 | Les tendres plaintesDe Yoko Ogawa
Editeur : Actes Sud Parution le : 15 Juin 2010 ISBN : 978-2-7427-9154-5 EAN13 : 9782742791545
Sélection Rue des Livres
Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru. Ecrites en 1996, "Les Tendres Plaintes" contiennent tous les éléments révélateurs de la personnalité littéraire de Yoko Ogawa. Le regard porté sur la nature, sur ses sonorités, l'intensité de ses nuits, l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives donnent à cette histoire une étrange résonance : celle qui prend source au coeur de l'inconscient. Traduit par Rose-Marie Makino et Yukari Kometani | Littérature étrangère
Prix conseillé : 20,00 € - Prix : 19,00 € |
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Commentaires Amazon| 2010-06-15 | Note : 4/5 | Cinq sens en alerte Des êtres blessés. Fragiles. En reconstruction. Dans un lieu isolé, comme envahi par une nature apaisante et/ou inquiétante. Les tendres plaintes, le roman de Yoko Ogawa (dont la traduction a mis une petite quinzaine d'années à nous parvenir) est narré uniquement par Ruriko, sans contrepoint qui pourrait remettre en question sa vision des faits. Une femme en équilibre précaire, qui a pris la décision de quitter son mari infidèle, dont on soupçonne que l'esprit flirte avec un type de névrose difficilement identifiable. Le lecteur n'a pas le choix, il ne peut que suivre les pensées de cet esprit torturé, la façon dont elle raconte son passé et ses rencontres présentes, ses poussées de jalousie, ses inquiétudes, sa solitude, ses fantasmes. Dans ce monde flottant, où l'on pressent que perversité est soeur de douceur, Yoko Ogawa pousse parfois le symbolisme un peu loin. Juste un peu. Mais sa minutie obsessionnelle pour transcrire les états d'âme de son héroïne a quelque chose de fascinant, avec cette balance permanente entre tendresse et morbidité. Et le plus impressionnant est le don de Yoko Ogawa pour nous faire ressentir les choses, physiquement. Il n'est pas innocent que les principaux protagonistes du livre travaillent de leurs mains : Ruriko, calligraphe ; Nitta, facteur de clavecins et son assistante, Kaoru. Les autre sens sont aussi en alerte avec la musique de Rameau, les yeux que soignent le mari de Ruriko, les odeurs de la nature, omniprésente, le goût des mets des repas partagés qui sont l'occasion de révélations et de passages à l'acte. Sans parler du chien, sourd et aveugle, spectateur attentif et catalyseur de l'histoire. Plus la narratrice s'épanche, plus son mystère s'épaissit. La dernière scène est comme un renoncement, ou un nouveau départ. Comment savoir ?
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