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Quand ces dames tuent !

Quand ces dames tuent !

Auteur(s) : Otto Penzler, Collectif

Editeur : L' Archipel

«Il ne faut jamais faire entièrement confiance aux femmes», estimait Arthur Conan Doyle. Eût-il croisé les héroïnes de ce recueil - tour à tour vénéneuses, machiavéliques, démoniaques -, le père de Sherlock Holmes aurait été plus catégorique encore...

Il ne faut jamais faire confiance aux femmes ! Fort de cette certitude, Otto Penzler a demandé à dix-sept maîtres du suspense de lui livrer une nouvelle - le plus souvent inédite -mettant en scène une femme dangereuse.
Après lecture de ce recueil, quelle sens pourra-t-on encore accorder à l'expression «sexe faible» ? Si ces dames ne vous brisent pas le coeur... elles vous l'arracheront !

L'un des plus grands spécialistes du suspense américain, Otto Penzler, né en 1942, est à la fois éditeur et libraire (il dirige la célèbre Mysterious Bookshop de New York). Le Prix Ellery Queen lui a été décerné pour sa contribution à la littérature policière. Parmi les recueils qu'il a édités : Vengeances mortelles et Meurtres et obsessions (Albin Michel, 1999 et 2001).
«Je suis généralement avare de superlatifs, mais je suis obligée d'admettre que Quand ces dames tuent est l'une des meilleures anthologies criminelles de tous les temps.»
Janet Evanovich

22,34 €
Vendeur : Amazon
Parution :
390 pages
ISBN : 978-2-8418-7948-9
Extrait

IMPROVISATION

- Eh bien... si on tuait quelqu'un ? proposa-t-elle.
Elle était blonde, évidemment, grande et élancée, vêtue d'une élégante robe de cocktail noire, au décolleté plongeant et fendue à la cuisse.
- Déjà vu, répondit Will. Déjà fait.
Elle écarquilla ses yeux d'un bleu glacé offrant un contraste saisissant avec le noir de sa robe.
- Guerre du Golfe, expliqua-t-il.
- Ce n'est pas du tout la même chose, dit-elle en retirant l'olive flottant à la surface de son Martini pour la gober d'un geste sec. C'est d'un meurtre que je vous parle.
- Un meurtre ? Hum hum... Vous pensez à quelqu'un en particulier ?
- Que diriez-vous de la fille assise au bar, là-bas ?
- Ah... une victime choisie au hasard. Mais en quoi est-ce différent d'une victime en temps de guerre ?
- Une victime précise choisie au hasard. Alors... on la tue, oui ou non ?
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ?
Will avait rencontré cette femme vingt minutes plus tôt. À vrai dire, il ne connaissait même pas son nom. Sa proposition de tuer quelqu'un était venue en réponse à une entrée en matière qui avait déjà fait ses preuves auprès de nombreuses inconnues, à savoir : «Voyons... qu'est-ce qu'on pourrait bien faire pour s'amuser un peu, ce soir ?»
À quoi la blonde avait répondu : «Eh bien... si on tuait quelqu'un ?»
Sans chuchoter, sans même baisser la voix. Juste un sourire se dessinant au bord du verre de Martini, et les mots, prononcés sur le ton habituel de la conversation : «Si on tuait quelqu'un ?»
La victime précise choisie au hasard qu'elle avait en tête était une femme banale, simple veste marron par-dessus un chemisier en soie marron et une jupe d'un marron plus foncé. Elle avait quelque chose d'une employée de bureau surmenée ou d'une secrétaire de deuxième ordre, avec ses cheveux châtains ternes, ses lèvres minces, ses incisives saillantes, ses yeux au regard fixe derrière ce que l'on était bien obligé d'appeler des culs-de-bouteille. Une femme remarquablement quelconque. Pas étonnant qu'elle soit assise seule avec pour unique compagnie un verre de vin blanc.
- Supposons que nous la tuions réellement, reprit Will. Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire pour s'amuser un peu, ensuite ?
La blonde sourit. Et croisa les jambes.
- Je m'appelle Jessica. Elle lui tendit la main. Il la prit.
- Will.
Il attribua la froideur de sa paume au verre de Martini glacé.