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Loin de l'Ararat...

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Les petites Arménies d'Europe et de Méditerranée, Les Arméniens de Marseille

Auteur(s) : Claire Mouradian, Florence Pizzorni-Itié, Myriame Morel-Deledalle

Editeur : Hazan

Dans le cadre de «Arménie mon amie : saison de l'Arménie en France» et en partenariat avec le MUCEM (musée des civilisations de l'Europe et de la méditerranée, le musée d'Histoire de Marseille organise une exposition intitulée «Marseille et les Arméniens» du 22 juin au 29 septembre 2007.

Cette exposition prend place au sein d'une programmation plus vaste développée par le musée, depuis quelques années, autour de la mise en valeur des collections contemporaines. Elle s'inscrit également dans l'important travail de valorisation et de présentation de l'histoire de l'immigration à Marseille et de l'intégration des nouvelles populations dans la ville.

Il faut remonter au XVe siècle pour voir des marchands Arméniens présents dans le port de Marseille. Toutefois, ce sont essentiellement les immigrations de la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle, en liaison avec les événements dramatiques qui se déroulèrent alors en Turquie, qui amenèrent à Marseille la majorité de sa population actuelle. D'importantes colonies vinrent de toutes les grandes villes de l'Arménie anatolienne ; elles sont installées dans des camps de réfugiés au centre ville et vers le port, puis dans des domaines vendus par de grandes familles marseillaises d'où sont issus les quartiers arméniens de Beaumont, Saint-Jérôme, Saint-Julien, Saint-Antoine etc.
Cette population fut une source de main d'oeuvre importante dont bénéficièrent les grandes industries telles les raffineries de sucre, les savonneries et huileries, les tuileries mais aussi la myriade d'entreprises artisanales et des commerces : confection, cordonneries, alimentation.

L'exposition s'articule autour de thématiques dont le fil chronologique (des années 20 aux années 50) suit deux personnages au travers de ces itinéraires :
1) L'arrivée des familles à Marseille, illustrée par des photographies et affiches des bateaux transportant les réfugiés, présentée en parallèle avec les registres du camp Oddo, documents administratifs et photographies,
2) L'implantation géographique des Arméniens à Marseille, illustrée par des photographies, plans, films documentaires sur les quartiers : typologie de l'habitat, églises (Saint-Jérôme, Beaumont etc.), la cathédrale du Prado,
3) L'installation et l'intégration des Arméniens par le réseau des associations,
4) Leur rôle économique au travers de leurs métiers dans le milieu industriel et l'artisanat,
5) Les épisodes du départ des Arméniens de Marseille en Arménie soviétique (1936 et 1947) et leur retour.

29,45 €
Vendeur : Amazon
Parution :
159 pages
ISBN : 978-2-7541-0223-0
Extrait

Les Arméniens d'Europe, l'Arménie en Europe

En ce début du troisième millénaire, la diaspora est un aspect central et caractéristique de l'histoire des Arméniens : plus des deux tiers d'entre eux vivent hors de leur État national actuel, la République d'Arménie, qui a recouvré l'indépendance en 1991, après la chute de l'URSS, sur un territoire résiduel, ne représentant qu'un dixième des anciennes provinces historiques. Le génocide de 1915 constitue la raison principale de cette dispersion massive : les rescapés se sont éparpillés aux quatre coins du monde. La présence arménienne en Europe est cependant bien plus ancienne et a marqué le passé de l'Arménie, comme elle a aussi contribué à l'histoire des pays d'accueil, laissant des traces, matérielles ou immatérielles, dans la pierre ou dans l'imaginaire, parfois notoires, jusqu'au cliché, souvent oubliées ou inaperçues. Le présent ouvrage en rappelle quelques-unes, qui soulèvent la question de l'appartenance des Arméniens à l'histoire de l'Europe, comme celle, d'actualité, de l'identité et des frontières de l'Europe. L'«Européen» est un «ethnonyme indéfini», qui se «voit lui-même volontiers plus raffiné et civilisé que les autres "peuples"» - souligne Roger Brunet dans ses décapants Mots de la géographie, qui conclut, après avoir évoqué le mythe des origines d'Europe, fille du roi de Phénicie, engrossée par Zeus, que finalement «l'Europe est la partie occidentale du continent asiatique». Les Arméniens, souvent désignés comme le peuple le plus oriental de l'Europe ou le plus occidental de l'Asie, y jouent un rôle fréquent de passeurs.

Entre Méditerranée, Caspienne et mer Noire, au carrefour des grandes civilisations d'Orient et d'Occident, des routes de commerce et des voies d'invasion, l'Arménie a une longue histoire tourmentée, faite de phases d'indépendance et de dépendance, de partages, de persécutions et migrations forcées. C'est aussi une terre de contacts, de circulation et d'échanges - matériels, spirituels, religieux, guerriers ou pacifiques, artistiques ou idéologiques - avec l'espace européen et méditerranéen, depuis des temps immémoriaux : probable origine thraco-phrygienne des proto-Arméniens qui, à partir de la péninsule balkanique, pénètrent en Asie Mineure vers 1200 av. J.-C, pour aller vers l'est à la conquête du royaume d'Ourartou (IXe-VIe s. av. J.-C.) ; objets ourartéens dans les tombes étrusques ; mentions par les historiens de l'antiquité gréco-romaine ou les chroniqueurs médiévaux ; saints originaires d'Arménie vénérés dans toute l'Europe ; pèlerins sur les routes de Saint-Jacques de Compostelle ou autres itinéraires sacrés ; bâtisseurs d'églises ; alliances royales et militaires à l'époque des croisades : l'Arménie et les Arméniens participent très tôt à l'histoire de l'Europe. Parmi les vestiges symbolisant ces liens multiples, on ne citera que l'héritage par la Maison de Savoie, à la suite des Lusignan de Chypre et de Jérusalem

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