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Des rires sur une larme

Des rires sur une larme

Auteur : François Bikindou

Editeur : Editions L'Harmattan

Pour les demandeurs d'asile politique, le Royaume-Uni fut vers la fin du XXe siècle, synonyme de pays de Cocagne. Il n'est donc pas étonnant que Frédéric, un jeune journaliste africain, contraint de fuir son pays ravagé par les guerres civiles, et terrorisé par la dictature du président Flusi Morobé, l'ait d'emblée choisi pour son exil. Hélas, le pays de sa Majesté britannique n'a plus rien d'un éden pour les Arabes, les Asiatiques, les Noirs et autres parias du village planétaire. De Londres à Bradford, après mille et une péripéties où l'humour noir le dispute à une amertume qui met Dieu et le Hasard sur un même pied d'égalité, Frédéric, ex correspondant de la British International Broadcasting (une radio britannique) décrit à un rythme haletant, ce qu'il considère comme son parcours du combattant. Il va même plus loin en le comparant au chemin de croix du Christ. Mais en bon chrétien, craignant de commettre un sacrilège, il se ressaisit et finit par avouer simplement que partir en exil c'est en fait mourir à moitié. C'est que, objectivement parlant, tout n'est pas que noir dans cette situation, en dépit d'une insupportable attente. D'un style alerte et dépouillé, ce premier roman de François Bikindou va à l'essentiel : braquer le projecteur sur les harassantes et interminables démarches du demandeur d'asile politique en Grande-Bretagne. La sincérité du propos met en scène des personnages et des événements contemporains qui évoquent un monde " et en particulier une Afrique " que la politique et les guerres civiles enlaidissent sans cesse. Un tableau de la " déprime " !...

Vendeur : Amazon
Parution :
ISBN : 978-2-7475-9395-3
Les avis

La presse en parle

François BIKINDOU est originaire du Congo Brazzaville et on imagine facilement que ce roman est inspiré de sa propre expérience.
Frédéric, le personnage principal, est lui aussi africain, il a 35 ans, il est marié, a 2 enfants. Il est le correspondant d'une radio britannique (la British International Broadcasting qui ressemble trait pour trait à la BBC), jusqu'au jour où une rébellion éclate contre le pouvoir en place.
Frédéric fait son métier en toute conscience, il rend compte des faits du mieux qu'il peut mais il est pris dans un engrenage épouvantable qui le conduit à devoir quitter son pays, seul, laissant là sa petite famille.
Bien lui en a pris puisque la nuit même de son départ, des éléments de la garde présidentielle venaient l'arrêter.
Quelques heures d'avion plus tard, il se retrouve à Londres, exilé, démuni, mais aussi plein d'espoir.
L'angleterre est, dit-on, bonne fille, elle sait accueillir les réfugiés de tout poil, à fortiori lorsqu'il s'agit de demandeurs d'asile politique.
Des Arabes, des Asiatiques et des Noirs. Silencieux et pensifs dans une salle du Home Office, en attente d'une carte de demandeur d'asile, ou à défaut d'un soutien : Une chambre, un peu d'argent pour pouvoir manger. "On dirait des naufragés échoués sur un banc de sable", écrit l'auteur.
En quelques 140 pages, ceux que l'on désigne avec une certaine suspicion et parfois même du mépris comme la misère du Tiers Monde prend forme humaine.
Ce qui m'a plu dans ce livre, c'est que les rires y sont plus bruyants que les larmes.
Bien sûr Frédéric et ses compagnons d'infortune sont parfois au fond du trou, désespérés, culpabilisés lorsqu'ils pensent à ceux qu'ils ont laissés derrière eux, bien sûr il sont humiliés qu'on puisse les prendre pour des menteurs (et des faiseurs, il y en aura parmi les demandeurs d'asile, l'auteur ne le cache pas), mais le moindre signe d'espoir, le moindre courrier de l'administration devient une vraie fête.
On pleure beaucoup dans les cabines téléphoniques lorsqu'on appelle pour avoir des nouvelles du pays, et il y a des jours où - Je cite François BIKINDOU - "On aimerait être à la place du bon Dieu pour pouvoir ramener le film de sa vie en arrière et en changer l'itinéraire".
Qu'il est long le chemin de l'exil et combien est difficile la quête d'un statut

Patricia Martin, France Inter

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