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La Philosophie pour les Nuls

La Philosophie pour les Nuls

Auteur : Christian Godin

Editeur : Editions Générales First

La philosophie vous paraît compliquée, ennuyeuse, «prise de tête», élitiste ?
Soit. Mais le pensez-vous vraiment ? Le sens de la vie, la beauté, l'amour, la mort : pour comprendre ces concepts, il n'est pas nécessaire d'avoir fait dix ans d'études, ni de connaître le grec et l'allemand !

Parce que la philosophie est l'affaire de tous, cet ouvrage vous invite à dialoguer avec les plus grands penseurs : Platon, Rousseau, Nietzsche, Sartre, et bien d'autres encore ! Portraits et anecdotes à l'appui, il présente dans un langage accessible un panorama de l'histoire de la philosophie (en grec, «amour de la sagesse») des origines à nos jours. Et comme la «philo» n'est pas qu'une discipline abstraite, et que les philosophes ne sont pas non plus de purs esprits, vous ne serez pas étonné d'y voir Thaïes tomber au fond d'un puits, ou d'y entendre braire l'âne de Buridan !

Oubliez vos préjugés, et remuez vos méninges, afin qu'avec Descartes, vous puissiez dire fièrement : «Je pense, donc je suis» !

Christian Godin, philosophe, maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand, est également l'auteur du Comptoir philosophique.

22,95 €
Vendeur : Amazon
Parution :
656 pages
ISBN : 978-2-7540-0460-2
Extrait

Imaginons un homme assis à la table d'un restaurant. On lui présente la carte. Il commence par remarquer à la ligne «bavette» qu'il y a une faute d'orthographe à «échalote» écrite avec deux t, puis observe attentivement l'écriture et l'encre, plonge sa cervelle, qu'il croit innocente comme celle d'un agneau, dans la magie des termes qui, comme en amour, fait venir l'eau à la bouche, rêve sur le beau mot équivoque de «Menu» gravé sur la couverture en similicuir. Lorsque le serveur vient prendre la commande, notre penseur reste muet, parce que le langage lui a tenu lieu de réalité et que, en spéculant sur la matérialité et le symbole du texte, il en a oublié de manger.

N'allons pas croire que cet étrange client est un cas unique de son espèce. Il ressemble à tant de nos professeurs en philosophie qui n'aiment rien tant que d'oublier et de faire oublier la chose au profit de ses conditions. C'est peu de dire que ceux-là restent sur leur faim et nous laissent sur la nôtre (certains croient s'en tirer en nous soûlant...). Le grand public des curieux a une faim de philosophie que les exégètes du même nom n'ont pas rassasiée.

Platon pensait que l'esprit de n'importe qui, fût-il esclave, contenait déjà tout le savoir possible, le travail du dialogue consistant dès lors à le mettre au jour. Descartes écrivit son Discours de la méthode en français, et non en latin, la langue savante de l'époque, de manière à être compris même des femmes. Leibniz, qui fut avec Newton le cerveau le plus productif de son temps, se faisait fort d'expliquer les grandes lignes de sa pensée (pourtant complexe) à n'importe quel honnête homme de son temps en un quart d'heure.

Le siècle écoulé aura eu tendance à oublier cette leçon : une pensée n'existe vraiment que si elle est comprise. Dépouillée petit à petit par la science des secteurs du savoir qui faisaient d'elle depuis les Grecs la connaissance par excellence, la philosophie a souvent eu pour réaction de se réfugier dans les ténèbres de ses abstractions. Elle cultiva avec un soin tout particulier la manie du négatif; l'impossible sous toutes ses formes G'incompréhensible, l'incommunicable, l'intraduisible...) devint son maître mot, le fin fond de sa pensée.

Contre ce préjugé de l'impossible, qui agit comme la plus impitoyable des censures, car dans le totalitarisme aussi, la pensée franche est impossible, il faut dire et répéter que la philosophie est, comme la musique et comme l'amour avec lesquels elle a tant de points communs, l'affaire de tous. La connaissance, le plaisir, le sens de la vie, la communauté politique, la beauté des êtres, l'inattendu des événements, la faute, la mort, l'espoir : il n'est pas absolument indispensable d'avoir fait dix ans d'études, ni de connaître le grec et l'allemand, pour avoir une idée de ce qu'ont pu en dire les plus grands philosophes de l'histoire.

L'univers de la philosophie, dont le big-bang eut lieu presque en même temps en Grèce, en Inde et en Chine, il y a vingt-cinq siècles, est loin de constituer une unité homogène. S'il partage avec l'univers physique cette caractéristique d'être en expansion, il se disperse rapidement en lieux qui n'ont pratiquement pas de relations d'échange entre eux. Les hommes, les doctrines font bien davantage que différer : ils se contredisent. Qui dira jamais la vérité sur l'art, le sentiment, le gouvernement des hommes ou la croyance religieuse ? Des questions que l'homme ne peut pas s'empêcher de poser tout en étant dans l'incapacité de les résoudre de manière définitive - voilà l'espace symbolique dans lequel se déploie le monde de la philosophie.

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