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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | La Forme profonde De Denis Lachaud Editeur : Actes Sud Parution le : 3 Janvier 2003
Dans une impasse résidentielle tranquille du bord de mer, des enfants grandissent en toute sécurité, sans déranger personne. Leurs parents se côtoient, se fréquentent ou s'ignorent, happés par le quotidien et leurs soucis d'adultes. La violence ordinaire s'insinue pourtant dans le clan des enfants, bouleverse les destins sans faire de vagues. Une violence imperceptible par les parents, mais à la hauteur de leurs propres mensonges, et de ce territoire impalpable et pourtant si maîtrisé du paraître. Entre peur de l'interdit et faux-semblants, qu'en dira-t-on et jeux de rôles, rue des Marsouins l'été passe en silence... | [Poche]Littérature
Commentaires Amazon| 2004-07-22 | Note : 5/5 | une belle interrogation sur les origines du mal Ce livre-puzzle possède une structure énigmatique, brasse les temps et les personnages. Celui qui a lu "J'Apprends l'allemand", du même auteur, risque d'en être un peu déconcerté. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a deux unités dans ce livre: l'une est bien visible, c'est l'unité de lieu, un petit bout de rue qui débouche sur la mer, et où coexistent sans vraiment se connaître plusieurs familles de milileux sociaux très différents. L'auteur tire de cette mosaïque des effets satiriques et dramatiques intéressants, mais le procédé en lui-même n'est pas très original. Mais la deuxième unité est fournie par la réflexion sur le devenir humain, sur ce qui forme et déforme chacun de nous. La "forme profonde", sur un chantier naval, c'est l'architecture du bateau telle qu'elle peut être vue de l'intérieur, au moment où seules les structures générales sont en place. L'un des personnages les plus lucides du roman, Philippe Pommier, technicien aux chantiers, l'exprime à sa façon, p.127: "La nature m'importe peu. Ce que j'aime, c'est les paysages où l'homme a posé sa main (...) J'aime voir une maison sortir de terre, un beau pout couper une vallée..." Dès lors on comprend la métaphore: pourquoi tant d'enfants grandissent-ils déformés? (Le fils de Philippe, Kevin, en est un exemple). Pourquoi faudra-t-il que le paisible Quentin subisse un viol qu'il compense par le meurtre d'un bambin innocent, et attende dix ans pour se poser des questions ? Denis Lachaud nous donne à voir, et surtout à méditer, cette violence latente le plus souvent au sein des secrets familles et qui se révèle de manière parfois explosive mais plus souvent sournoise, dans le cadre des rapports sociaux et de la vie de couple (le personnage de Sylvain, brillant apprenti-manager et macho aussi délibéré qu'inconscient, est à cet égard très réussi). Ce sujet prêtait à la satire, voire à la charge. Denis a choisi une toute autre voie: celle de l'interrogation inquiète. Qu'il en soit remercié.
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