Le Chansonnier / Il Canzoniere [9782825139240]
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"Dans cette traduction nouvelle, je reprends, en la complétant et modifiant assez profondément – pour l’améliorer j’espère – celle, “partielle, que je publiai voici près de quarante ans. Entre-temps a paru l’édition bilingue complète de Pierre Blanc (1988), et je tiens à reconnaître d’entrée de jeu une dette envers celui-ci : sa traduction a attiré mon attention sur un certain nombre d’imprécisions, voire d’inexactitudes, qui m’avaient échappé ou que je m’étais autorisées, à tort selon mon estime d’aujourd’hui. J’ai eu en outre sous les yeux, pour les pièces qu’ils ont choisies, les traductions, antérieures à la mienne, de Henry Cochin (1928), Charles-Albert Cingria (1952), Georges Nicole (1955), et celles, postérieures, d’André Ughetto et Christian Guilleau (1990), André Rochon, Danielle Boillet (1994), Jacqueline Malherbe-Galy et Jean-Luc Nardone (2005).
La langue de Pétrarque est devenue la langue classique de la poésie italienne, et pour près de cinq siècles ; d’autre part, bien que la poésie de Pétrarque parcoure toute la tradition de ses prédécesseurs, des Troubadours au Dante de la Divine Comédie, en passant par les Siciliens, les "siculo-toscans" et guittoniens, le Dolce stil novo et ses épigones, elle marque par rapport à celle-ci une évolution fort sensible qui est en réalité une complète refonte. Il n’y a donc pas lieu de se permettre des archaïsmes de forme ou d’acception, sauf dans des cas tout à fait particuliers, et très limités. La langue de Pétrarque est à l’italien ce que celle de Racine est au français, mais elle s’est imposée bien plus tôt, et pour beaucoup plus longtemps". (Gérard Genot)