 Cliquez pour agrandir | Où j'ai laissé mon âmeDe Jérôme Ferrari
Editeur : Actes Sud Parution le : 18 Août 2010 ISBN : 978-2-7427-9320-4 EAN13 : 9782742793204
Sélection Rue des Livres
1957, Alger. Le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais, les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre : les victimes sont devenues bourreaux. Autour de Tahar, figure étonnamment christique de la rébellion, les deux hommes devront trouver les armes pour affronter leurs trahisons intimes. A travers trois personnages inoubliables, rassemblés dans la douleur par les injonctions de l'histoire, Jérôme Ferrari, avec une magnifique intransigeance et dans une écriture somptueuse, invite le lecteur à affronter l'intimidante souveraineté de l'épreuve au prix de laquelle se conquiert toute liberté digne de ce nom. | Prix du roman France Télévisions 2010
Prix conseillé : 17,00 € - Prix : 16,15 € |
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Commentaires Amazon| 2010-10-06 | Note : 4/5 | Passer de victime à bourreau..... Livre très puissant sur les désillusions d'un capitaine français qui après avoir été victime de tortures en tant que résistant puis en Indochine se retrouve dans le rôle du tortionnaire en Algérie. Cet homme va voir ses convictions humaines et de noblesse de la guerre, voler en éclat alors qu'il a arrêté le chef d'un groupuscule perpétrant des attentats... Alors qu'il croit en un certain sens de l'honneur, il va se rendre compte qu'il n'y a que l'horreur et la surenchère dans la guerre.. et que lui même n'est pas au dessus de cela..
| | 2010-10-04 | Note : 5/5 | grandeur et sensibilité Officier français ayant connu les combats, la défaite et les camps en Indochine, il se retrouve impliqué dans le Renseignement en Algérie.L'auteur décrit remarquablement le doute quant à sa mission qui s'installe en lui, sa honte de ne pas la rejeter les méthodes auxquelles il se compromet. Merveilleusement rapportée aussi, la relation du capitaine avec un de ses officiers,qui l'a connu au combat et déborde d'admiration et même d'amour pour lui et qui se trouve écartelé quand il voit son "modèle" , réagir , enfin, en acceptant avec grandeur le dialogue avec un des chefs de la guerilla et lui montre du respect, alors que pour lui, c'est une trahison.
| | 2010-08-30 | Note : 5/5 | Un grand livre "Où j'ai laissé mon âme", le dernier livre de Jérôme Ferrari est un roman philosophique qui part d'un sujet historique encore sensible - l'institutionnalisation de la torture et des exécutions sommaires pendant la guerre d'Algérie à l'occasion de la bataille d'Alger - pour aborder la question universelle du bien et du mal. C'est une interrogation sur le courage et la lâcheté, la liberté et la responsabilité, la fraternité , la foi et le pardon ...
Avec habileté l'auteur recourt à la puissance poétique des grands mythes qui ont imprégné la culture européenne et sa combinaison des textes fondateurs judéo-chrétiens ayant trait à la damnation et à la rédemption avec le mythe Faustien revisité par Boulgakov s'avère magistrale.
Comme toujours chez Ferrari, le fond et la forme sont en adéquation parfaite. La construction , hautement signifiante , épouse le contenu, tout comme le style, magnifique, qui se déroule en une mélodie continue jusqu'à une apothéose finale douloureuse, mais apaisée, harmonieuse, résonnant comme "L'enchantement du Vendredi Saint".
Un grand livre profondément humaniste !
| | 2010-08-20 | Note : 4/5 | un roman fort de cette rentrée Quelques pages à peine et sans avoir jamais lu Jérôme Ferrari, c'est l'évidence : il s'agit là d'une ?uvre littéraire forte, grave et engagée, à mille lieues d'un énième roman distrayant qui serait certes plaisant mais resterait léger. L'écriture de Jérôme Ferrari interpelle et séduit, et dans sa perfection stylistique et par la gravité de son sujet.
Le capitaine André Degorce a connu l'horreur des camps de concentration en 1944, résistant pendant la seconde guerre mondiale, il a été déporté à l'âge de 19 ans. Il est aussi rescapé de Dien Bien Phu et des camps du Viet Minh, où il a fait la connaissance du Lieutenant Horace Andreani. Ils se retrouvent tous deux à présent en Algérie, où pendant 3 jours de mars 1957, autour du personnage de Tarik Hadj Nacer, dit Tahar, colonel à l'ALN, l'auteur nous plonge dans l'horreur des victimes devenues bourreaux. Certaines scènes de torture sont difficilement soutenables, pourtant l'on sait par de nombreux documents historiques qu'elles ont été réelles. Marié à une veuve de guerre de dix ans son aînée, André Degorce reçoit les lettres de sa femme, mais ne peut lui répondre, ou alors succinctement, sans jamais approcher la réalité de sa situation.
Roman exigeant dans sa forme et son écriture, il interpelle inévitablement sur la nature humaine et ces arrangements avec soi-même qui s'ils permettent de survivre, ne sont pas moins lucides : malgré ses efforts de respect, Degorce a bien perdu son âme, là, en Algérie, et à jamais. Un roman fort de la rentrée.
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