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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Equinoxe De Arnauld Pontier Editeur : Actes Sud Parution le : 3 Janvier 2006
Sélection Rue des Livres
Du haut de la fenêtre de son quatrième étage, Carine regarde les gens passer, traverser ce monde des vivants dont elle est exclue depuis l'accident qui l'a privée de l'usage de ses jambes et de la parole. Elle habite seule avec sa mère, toute de servilité et de culpabilité, qui lui demande quotidiennement si elle a besoin de quelque chose Mais Carine n'a plus besoin de rien. Ce qui la ronge tout entière, c'est le désir, l'envie qu'un homme la prenne dans ses bras et lui rappelle tendrement, sauvagement, ardemment, qu'elle est une femme de chair vivante même si son corps est condamné à l'inertie et au silence. La relation qui s'ébauche à distance d'abord, avec l'homme d'en face provoque l'irruption du dehors et de l'autre dans le monde clos de l'appartement. Equinoxe est la poignante histoire d'un individu qui tente de se reconstruire par la transgression par le fantasme, par la reconnaissance et la revendication progressives de ses besoins vitaux, de son droit inaliénable à l'espoir. Bien loin de tout discours conformiste ou rassurant, voici un très beau livre sur le handicap et la vie, sur l'orgueil et le dégoût de soi, sur l'imaginaire et la réappropriation du réel, sur le désir qui mutile ou libère. |
L'avis de Rue des livresUn ouvrage magistral de splendeur tant dans le style d'écriture que dans le contenu.
Emouvant et poignant, l'auteur Arnault Pontier arrive à se glisser dans l'intimité d'une jeune femme handicapée avec un talent indescriptible.
A conseiller vivement, mais à ne pas dévoiler..... Marie-Laure |
Vos avisJ'aurais dû depuis longtemps (moi qui suit bien souvent les "conseils" de ce site pour mes lectures) ajouter ma voix pour dire combien il faut lire et faire lire ce livre. Il fait partie de ces livres, trop rares, que l'on emporterait sur une île déserte, parce qu'ils peuvent être lus et relus. Un livre profond, émouvant, drôle aussi parfois, juste toujours. Avec des phrases à noter sur le cahier de notre propre vie. Carine existe, j'en suis sûre : je l'entend en moi. Marie
J'hésitais à le lire : le sujet "handicap", sans doute... On ne veut pas voir, pas savoir. Grossière erreur ! Ce livre est un bijou. Rien que pour la première page, il vaut la peine ! On devrait le voir en pile chez tous les libraires, en lieu et place des niaiseries à grand tirage... Il devrait être le bréviaire de tous nos politiques, en cette période où, pour cause d'élection, ils s'intéressent un peu au "terrain". J'ai bien envie de leur en envoyer quelques exemplaires.
LISEZ-LE !
Après "La Treizième cible" (du même auteur et excellent)où le narrateur était très - trop - masculin pour m'être sympathique, je n'aurais pas imaginé Arnauld Pontier écrire en se mettant à la place d'une femme. Pourtant le résultat est là : Carine est juste jusqu'au bout. C'est notre soeur. Son désir est le nôtre. Pas besoin d'être handicapé pour se sentir concerné ! C'est fort.
Merci, Arnauld. Joëlle
Actes Sud nous a proposé cette année quelques très bons textes. Avec Equinoxe, Arnauld Pontier signe un ouvrage magistral à la fois très profond et très agréable à lire grâce à une écriture magnifique, sans écaille, sans écueil. On lit l'ouvrage d'un trait. Et la fin, surprenante, donne envie de le relire avec un nouveau regard.
Une belle histoire et une belle leçon d'humanité. J.Marc
Formidable bouquin ! Devrait être obligatoire pour tous les bipèdes. Une claque qui fait rire et pleurer et remet les pendules à l'heure. Et un grand style. Bravo, oui. Arthur
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Sur le forum
Commentaires Amazon| 2007-04-07 | Note : 4/5 | Le cri du handicap Voilà un roman qui vous envoie un uppercut en pleine face comme vous aimeriez en recevoir plus souvent en littérature ! Carine est une jeune femme paralysée qui vit en fauteuil, elle a perdu l'usage de ses jambes et de la parole dans un accident de voiture qui a coûté la vie à son père. Pour communiquer, elle griffonne sur une ardoise. Elle vit seule avec sa mère, laquelle se noie dans sa culpabilité et sa détresse. Carine hurle sa rage en même temps que son désir, celui d'un homme qu'elle aperçoit à la fenêtre de l'immeuble d'en face. Commence alors le récit de leurs rencontres, leur désir qui dérange mais qui est un cri à la vie. A moins que ... ?
Des ressorts romanesques bienvenus et c'est un livre qui bouleverse, qui vous pousse à vous interroger sur votre regard et votre compassion bien-pensante à l'égard des handicapés, tout ce que vous faites et ce que vous ne faites pas. Un livre qui fuit le conformisme ambiant sans toutefois dénoncer agressivement ou diaboliser, un livre qui offre intelligemment un regard différent, et c'est beau ainsi.
| | 2006-07-20 | Note : 4/5 | La rage au ventre C'est la rage au ventre qui vous prend en lisant ce roman d'Arnauld Pontier, la même que celle qui fait rugir la jeune narratrice, Carine, clouée dans un fauteuil, à demi paralysée, les jambes mortes, le corps complètement mis en échec depuis l'accident qui a coûté la vie à son père. Elle vit désormais seule avec sa mère, leur dialogue de sourds nourrit ce texte du début à la fin. Carine ne peut pas parler, juste griffonner sur une ardoise, mais elle a cette haine dévorante vis-à-vis de sa génitrice. Celle-ci tente de se rassurer, d'accomplir ses gestes de bonne maman infirmière, mais la honte est plus forte, la culpabilité aussi.
La relation entre les deux est prédominante. C'est une relation d'amour et de haine, on ignore exactement ce que ressent la mère mais on devine son abattement. La jeune Carine laisse échapper des traces, des indices. Mais on ne sait qui plaindre dans l'affaire : Carine a cette violence particulière et compréhensible d'en vouloir à la terre entière d'être figée sur son fauteuil. Et puis la jeune fille crève et rêve d'amour, de rencontrer un homme, d'avoir sa dose de sexe, de revivre à nouveau par les yeux d'un autre...
C'est très fort. Le texte nous embarque dès les premières lignes, cela se lit très vite. La boule est au ventre. On tient la main de Carine, on reçoit ses griffes, ses crachats. On comprend qu'elle refuse la pitié. Et les passages sur la disparition de son père sont bouleversants; on conçoit qu'elle s'en veut de verser des larmes, qu'elle se venge sur sa mère et qu'elle ne lui pardonne pas ses méprises. C'est un roman qui n'est pas larmoyant, tout au contraire ! Il met en lumière le combat douloureux, l'ambivalence du handicap et l'auteur a ce double talent étourdissant : il s'est glissé dans la peau d'une jeune fille, paralysée qui plus est ! J'ai vraiment reçu ce roman comme un coup de poing en plein coeur, coup de boule dans le ventre ! Lisez-le ! ! !
| | 2006-03-08 | Note : 5/5 | Chapeau bas Monsieur Pontier... En me plongeant dans ce livre qui m'avait été chaudement recommandé et que je devinais émouvant et fort,la luminosité de son papier m'est apparue comme une étincelle d'espoir,qui,au fil des pages,s'est révélée être un hurlement,un appel au-secours.C'est le combat d'une femme,qui pour survivre à son handicap,se laisse pénétrer par ses désirs et ses fantasmes féminins.Son mutisme étrangle ses cris de colère qu'elle voudrait envoyer à son entourage qui ne sait plus l'aimer telle qu'elle est devenue...C'est un récit poignant dont on ne sort pas sans introspection!Cette envolée de mots clairs,sincères,francs et touchants m'ont emportée si vite vers la dernière page que je n'avais qu'une envie:M'y replonger...Merci...
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