la vie est une jungle et lhomme un prédateur, le tout dans une absurde bureaucratie où linsulte et les revirements sont permanents.
    Et pourtant, cest vivant, ça bruisse, ça rit, cest une merveille dintelligence.
    Les traductrices ne sont pas en reste, jai beaucoup aimé leur note de bas de page p. 383 :
    « En fait, presque toute la famille est morte à Auschwitz (cf. huitième histoire du premier jour). Mme Voznesenskaya la oublié, faisons-en autant. (N.d.T.) »
    Daccord.
    Le dernier mot à Irischka, avec toute mon affection :

    « Voilà, jai parlé de tout le monde. Maintenant, je vais dire un mot sur moi-même. Mes amies, mon bonheur est révoltant, impardonnable. Je ne peux pas me rappeler un seul jour où je ne me suis pas sentie aimée par les gens qui mentouraient ma mère, mes sSurs, mon mari Sérioja. Je nai nullement envie daller voir ailleurs, je nai aucune envergure ni aucun talent. Je rêve davoir encore un tas denfants et de menivrer de bonheur. Mais je veux dire une chose : jaimerais quand même bien avoir une vie plus civilisée. Je trouve que nous les femmes, et pas seulement nous qui sommes ici à raconter des histoires, mais toutes les femmes de ce pays, nous méritons une vie moins dure. Voilà. »

    Lont-elles obtenue ?...

    2002-09-03Note : 4/5
    Femme russes
    Construit sur le principe du Decameron, avec des thèmes similaires (infortunes de personnages, comique de situation,...), cet ouvrage décrit la condition de la femme russe. Le régime soviétique et la pauvreté sont des thèmes constants, mais traités avec beaucoup d'humour.

    2002-08-22Note : 4/5
    Pour les sentimentaux!
    Des femmes... mais pas n'importe lesquelles. De femmes qui ont quelque chose à dire, des histoires à raconter... Ce livre qui est plus une succession de nouvelles qu'un roman, nous plonge dans l'univers du communisme au temps de l'URSS.
    Beaucoup, beaucoup d'émotion dans les histoires de ces jeunes femmes aux destins si défférents et si proches à la fois: violence, amour, viol, amitié, détresse... tous les sentiments y passent, pour notre plus grand plaisir!

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