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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Les maisons aux paupières crevées De Christian Roux, Nicole Champenois Editeur : Syros Parution le : 11 Septembre 2008
En vacances chez sa grand-mère, Mathilde s'inquiète pour son amie Jocelyne, qui devait passer tout l'été à Paris et n'a répondu à aucune de ses lettres. A trois jours de la rentrée, Mathilde n'y tient plus et rentre plus tôt que prévu à Paris où elle vit avec sa mère, aide-magasinière en supermarché. C'est la fin du mois d'août. Les rideaux des magasins sont baissés et le café au-dessus duquel habite Jocelyne, par lequel on accède à son appartement, est fermé.
Dans ce quartier un peu vide, où ne demeurent en cette fin d'été que les plus démunis et les plus solitaires, Mathilde enquête inlassablement sur la disparition de son amie. - Une histoire d'amitié très forte entre deux adolescentes souvent livrées à elles-mêmes, qui partagent beaucoup de choses et de disputent fréquemment, mais ne peuvent se passer l'une de l'autre.
Un polar qui aborde avec acuité les thèmes de la pauvreté, de la marginalité, de la reconduite des clandestins aux frontières et, plus généralement, du racisme ordinaire.
Une scène finale saisissante, où tous les élèves d'une classe se liguent contre l'autorité pour sauver l'un des leurs. | [Poche]Jeunesse
Commentaires Amazon| 2008-10-04 | Note : 3/5 | De l'exclusion, l'indifférence et la marginalité... En vacances chez sa grand-mère, Mathilde s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie Jocelyne, restée à Paris. Elle parvient à rentrer chez elle en avance et se rend presque aussitôt chez Jocelyne, où le quartier a totalement perdu de sa vivacité et de sa couleur. C'est anormalement calme, les lieux sont vides et abandonnés. En s'introduisant par effraction dans l'immeuble de sa copine, elle découvre des appartements délabrés, où la vie de tous les jours a subitement pris fin, sans explication.
Sa mère lui suggère alors de se rendre au commissariat mais l'accueil est froid. La rentrée au collège s'effectue, aucune trace de Jocelyne, ce qui inquiète de plus en plus Mathilde. Elle retrouve Gretsch, un garçon qui vient de Tchéchénie, pays qu'il a fui à cause de la répression sanglante, et elle sera alors témoin d'une scène qui lui apportera la réponse qu'elle n'attendait plus.
C'est sur une intrigue policière que se base l'histoire de ce roman, dont le sujet concerne la clandestinité et les sans-papiers. Cela devient un thème de plus en plus exploité dans la littérature jeunesse, cf. L'ami l'iguane d'Alex Cousseau chez Le Rouergue. Ici, Christian Roux a mis l'accent sur le mystère autour de la disparition d'une jeune Malienne, la meilleure amie de l'héroïne, en créant une ambiance pesante (il parle de 'tristesse infinie' ou de 'catastrophe permante' pour planter son décor).
C'est bien vu, Mathilde s'improvise détective et c'est à travers elle qu'on passe au peigne fin les 'lieux du crime'. Ainsi, le passage en revue est souligné par son innocence et son inquiétude (bien légitime), mais cela n'empêche pas le lecteur de vite décrypter les messages cachés. En fait, l'auteur nous donne assez facilement les bonnes pistes à suivre, mais il a l'habileté de faire travailler Mathilde, la forcer à fouiller et réfléchir pour arriver à ses propres conclusions.
Le récit s'entoure aussi de brillantes introspections pour rappeler l'amitié sincère entre les deux filles, ce que l'une avait su apporter à l'autre. Il met aussi en valeur la précarité des familles démunies, sans aucun misérabilisme. C'est juste, écrit sans fard, sans état d'âme. Et cela touchera davantage les lecteurs de niveau collège.
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